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Suite de mon analyse du document de base des ateliers

3- gouvernance sociale et culturelle

Plus que les autres parties, celle-ci brille par se analyses plates et ses banalités. Aucune problématique soulevée ! Une salade composée qui combine déchets, diaspora, etc. Et l’on zappe les questions essentielles : la religion, le anda, la place et le rôle des syndicats, etc. Pour faire scientifique, on décrit tant bien que mal l’existant avec des chiffres significatifs, on souligne les progrès quantitatifs et constate les difficultés comme n’importe quel citoyen pourrait le faire.

3.1 Accès à l’éducation

Est-ce que la question de l’éducation aux Comores se pose seulement en termes d’accès. N’est-ce pas un comble, une voie de garage dans laquelle on a voulu engouffrer les « experts » !

Le taux d’accès au préscolaire serait de 32% ! Se trouvent-ils des enfants comoriens de la tranche d’âge qui ne fréquentent pas l’école coranique ? Comment définit-on le préscolaire ?

Ne fallait-il pas se livrer à une histoire de l’enseignement ne serait-ce que pour rappeler que le premier examen du BAC date de 1967 quand les autres colonies françaises comptaient des nombreux docteurs ; ne serait-ce que pour souligner que la qualité de l’enseignement a commencé à se détériorer avec Ali Soilihi et sa « démocratisation » qui a conduit à une quantité sans qualité, ne serait-ce que pour fixer une ligne directrice sur le processus de généralisation réelle de l’éducation des jeunes comoriens ?

Aucun mot sur la langue comorienne ! N’aurait-il pas été, au moins utile, de soulever cette question, d’en souligner les enjeux ? Comment accompagner les chercheurs opiniâtres de ce secteur mal aimé !

Aucun mot sur le contenu de l’enseignement en termes de programme, de méthodologie. Comme si on devait se contenter de copier ce qui se passe en France et de suivre ses modèles. Ne peut-on pas spécifier par tranche d’âge des objectifs d’acquisition –compétences, savoirs- . Comment articuler le contenu de l’enseignement avec la réalité vivante du pays, ne serait-ce que l’histoire, la géographie, l’éducation civile, etc.

Système d’Information National de l’Education, inconnu au bataillon et pourtant un outil indispensable pour fonder une politique efficiente. On a pourtant commencé à en parler dans certains projets même si on n’a pas encore pris conscience du cœur du processus, à savoir le logiciel. 

3.2 Culture 

Des banalités à vous couper le souffle et des conclusions d’une pertinence remarquable : « les activités artistiques et culturelles ne demandent que le soutien de l’Etat » Applaudissements s.v.p.

On ne s’est même paslivré à un constat, à une description de l’existant. Comment caractériser la politique culturelle des gouvernements successifs ?

Ne fallait-il pas analyser le fait que la langue comorienne est de plus en plus créolisée par l’introduction de mots français. Même dans les prêches dans les mosquées l’usage de mots français se banalise. Peut-on nier ou ignorer que le nombre d’enfants nés aux Comores, de parents comoriens, ne connaissant pas le comorien croît d’une façon exponentielle ! 

La culture traditionnelle comorienne se meurt. Son vivier était le anda. On en est loin aujourd’hui où l’argent roi a tout détruit. 

Aucune perspective tracée pour promouvoir la culture comorienne, accompagner les artistes, leur permettre de vivre de leurs arts. 

4- la place des Comores dans le Monde

Elle serait « virtuelle », elle « reste à asseoir ». Une fausse problématique qui fausse une démarche. Car enfin, le pays occupe dans le Monde la place qu’il mérite : celle d’un petit pays de l’Océan Indien qui adresse à tout bout de champ, des louanges au pays qui occupe une partie de son territoire, de l’inimaginable, ridicule, absurde aux yeux des autres pays qui doivent rire sous capes devant les discours à l’ONU de nos présidents. Mieux ou pire encore, la place d’un petit pays pratiquant une politique de la mendicité (Sambi en son temps, avait théorisé la diplomatie de la main-tendue) ; la place d’un petit pays insulaire soumis aux diktats des institutions de Brettons Woods et des « partenaires » occidentaux.

On ouvre sur la question de l’île comorienne de Mayotte mais on n’analyse pas la politique menée par les Comores à l’ONU et dans les autres forums internationaux. En particulier au niveau de l’Union Africaine qui s’était doté d’une structure dédiée à Mayotte : le fameux Comité des 7. 

Comment a-t-on pu ne pas consacrer quelques paragraphes à la question France aux Comores. Peur peut-être de soulever des questions qui fâchent. La politique internationale des Comores devrait s’opposer à la France, en tout cas il en est ainsi de celle de la France qui poursuit sans répit son objectif de validation mondiale de son annexion de l’île comorienne. 

Quelle est notre analyse de l’aide internationale et comment devons-nous l’intégrer dans nos politiques de développement ? Et cette multiplicité d’ONG, devenus les bras armés des ingérences étrangères !

Ne fallait-il pas procéder à une analyse serrée de la situation de l’Océan Indien, de l’Afrique et du monde, cerner concrètement les conflits, les rapports des forces, les grandes tendances économiques, financières et conflictuelles ?

Sur quelles bases peut-on tracer les grandes lignes d’une politique internationale qui défend judicieusement les intérêts des Comores et des Comoriens partout où on en trouve ? Cela ne semble pas avoir été l’objet des termes de références des études commandées aux « experts ».

5-bilan des 42 ans de gestion de la question de l’île comorienne de Mayotte.

Deux maigres pages pour cette question essentielle. Un manque de respect envers les centaines de morts et disparus par an, on en compte depuis 1995 plus de 10 000 personnes, plus de 1% de la population, un génocide ailleurs. Le « visa Balladur » ignoré !? Une inconscience crasse au regard des enjeux politiques, nationales et économiques.

Même le « rappel historique » est faussé. 

Quand la France a colonisé les Comores, les quatre îles se trouvaient dans un processus d’unification avancé et qui se mesurait à l’unité de langue, de culture et de pratique de la religion. Les échanges inter îles par voie maritime se développaient. Les sultans des îles étaient en relation et luttaient entre eux pour étendre leur pouvoir à tout le pays, une dynamique classique à la base de l’émergence de nombreux pays. La France ne nous a pas unis contrairement à une fausse idée, elle a tenu compte d’une réalité pour structurer son administration en nous rattachant à Madagascar comme pour nous en détacher. La France nous a divisé au moment de l’indépendance afin de nous affaiblir et de continuer à dominer les 4 îles.

Avant son putsch du 3 août 1975, Ali Soilihi croyait ses commanditaires et ses partenaires du Mouvement Populaire Maorais. En septembre 1975, après l’échec des pourparlers Comores-France, il découvrit qu’il avait été le jouet de la France et il s’est rebellé. Il fallait analyser son combat pour en tirer des enseignements.

Ahmed Abdallah et Djohar ont poursuivi tant bien que mal une résistance passive. La France faisait chaque année l’objet de condamnation aux AG de l’ONU. Ce qui le freinait et pendant des années, elle faisait du sur-place.

Premier changement important, après le renversement de Djohar. Le gouvernement dirigé par Caambi El Yachourty demanda que le débat sur la question de Mayotte soit reporté sous le prétexte fallacieux d’impréparation, etc. En réalité la mainmise de la France sur ce pouvoir en est la cause réelle. Parvenu au pouvoir, Taki, laissa son ministre de l’extérieur de l’époque Mzimba, prolonger cette position. Mzimba s’est attribué à plusieurs reprises dans les médias comoriens cette paternité. Depuis la question de l’île comorienne de Mayotte se trouve toujours à l’ordre du jour provisoire. Elle ne passe plus ce cap et n’est jamais débattu. La France est libre d’imposer sa loi du plus fort sans aucune appréhension.

Deuxième changement important. Azali 1 brise le blocus qui isolait Maore dans la région et qui mettait en porte à faux la France dans Maore. En 2005, le président Azali céda à la pression française de Chirac, sur la participation des jeunes Maorais aux jeux des îles. Le blocus s’est effondré peu à peu La voie fut ouverte à la départementalisation et à l’intégration de Maore dans l’Union Européenne. Maore est maintenant devenue si forte dans la Région qu’elle menace de se retirer de ces jeux qui l’ont sorti de l’enfer. Rappelons enfin que c’est sous Azali 1 que AbdouSoefou, ministre des affaires étrangères, a écrit une lettre qui a fait scandale : il avait demandé que la question de l’île comorienne de Mayotte soit retirée de l’ordre du jour provisoire de l’ONU. Tentative d’enterrement mondial de la question !

Sambi eut l’habileté d’organiser son référendum constitutionnel en 2009, au moment même où la France organisait sa consultation sur la départementalisation de Maore. Résultat des courses : cette agression française passa inaperçu dans le pays et dans le monde. Les protestations du Comité Maore apparurent comme un cheveu dans la soupe. En somme Sambi se rendit objectivement complice du forfait français.

Ikililou fut le plus discret comme on pouvait s’y attendre. Mais on nous apprend paradoxalement que sous son règne une proposition avait été soumise à la France. Il l’avait annoncé mais sans suite et personne n’y croyait. Cette unique et sans précédent proposition comorienne devait être rendue publique et rejoindre celle du Comité Maore : un état deux administrations qu’avait repris Sambi.

Si Azali 1 mettait en relief « l’injustice » que subissait la jeunesse maoraise exclue des jeux de la COI, Azali 2 semble se focaliser sur la participation des « concernés » aux négociations. D’où la place réservée aux élus maorais dans la dernière commission Comores-France. Et l’on nous parle d’une « communauté de l’Archipel » qui rappelle la « communauté des iles de l’Océan Indien de Boléro, une « communauté de l’Archipel des Comores » dont on nous dit rien et qui sent la reconnaissance de Maore département français ! 

Il fallait pour finir tracer les grandes lignes d’une stratégie nationale sur la question. L’axe de cette stratégie doit être de contraindre la France à négocier. C’est uniquement en exerçant des pressions fortes sur le plan international mais aussi national que la France concédera à venir sur une véritable de négociation. Ainsi vont les relations internationales et les résolutions des conflits. En rampant devant la France, on obtiendra que des humiliations et on avalera couleuvres sur couleuvres comme le démontre les 42 ans passés.

Il faut donc :
- Arrêter de chanter l’amitié française et autres âneries sur le partenaire principal, etc.
- Réduire les relations avec la France au strict minimum à défaut de les ramener à un niveau consulaire voire même de rompre les relations diplomatiques. 
- Soutenir à tout point de vue les unionistes et les anticolonialistes qui se battent à Maore même. Une ligne budgétaire doit le formaliser et l’annoncer au monde entier.
- Tout faire pour qu’à L’AG de l’ONU de 2018, en septembre prochain, la question soit remise à l’ordre du jour définitif et fasse l’objet d’un débat. Pour ce faire il faut élaborer un document synthétique pour informer les autres pays et mener un travail de lobbying persévérant.
- Porter plainte contre M. Balladur devant la Cour Pénale Internationale pour crime contre l’humanité et exiger la suppression du visa qui porte son nom
- Créer enfin la structure gouvernementale dédiée à la question de Mayotte et qu’elle soit le cœur d’un large front uni national.

Au-delà des luttes pour le pouvoir, toutes les forces comoriennesdoivent réaliser une unité forte sur cette question exclusivement

Idriss (25/10/2018)
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