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L'entraîneur basé à Agen a su mener cette modeste sélection du 198e au 130e rang du classement FIFA. Entre fierté et péripéties, il se raconte.

Arrivé en France, à Marseille, à l’âge de trois ans, Amir Abdou pensait que son destin vis-à-vis du ballon rond allait se limiter au monde amateur. Joueur puis entraîneur dans le Sud-Ouest de la France, alors qu’il était employé municipal, la fédération comorienne a eu un coup de cœur sur lui pour mener à bien un projet ambitieux : remettre sur pied les Cœlacanthes, jeune nation affiliée à la FIFA depuis 2006 mais qui était dans les profondeurs du classement FIFA, au 198e rang, alors en 2013. Depuis, des coups d’éclats sont intervenus : des bons résultats contre le Togo, le Gabon, le Ghana ou encore le Burkina Faso. Le technicien de 45 ans a désormais la Coupe d’Afrique des Nations 2019 dans le viseur.

Goal : Vous étiez entraîneur dans le Tarn-et-Garonne en 2013 et la fédération est venue vers vous à ce moment-là. Comment les contacts se sont passés ?

Amir Abdou : J’ai été clairement surpris, au début j’ai pensé que c’était un canular. Avec Golfech Saint-Paul, en DH, je sortais d’un beau parcours où l’on a notamment sorti Luzenac, l’année où ils sont montés en Ligue 2. Bon j’avais mis deux bus hein, deux lignes bien compactes où personne ne pouvait passer. On avait gagné aux tirs au but, c’était un miracle. Médiatiquement nous avons été mis en avant et un membre de la fédération est venu vers moi. J’ai eu plusieurs entretiens, je suis monté sur Paris pour voir le président et cela s’est concrétisé dans la foulée.
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Le début de votre mandat avait tout du piège en plus….

La sélection était au point mort depuis deux ans, sans jouer aucun match. Je prends mes fonctions en mars 2014, et ma première rencontre tombe en amical : le Burkina Faso, finaliste de la CAN 2013 (perdue face au Nigeria, ndlr.) Pour rappel nous étions 198e au classement FIFA et en face, ils flirtaient avec le Top 50. Tout pour être David contre Goliath. Pendant deux mois, ce fut beaucoup de nuits blanches pour démarcher les joueurs, composer un staff et surtout avoir une organisation cohérente. Au final on s’en sort avec un match nul 1-1. J’avais des joueurs de CFA 2 notamment…
Quand vous êtes arrivés sur place à Moroni, comment étaient les infrastructures ?

On a beaucoup joué en-dehors de notre pays à certains moments pour des questions de capacité de stade. Notre terrain principal compte seulement 2.000 places. On attend un nouvel écrin de 10.000 places pour septembre ou octobre prochain.

Comment percevez-vous la ferveur locale par rapport aux Cœlacanthes ?

Les Comores comptent à peu près 700.000 habitants, répartis sur quatre îles dont l’une est devenue française, Mayotte, en tant que département. L’ambiance est assez phénoménale sur place. Pour faire simple, chaque fois qu’il y a un nouveau joueur endosse ce maillot, il est totalement transcendé et se dit qu’il aurait dû venir avant. C’est un pays très pauvre, il n’y a quasiment rien sur place. Je ne connais personne qui se dit 'je vais aux Comores pour faire du tourisme'. Cependant chaque match est une fête, quand nous arrivons à l’aéroport, ce sont les mêmes scènes de liesse qui reviennent pour notre plus grand bonheur. Le Ghana et le Burkina nous ont félicités pour cet engouement…
Au niveau des moyens mis à votre disposition, comment vous vous en sortez ?

Économiquement c’est toujours difficile, on s’en sort beaucoup au système D. Moi je vis en France tout comme mon staff et mon manager. Les joueurs évoluent tous en Europe. Il y a un ou deux expatriés que j’arrive à faire venir quand la fédération accepte de payer le billet. Sur les deux derniers rassemblements, c’était un sacré combat. On a joué en Tunisie contre la Mauritanie avec la victoire au bout. Pour y aller, on a dû payer de notre poche car on a besoin de compétition. À ce jour, nous attendons encore un remboursement. C’est un football à deux vitesses. Sur le plan sportif, tout est beau avec cette 130e place au classement FIFA mais il y a un équilibre très instable sur le plan financier.

Comment vous vous projetez vers les éliminatoires de la CAN 2019 avec notamment un rendez-vous contre le Cameroun ?

Il y a eu des modifications du calendrier car les cinq nations du continent qualifiées pour le prochain mondial (Nigeria, Tunisie, Maroc, Sénégal et Égypte) ont demandé un rapport des matches de mars prochain. Nous sommes plus sur une préparation avec des amicaux, en voulant jouer en mars et en juin. Ça va permettre de voir si notre mission est fiable, de poursuivre les automatismes, et de renforcer le collectif. Il y aura un calendrier très soutenu à ce moment-là puisqu’on enchainera derrière le Maroc deux fois puis le Malawi.

Quels sont les cadres de votre équipe, ceux sur qui vous pouvez compter les yeux fermés ?

Kassim Abdallah a été très important dans le développement de l’équipe ; où il a le statut d’icône au sein de l’île. Ali Ahamada prend aussi une dimension très importante grâce à ses performances avec nous. Certains apportent aussi leur expérience comme Fouad Bachirou qui a terminé premier de son groupe d’Europa League avec Östersund. Il y a aussi Djamel Bakar, Rafidine Abdullah et surtout Nadjim Abdou, notre capitaine qui est à Wimbledon (division 5).
Vous aviez même un joueur, Ibrahim Rachidi, qui était entraîneur à Marseille… C’était assez particulier comme situation non ?

Il a joué dans la réserve olympienne avant de prendre sa retraite et de devenir entraîneur adjoint pour les U16. Il a été un leader technique mais aussi dans le vestiaire, il a énormément compté pour nous et mérite une statue pour ce qu’il a fait.

Il y a environ 7.200 kilomètres de distance entre Agen et Moroni, pourquoi avoir choisi de rester travailler en France ?

Je dois bosser en amont, en trouvant un maximum d’informations sur l’adversaire. Je planifie toutes les séances, avoir un projet de jeu en tête pour que les joueurs arrivent dans un cadre serein. Je suis un féru de vidéo, il faut tout informatiser. En cinq jours au moment du rassemblement, on a très peu de temps pour que tout le monde soit réceptif. Le travail psychologique est devenu de plus en plus fondamental dans notre métier.

Est-ce difficile alors de travailler sur le long terme en Afrique ?

Dans ce continent on peut arriver avec un projet ambitieux, que l’on a planifié sur trois mois avant un match, certains se réveillent une semaine avant pour organiser plus en détails : le déplacement, le terrain, les vestiaires etc… On reçoit des aides de la FIFA, bien sûr, mais la problématique reste que les dirigeants sont dans la réaction, pas dans la construction. Ce n'est pas une question de mettre des batons dans les roues ou autre chose. C'est juste que les démarches sont parfois très lentes.
Un scandale a éclaboussé le championnat comorien il y a un mois avec de forts soupçons de corruption sur deux rencontres (les scores étaient de 20-0 et 19-1). Cela vous inquiète-t-il ?

Ils se ridiculisent eux-mêmes, que ce soit les clubs ou les dirigeants. C’est du jamais vu et les commissions qui jugent cela doivent avoir des sanctions à la hauteur. Moi je trouve ça dramatique de voir des scores aussi larges, ce sont les fourberies de Scapin quoi…

Propos recueillis par Adrien Mathieu. ©goal.com
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