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«Ridja ripvire sha ripvirwa» ou ici, nous sommes de passage mais nous nous trouvons dans l’impasse 
Après la rencontre organisée par l’Association ARDA le 1er novembre 2017 à Marseille, certains jeunes d’origine comorienne de la cité phocéenne et une personne du réseau Facebook (Rdbh Bhamza) m’ont posé la question suivante: «Quelles sont les propositions qui peuvent juguler et éradiquer le fléau de la délinquance juvénile au sein de la diaspora comorienne de Marseille?»

Cette question est pertinente et complexe. Elle mérite une approche analytique décomplexée et pragmatique. Celle-ci doit être fondée uniquement sur la vérité alors que nous savons que la vérité est considérée par un grand nombre de nos compatriotes comme du kazambwa (il ne faut pas le dire) ou tabou. D’ailleurs, on nous dit souvent que «na ribaye miwango rizambe» (nous devrons fermer les portes pour en parler). Mais cette façon de voir les choses n’a bien fonctionné car les faits-les faits sont têtus-sont là : plus de jeunes d’origine comorienne sont dans le banditisme et d’autres accroupissent dans la prison des Baumettes. De ce fait, deux propositions me paraissent efficaces pour juguler et éradiquer ce fléau : le renforcement de l’autorité parentale et une réintégration adaptée de la diaspora comorienne de Marseille.

Dans une des berceuses comoriennes, on nous apprend affectueusement que «shamba shi tsona mtudi sho henda djaba» ou le champ qui n’a de responsable se désertifie. Puis, une autre berceuse nous interpelle sur l’abandon de l’enfant en mettant en relief la dangerosité de la rue : «Ba ma sowo kaya lele mdru. Yo ulela mba muwo na mgala » (la rue n’éduque pas bien ; la rue fabrique un assoiffé et un traquenard nuisible). Alors, les familles comoriennes doivent s’intéresser davantage à la scolarité de leurs enfants en favorisant un dialogue permanent entre parents, élèves et enseignants. D’où l’intérêt de l’alphabétisation de certains parents comoriens (l’ancien président avait préconisé, dans son plan quinquennal, un volet «mualfubesho» qui consistait à lutter contre le udjinga ou ignorance). Il faut ne pas que les allocations destinées aux enfants soient détournées à des fins personnelles (souvent, cet argent est injecté dans les mitsango pour financer le anda)! 

S’agissant de la réintégration adaptée de la diaspora comorienne, une analyse endogène et une autre exogène s’imposent. La première est que la plupart des parents comoriens de Marseille pensent que farantsa waka hudja wa pvire (ils sont de passage en France). Par ignorance ou par naïveté, ils oublient qu’ils ont des enfants et des petits-enfants qui sont nés en France. Donc, ils doivent comprendre que la France est aussi leur pays. C’est la raison pour laquelle ils sont contraints à s’intéresser davantage de ce qui se passe en France sans renier leurs origines. Sinon, ngwadjo upvirwa ( ils seront perdus). La seconde analyse est que la politique des Maries et des Conseils Généraux à l’égard des familles n’a pas évolué. Cette politique consiste à assister financièrement les familles en difficulté sans privilégier la spécificité de chaque famille. En outre, les structures associatives qui luttent contre la maltraitance de l’enfance et de la délinquance juvénile (c’est le cas de l’ARDA) ne sont pas bien soutenues par les instances représentant l’Etat dans la ville.
Par conséquent, la complexité et la dangerosité de la délinquance juvénile au sein de la diaspora comorienne de Marseille méritent une remise en cause profonde de notre façon de voir et de faire. Désormais, il est grand temps que nos compatriotes comprennent que « za mula mula tsi za munu munu »(les situations qui caractérisent les spécificités des pays d’origine des immigrés ne sont pas les mêmes que celles des pays d’accueil). ©Ibrahim Barwane
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