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Je veux me situer par rapport à la littérature négro-africaine, par rapport à la littérature africaine et panafricaniste, enfin, par rapport à la jeune littérature comorienne. Il me semble très important de plonger dans ces trois mondes pour émerger avec une force intellectuelle vitale et mieux me décentrer par rapport aux autres pensées. Ma réflexion est là.

Je suis entré dans la littérature éclairé par Pierre de Ronsard, Alphonse de Lamartine, Friedrich Nietzsche, Albert Camus, Léon Daudet et Carlo Levi dans le versant occidental. Du côté négro-africain, la lumière vient de Marcus Gravis, Robert Nesta Marley, Frantz Fanon, Réné Maran, Senghor et Césaire. Dans la sphère africaine et panafricaniste, je m’enracine dans l’univers des années 60 que l’on peut appeler : l’âge d’or de la littérature africaine et panafricaniste.

La toute jeune littérature comorienne, dans laquelle je puise mes sources, s’inscrit dans cette logique littéraire panafricaniste. La fibre du docteur Mohamed Toihiri et son frère de plume Aboubacar Said Salim puis l’immensité de l’imagination d’Abdoulatuf Bacar me tiennent et me retiennent.

Aborder les questions de la médecine, de la corruption et de la justice comoriennes, c’est répondre à ces deux questions. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’écrire PERMIS DE TUER.

Le roman sortira prochainement aux éditions : Mon Petit Editeur, en France.

Le lire, c’est pêcher dans des eaux troublantes et profondes. Et cela demande un pêcheur aguerri et coriace qui fera front à toutes les vagues, c’est faire l’autopsie d’une société atteinte d’une maladie incurable. C’est aussi chercher des réponses à des questions qui, jusqu’à présent, ne sont pas posées. Enfin, c’est percer le mystère d’une société culturelle qui se renie, une société religieuse qui se refuse, une société historique qui se renonce et une société traditionnelle qui se nie, s’abandonne et s’identifie négativement à une autre.

Quelques passages sont illustratifs à ce genre de situation qui gangrène la société :

« La famille avait quitté sa maison pour aller vivre chez le voisin parce que la justice l’avait injustement saisie. Elle avait aussi saisi ses champs et ses cinq fermes. Cette famille vivait par la grâce de Dieu. La justice avait déjà vendu une de ses fermes qui se trouvait à l’entrée du village de Mazahani. »

« On la trouva tombée sur un mur en pierres après qu’elle eut fait un malaise. Elle avait été retrouvée inconsciente par trois jeunes garçons qui avaient suivi les traces de ses habits sur les arbres. Ses os craquaient comme des arbres poussés par un vent féroce. Son visage était pâli. Ses yeux se dirigeaient vers les nuages qui vaguèrent.

Ce fut un chagrin discordant qui animait son cœur.

La jeune fille fut hospitalisée en urgence. Elle toussait. Son visage devint de plus en plus pâle. Ses lèvres gonflaient et se collaient à ses dents. Très faible, elle s’efforçait de parler aux médecins. Elle n’avait pas pu dire un mot.

Elle était placée auprès de la porte. L’équipe médicale demanda à son frère de quitter la salle. Honteusement, elle avait confié aux médecins qu’elle avait été violée à plusieurs reprises par un groupe de jeunes et laissée pour morte.

Le docteur Sihaj qui venait de finir une opération chirurgicale était sollicité pour venir la soigner. Il constata les faits. Des lésions sur ses parties intimes embarrassèrent l’esprit du docteur Sihaj. Tous se turent subitement.

L’agression était d’une rare violence. Car les violeurs avaient imaginé un scénario macabre pour maquiller leur crime. Pensant qu’elle était déjà morte, ils avaient effacé tout signe de leurs traces et se démenèrent rapidement.

Les mouches bourdonnaient dans la salle. Mouni fonça sa tête dans ses épaules. Au milieu de la salle, avançaient des crabes. Docteur Sihaj, appela deux de ses collaborateurs pour l’aider à inoculer à la patiente un remède. L’odeur que ce remède dégageait, envoyait les bêtes au plafond. Il les jeta dans les airs comme des pétales de roses au soir d’un été ardemment ensoleillé. Deux encenseurs vinrent déposer des récipients sous son lit. Quelque temps après, une fumée montait aux airs.

Une sueur chaude mouilla ses joues. Docteur Sihaj l’essuya. Ces deux gens-là murmurèrent entre eux. Le docteur partit.

Son agonie frappa à la porte. Des traces blanches apparurent aux coins de sa bouche. Puis, son corps tremblait. Il se refroidit. Lentement, son corps se tut. Le docteur Sihaj parut dans la cour pendant que l’oncle de Mouni se mit sur une chaise l’attendre. Il l’attendait interminablement.

Les oranges brillaient comme de petites lampes suspendues dans les arbres. Elles attiraient merveilleusement les yeux de tous. Les lézards brillaient sur les pierres et couraient le long des murs. Ils s’éclipsèrent quand Mouni exhala son dernier souffle. Un infirmier vit un oiseau inconnu voler au-dessus de sa tête. Elle fut partie. Surpris de son état alangui, l’infirmier s’empressa d’appeler le docteur Sihaj. Il arriva. Il leur dit de la couvrir d’un drap blanc. Docteur Sihaj baissa les yeux devant la famille de la défunte. Il s’abstint de tout mot. Il s’attrista. Mais, lorsque son oncle se détacha de la chaise, docteur Sihaj eut le courage de lui en parler.

Un duel salivaire se déclencha. Il conduisit à une forme de processus d’attaque et de défense. Il alla se plaindre au tribunal. Lorsque l’enquête s’ouvrit, il imaginait ce qui pourrait être le résultat. C’était la raison pour laquelle la famille exigea une autopsie. Elle voulait détruire les murs invisibles construits depuis des siècles par leurs ancêtres. Elle voulait combattre bec et ongles le poids de la tradition. »

« Deux semaines plus tard, les hôpitaux abondaient de gens. Il n’y avait ni injection ni remède contre l’invasion des abeilles et ou les piqûres. Tous les citoyens étaient emprisonnés chez eux. Les victimes des piqûres avaient une allure effrayante. Ils ressemblaient aux momies séculaires. Ils avaient l’air d’être ignoblement fossilisés. Ils souffraient de plus en plus à mesure que les heures passaient.

Au lieu de s’occuper de ce phénomène qui s’empirait, le gouvernement donnait une conférence sur les modalités des élections de l’année suivante. »

PERMIS DE TUER

Préface

L’histoire se passe dans un archipel d’Afrique de l’Est. À vrai dire, il vaudrait mieux parler d’une multitude d’histoires qui se confondent pour poser une seule question : peut-on juger un pays, ou plutôt un système politique, à la qualité de sa Justice et de ses médecins ?

Comme le montre ce roman, les deux choses vont souvent de pair, avec un lien commun : l’argent. À travers les prévarications du malfaisant et cynique docteur Sihaj, Houssam Hassani illustre sans relâche cette thèse, avec un art certain de l’humour noir et de la satire politique, mais aussi avec un goût particulier pour l’exotisme linguistique.

Erik Pesenti Rossi, italianiste et professeurs des universités.
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