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Le 15 octobre 1987, à Lyon, nous étions en communion pour parler du futur de l’Afrique. Des centaines d’étudiants de plusieurs universités s’étaient retrouvés, dans un cadre à la fois festif et réflexif. Croyant avoir convaincu le public que l’Afrique était en marche pour son développement et qu’une nouvelle génération armée de compétence, de réalisme et d’idéal était en phase de réussir, une nouvelle bouleversante nous état tombée avec la violence d'un coup de massue. La référence que nous avions démontrée venait d’être effacée, sans appel.

Je venais de finir mon exposé sur « les chances que nous offre l’histoire pour une Afrique combattante ». J'avais parlé des acquis de nos pères fondateurs, Nkwame Nkrumah, Jamel Abdel Nasser, Julius Kamanga Nyerere, en ayant insisté sur leur vision reliant intimement indépendance et développement. J'ai fini par donner l’exemple de leurs cadets prompts à mettre en œuvre des stratégies de développement engagé par et pour les forces vives des nations. 

J'ai donné l'exemple de deux hommes qui ont compris que le changement était possible: Ali Soilihi et Thomas Sankara. Le premier est assassiné, le cœur à l’ouvrage, le deuxième était en phase de réussir là où le premier avait échoué. J’avais lancé un vibrant appel à la jeunesse africaine présente à participer, d’où qu’elle soit, à la rédaction de l’histoire en cours au Burkina Faso.

Venus nombreux à cette rencontre, mes camarades de l’Institut d’Etudes Sociales de Lyon m’ont invité à rejoindre leur table pour partager un repas offert par les camarades burkinabe. J’étais profondément ravi de me retrouver avec des amis africains, européens, latino-américains, asiatiques et kanak, tous acquis aux idées de progrès et de développement. On se félicita de l’engouement que nous avions provoqué au point de vouloir nous mettre en volontariat pour soutenir la dynamique en cours au pays des hommes intègres. 

Les uns avaient proposé de créer un collectif d’appui à la révolution burkinabé, les autres avaient voulu qu’on s’y rende carrément pour vivre l’expérience. Il ne fallait surtout pas laisser le peuple burkinabe s’épuiser, tout seul, dans son noble combat. Le fait que tous les étudiants de l’IESL étaient des techniciens de développement venus se former en pratiques sociales, nous nous estimions capables de contribuer, chacun dans son domaine de formation initiale, à ce que nous appelions à l’époque « le développement intégré ».

Au fur et à mesure que les esprits s’enflammaient, Ouédraogo, un de mes amis du Burkina me chuchota

« Dini, je crois que la mayonnaise a pris. Il va falloir s’organiser concrètement ». Je n’ai pas eu le temps de réagir à ses propos qu’une dame européenne, se pencha calmement devant nous et nous demanda.

"Que pensiez-vous de Sankara ?"
Pourquoi vous dites : pensiez-vous ? Ai-je répliqué.
"Eh ! il est mort. Il vient d’y avoir un coup d’Etat au Burkina Faso. Le président est tué".

On se regarda, n'ayant su quoi dire. C’était Ouédraogo qui a pu réagir.

"En tout cas, si Blaise Compaoré n’est pas tué, la révolution va continuer. C’est une équipe de choc".

Évidemment, on était à mille années-lumière de croire que c’était Blaise à qui on a ordonné la fratricide.

Non seulement que la fête était gâchée, nos espoirs semblaient aussi s’effondrer. Nous nous sommes tenus les mains, les larmes ne sortaient pas de nos yeux, elles mouillaient sereinement nos paupières. Nous savions qu'une autre flemme venait d'être éteinte. Une passerelle venait d'être coupée, brutalement. Une Vie venait d'être arrachée parce ce qu'elle voulait faire vivre la vie. Cette Afrique, notre Afrique n’est pas maudite, elle est à reconstruire. On s'était dit: Pour tout combattant qui tombe, d’autres reprendront le combat et qu’importe le sang à verser. On ne peut pas tuer tout un continent. Par DINI Nassur (Photo)
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