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© www.habarizacomores.com (Habari Za Comores)-
Il ne reste plus que les opportunistes de la prétendue société civile et de la classe politique convertie pour la circonstance à la croyance feinte d’une émergence éthérée sans consistance pour soutenir les Assises. En effet, plus personne ne croit à l’opportunité historique annoncée et tant brandie de création d’espace d’expression, d’échanges et de discussions pour repenser les Comores à la lumière de l’expérience de 42 ans d’indépendance passés. 

La récupération des assises par le pouvoir ne fait plus l’ombre d’un doute. Nous avons affaire à un dialogue politique entre gens triés sur le volet pour aller acclamer un projet politique qui n’en est pas un : la vieille mode de l’émergence africaine débarque aux Comores, se pare de nouveaux atours et cherche à s’imposer en dehors des voies prévues par la constitution de notre pays.

Les hommes du M11 s’arrogent le titre de sages et d’experts en tout et rien, et se posent de façon indue comme des références , et comme partenaires privilégiés de cette supercherie du pouvoir, restent autistes quant aux réserves qui ont trait à la discordance entre le contexte de mise à mort des institutions et l’apparente vocation réformatrice des Assises. Ils ont même poussé la mauvaise foi jusqu’à déclarer qu’il n’était guère de leur ressort d’exiger le respect de nos lois, de nos institutions, convaincus que la tenue des Assises allait comme par enchantement régler tout !

Nous n’aurons cesse de répéter que l’attitude des gens du M11 n’est pas claire dans cette affaire et toutes les supputations sont plus que jamais permises. Comment des hommes prétendument éclairés comme Idris Mohamed, donneur notoire de leçons en matière de patriotisme, de bonne gouvernance et de grands principes d’égalité et de démocratie, peuvent-ils créditer Azali marchant sur la loi et les institutions de la moindre volonté nouvelle et soudaine d’accompagner un processus destiné à tourner la page de mauvaises pratiques pour en ouvrir une nouvelle ? D’où vient cette foi du M11 exonérant allégrement un partenaire aussi objectivement douteux qu’Azali de la nécessité et de l’exigence de l’exemplarité pourtant capitales à la réussite des Assises ? Comment les hommes du M11 peuvent-ils être si aveugles ou passionnés d’un idéal (quel idéal pour qui ?) au point de conférer aux Assises les allures d’une pensée unique, dictatoriale et de contribuer à une caricature réductrice développée par le pouvoir assimilant les comoriens qui demandent plus de garanties de transparence et d’équité dans le processus en cours à des ennemis de la nation comorienne ? 

« Enfin du nouveau », titre choc aux allures d’une victoire d’un post d’Idris Mohamed évoquant le décret présidentiel instituant le début des Assises par la création d’un comité de pilotage. D’où vient ce sentiment de satisfaction ? Outre le format qui s’apparente à celui d’un dialogue politique, le fléchage des Assises sur une vague idée de programme gouvernemental, contestable et contestée et le cantonnement du M11 dans un rôle de vernis, on se demande quelle est la valeur juridique de ce décret présidentiel.

Comment a-t-il échappé aux hommes du M11 que notre constitution ne fait pas référence à des Assises ? A moins qu’ils aient déjà acté, eux aussi, la mise en sourdine de notre constitution. Comment les hommes du M11 peuvent-ils prétendre reformer notre société s’ils peuvent penser un tant soit peu qu’Azali puisse prendre autant de liberté avec les règles constitutionnelles et mettre en berne la loi fondamentale du pays sans que l’on ne sache ni comment ni quand ? Comment les gens du M11 qui se parent de la volonté de bien faire ont-ils pu laisser Azali décréter des Assises ? Notre pays a une constitution ratifiée par le peuple, vielle de trois alternances et dotée de règles. Les institutions marchent et le président a la latitude de reformer selon les règles établies par la constitution. Elle préconise le congrès ou le référendum pour toute réforme constitutionnelle. L’émergence, réforme politico-économique, n’étant pas une matière constitutionnelle, sa validation reste du domaine de l’opinion publique et celui de la voie parlementaire. 

Décréter des Assises avec comme en ligne de mire une réflexion sur la gouvernance, les institutions devant potentiellement déboucher sur une modification de la constitution est une tricherie dans la situation actuelle des Comores et constitue une violation manifeste de notre constitution. En effet décréter des Assises évoquant une matière touchant à la constitution suppose une situation de crise, de vide, d’absence de constitution et des institutions. Au sortir d’une élection présidentielle et à un an de ce pouvoir, qu’est-ce qui justifie l’existence d’une situation de crise, de vide, d’absence de la constitution et de nos institutions ? Les instruments de la réforme constitutionnelle sont conférés à Azali de par notre loi fondamentale. On se demande comment des prétendus donneurs de leçons aient pu imaginer qu’il est de leur ressort de reformer le pays en dehors des règles établies par notre constitution. Comment peuvent-ils contribuer à alimenter un discours rétrograde qu’on entend ces derniers jours selon lequel les Assises sont la voie appropriée que celle de la constitution utilisée en 2009 pour réformer celle-ci ?

Notre ami Idris Mohamed dira que les Assises décident en toute liberté et Azali ne fait qu’accompagner les accompagner malgré les actes contraires posés au quotidien. Mais la liberté du M11 n’était-elle pas de veiller au respect de notre constitution, en refusant l’inscription des Assises dans un décret présidentiel dont la validité, la pertinence sont tributaires d’une situation de crise, de vide et d’absence de constitution et des institutions ?

On voit bien que les gens du M11 qui faisant la promotion des Assises ne sont ni dans une logique de légalité ni de neutralité. Ils sont dans une logique partisane, et de ce point de vue, ils ne se posent pas toutes les questions que tout le monde se pose, car ce n’est pas dans leur intérêt… Le principe retenu par le M11 et le pouvoir, ce sont des Assises à marche forcée… Pour arriver à quel résultat ? L’histoire le dira. 

Ce qui est certain, les comoriens n’adhèrent pas à une initiative dans laquelle ils ne se reconnaissent guère. Les Assises d’Azali sont constables et contestées de partout. Elles divisent les comoriens, entre ceux qui étaient dans l’utopie d’une opportunité historique de repenser les Comores à la lumière des erreurs du passé et une bande d’opportunistes qui aiment être aux devants de la scène politique pour combler des manques d’ordre matériel, temporel et existentiel. On peut d’ores et déjà parler d’échec des Assises dès lors que le rassemblement des comoriens autour d’objectifs communs est loin d’être acquis.

Reste à savoir sur quoi vont déboucher ces Assises version Azali à la gloire de l’émergence qui a déserté le champ de l’opinion publique pouvant lui donner réellement corps, celui de l’assemblée nationale conférant la force nécessaire à tout projet politique, économique et social pour se confiner tristement, squatter au sein d’un club de fans opportunistes et adeptes des Assises. L’angélisme du M11 ne doit pas faire oublier que nous sommes face des enjeux importants et cruciaux, et l’on ne peut s’y engager avec la légèreté d’approche et d’esprit dont font preuve jusqu’ici ceux par qui le malheur des Comores arrivera. Le jour où Ali Bezi Salim a salué la volonté non instruite et ignorante d’émergence d’Azali, nous avons compris qu’il devenait partisan et à ce titre, il devait prendre sa carte à la CRC et descendre sur une autre arène que celle des Assises où la neutralité, la lucidité, l’expertise froide doivent être de mise. Qu’il est choquant et indécent de promouvoir la sénilité d’un homme qui a surement failli pour faire la propagande des Assises !
Il est temps que les M11 s’encartent à la CRC et laissent les institutions de notre pays vivre, grandir pour qu’on ait un jour un état de droit où personne ne viendra fouler les règles constitutionnelles selon ses humeurs, où la volonté des comoriens sera respectée. En 2001, Azali n’a pas tenu compte des critiques de sa gestion opaque et de son manque de concertation au sujet de la crise anjouanaise, a mis à l’écart la classe politique comorienne et a pondu la Tournante. 2017, avec les mêmes méthodes et sans le moindre méa culpa, il revient imposer une autre vérité aux comoriens… sans explication et sans réel débat. Trop c’est trop ! Si on pouvait déjà respecter nos boiteuses institutions et lois ! Ce serait un progrès immense pour les comoriens que de vouloir bâtir des chimères au royaume où le respect de la chose convenue n’existe pas.

AHMED Bourhane
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