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Entre 1973 et 1975, l’histoire politique des Comores avait atteint son summum d’agitation et de prise de conscience. A cette époque, la politique n’était pas seulement l’affaire des partis mais, bien celle de la grande majorité de la population. L’enjeu principal avait un joli nom, un bel idéal et un bon projet : l’indépendance. Dans les quatre iles de l’Archipel des Comores et même au-delà, la cause pour la libération nationale était tout à fait acquise. C’est seulement dans l’ile de Mayotte qu’une petite minorité agissante (5,43% du total des électeurs du pays) a su s’opposer avec succès à la volonté populaire. Pour y arriver, les méthodes employées par la France ne sont pas connues parce qu’inappropriées.
Azali le 6 juillet 2016 ©habarizacomores.com

Contrairement à tout ce qui est dit officiellement par la France pour justifier son occupation de l’’ile comorienne de Mayotte, qu’il s’agirait de la volonté de la population de l’ile de rester française, c’est tout un processus conçu depuis Paris qui a admirablement réussi à faire admettre une politique séparatiste dans l’Archipel. Après avoir fait créer un mouvement anti indépendantiste dirigé par des élites comoriennes originaires de la petite ile de Sainte Marie, la France a fait évoluer l’idée de la francisation de Mayotte par une politique d’opposition d’intérêts entre les quatre iles sœurs de l’archipel. Ce sinistre paysage politique était approprié par certains hommes politiques comoriens dont la seule ambition était le pouvoir, ce qui les privait cruellement de toute conscience construite sur le concept de nation. Ils ont été surpris, tout comme pour la France coloniale, que d’autres mouvements aient engagés une lutte acharnée pour l’indépendance. Ayant compris que rien ne pourrait arrêter la marche vers la liberté, la France a décidé de déclencher les hostilités en exploitant à des fins politiques le transfert de la capitale de Dzaudzi à Moroni. 

C’était un joker préparé depuis quelques années par les services secrets français sur commande du lobbying colonial pour un plan B. Le gouvernement colonial avait fait voter une loi à l’Assemblée Territoriale en 1958, sous le prétexte que Dzaudzi n’avait pas les dimensions territoriales requises pour accueillir les fonctionnaires, il fallait choisir Moroni sans avoir voulu proposer d’autres villes comme Mamudzu,Pamandzi ou Labatwar. Dès 1961, la France avait entamé la construction des infrastructures de l’administration à Moroni. En 1962, le Haut-Commissaire de la République, la plus haute autorité coloniale s’est installée à Moroni pour officialiser le transfert. C’est l’onde émotionnelle qui a servi de mobilisation contre l’indépendance du fait qu’à Mayotte, on a fait croire que c’étaient les wangazidja, les wandzuwani et les wamwali qui ont arraché la capitale à Dzaudzi. 

Cependant, l’opinion dans l’ile de Mayotte était largement partagée par un clivage tendu entre les antis et les pro indépendance. Deux mouvements politiques antagonistes s’affrontaient sur le terrain avec une violence rare, les soroda (antiindépendantistes) et les serre-la main (indépendantistes).

Les soroda soutenus financièrement, logistiquement et militairement par la France avaient un léger avantage à l’approche du référendum pour l’indépendance dont la France conspirait déjà à une interprétation des résultats ile par ile contrairement à la loi reconnaissant le caractère global du scrutin. Il fallait donc ne prendre aucun risque que le oui l’emporte à Maoré, ce qui pourrait mettre en péril les plans de Paris. La campagne électorale ne semblait pas efficace pour enrayer la dynamique indépendantiste, quoique prévue minoritaire, dans l’ile censée être rebelle et séparatiste. La France a donc mis en œuvre un plan machiavélique héritée de la République de Vichy. Des familles entières d’indépendantistes sont déplacées de force par boutres vers l’ile de Ndzuani et vers Ngazidja. Une politique de terreur est mise en vigueur dans l’ile. Des escadrons terroristes de soroda sont lâchés dans les villes et dans les villages à la chasse des indépendantistes. Les femmes soroda appelées vulgairement ‘les chatouilleuses’ caillassaient les maisons des indépendantistes avec la complicité de la police coloniale, des services de sécurité et des légionnaires. Malgré cette terreur, 38, 78% des mahorais ont voté pour l’indépendance. Sans rancune et pour une réconciliation des cœurs, les familles brimées, brisées, déportées et terrorisées à vie méritent, aujourd’hui, que le prix de leur courage et l’héroïsme de leur résistance soient reconnus.

Et quand la France parle d’une majorité exprimée démocratiquement contre l’indépendance, la jeunesse de Mayotte qui n’a pas vécu cette tragédie peut se poser des questions de conscience sur le supposé choix des mahorais à rester occupés pour rester « libres ». Dini Nassur
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