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Le mercredi 12 novembre 1975, l’Assemblée Générale de l’ONU a adopté la résolution 3385 (XXX) admettant, en son sein, les Comores en tant que Nation composée de quatre iles, Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande-Comore. Cette belle victoire remportée par le jeune Etat révolutionnaire a eu la solidarité de toutes les nations libres, exceptée la France qui n’a pas pris part au vote. La joie du peuple comorien a été de courte durée mais, la fierté est de mise. Quelques jours après, la France a retiré toute son assistance financière et technique des Comores, laissant ainsi le pays dans le désarroi total.

Surpris par la détermination de la délégation comorienne à l’ONU, le Ministre français des Affaires Etrangères M. L. DE GUIRINGAUD n’avait pas pu cacher les intentions de la France de briser l’unité nationale du jeune Etat en annonçant l’organisation de référendum pour l’autodétermination de Mayotte. La Réplique du tanzanien Salim Ahmed Salim a été cinglante : « … est-ce là une façon sérieuse de considérer l’autodétermination ? C’est un concept qui, en tout cas, ne correspond pas à celui de l’ONU.

La façon dont la France l’encourage, on peut alors envisager une situation où ce principe pourrait être appliqué à une région, à une province, à un district ou même à un village. Et je me demande combien d’Etats Membres de l’organisation y compris la France, ne seraient pas affectés par l’application de ce concept si celui-ci était mis en pratique ». Le représentant de la Tanzanie ne croyait pas si bien dire, au vu de la situation actuelle en Europe (l’Ukraine, la Grande Bretagne, l’Espagne, l’Italie et peut-être la France) mais, retenons la leçon et passons.

En réaction à l’arrogance affichée par la France et à son projet d’occuper Mayotte, le Conseil Exécutif Révolutionnaire a demandé le retrait immédiat des forces françaises du territoire comorien. Le gouvernement français a répondu par le retrait de toute son assistance technique et financière dans les trois iles libres considérant déjà Mayotte territoire français. 

Le gouvernement a acté la rupture des relations tout en demandant aux fonctionnaires français de prendre le temps pour la passation des services, ce qu’ils n’ont pas fait. Ceux-ci sont tous partis en ayant vendu leurs biens à des comoriens et en ayant pris le soin de saboter tous les services névralgiques du pays, étant entendu qu’ils en avaient le monopole dans tous les domaines (aviation civile, télécommunications, communication, énergie, sécurité, éducation, finances, infrastructures…). Pour l’anecdote, les voitures vendues à des comoriens avaient les ponts d’échappement bourrés de sable.

Le gouvernement comorien avait pris conscience de la gravité de la situation au moment où c’était tout au début de l’organisation de l’Etat. Le pays était en termes d’embargo total. Deux choix étaient posés : demander à la France de rester et accepter, ainsi, son occupation d’une partie du territoire ou assumer la souveraineté nationale dans la douleur. Le gouvernement a vite officialisé sa décision selon laquelle, on ne peut pas avoir des relations diplomatiques et de coopération avec un pays qui occupe militairement une partie du territoire national. 

On assume ! Le délégué à la Défense Nationale, Ali Soilihi Mtsashiwa a fait le tour des services publics pour demander aux employés comoriens d’oser « tenir la baraque » en attendant que l’Etat mobilise un accompagnement international approprié. C’était chose faite. Ce que le journal Le Monde avait prédit que les Comores allaient sombrer dans 15 jours, cela n’a pas eu lieu. Mais, beaucoup de services comme l’éducation ont dû fermer boutique. 

Le gouvernement a demandé au peuple de se mobiliser pour relever le défi. Chaque catégorie de la population a fait son job. L’Etat a réussi à mobiliser une solidarité internationale, sans précédent, avec l’appui diplomatique de l’Algérie et du Sénégal, à travers l’Agence de Coopération Culturelle et Technique, des enseignants sont venus des pays africains (Sénégal, Tunisie, Maroc, Algérie, Haute-Volta, Zaïre, Guinée…), de la Belgique et du Canada pour remplacer les enseignants français dans les lycées. 

La Chine populaire et la Tanzanie ont vite répondu pour les infrastructures et la défense Nationale. Beaucoup de pays ont ouvert leurs universités aux étudiants comoriens pour former les cadres du pays (Algérie, Sénégal, Koweït, Yougoslavie, Cuba, Allemagne de l’Est…) Un service national obligatoire a été institué pour les bacheliers en vue d’enseigner dans les collèges. 

L’administration centrale a été reformée pour une gouvernance décentralisée. Les fonctionnaires ont mis leurs salaires en ponction. Dans les villages, des contributions financières (10 fcfa au minimum) ont été faites pour financer l’enseignement de base. Les lycéens et les collégiens dont les écoles étaient fermées s’étaient investis dans les travaux communautaires pour la construction des infrastructures de développement local. 

Malgré une certaine résistance dans quelques villes, le Anda a été strictement réduit au minimum nécessaire. Les funérailles étaient exemptes de dépenses. Les paysans et les pêcheurs ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour assurer la sécurité alimentaire, produire et consommer comorien étaient une devise sacrée. 
C’était ainsi qu’on avait surpris le monde entier en relevant le défi. On était cité en exemple d’un pays qui a su se prendre en charge, la fierté de tout un peuple. Des pays voisins avaient même demandé notre accompagnement pour pouvoir s’en sortir. Le coup de massue de la France a été une onde de choc pour un sursaut national.

Pour ye madja lewo qui osent dire que les comoriens n’ont jamais été patriotes et sans effets de sacrifice, oh ! que si. Il nous manque, tout simplement, ceux et celles qui osent transformer les contraintes en atouts, ce à quoi beaucoup d’entre-nous se forgent le nouveau défi comorien.

Dini Nassur
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