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Si la religion musulmane condamne toute maltraitance envers les animaux, il est vrai que le chien est loin d'y occuper une place de choix. Mais les origines de ce désamour pourraient être beaucoup plus récentes qu'on ne le pense.
Photo ©Said Mchangama

Intéressante question que celle de l’origine de l'impureté des chiens dans la religion musulmane, soulevée il y a une dizaine de jours dans un post de blog d'Alan Mikhail, auteur de l’ouvrage "L'animal dans l’Égypte ottomane" (et déjà maintes et maintes fois soulevée par le passé).

Ce professeur d’histoire à l’université de Yale s’est en effet interrogé sur les raisons qui poussent aujourd’hui nombre de musulmans, et probablement tout autant de non-musulmans, à considérer que le chien est une créature impure, sale, et même parfois maléfique dans l’islam. Pour le chercheur, l’explication d’une telle répulsion est surtout à chercher dans l’histoire moderne, de laquelle a émergé une jurisprudence musulmane précise sur la question canine.

Le chien dans les textes sacrés

Avant de regarder du côté "non religieux" de l'histoire, que dit le Coran à propos des chiens ? D’après le docteur en droit musulman Sami Aldeeb, le Coran mentionne par trois fois le chien. Dans un premier passage, celui-ci est perçu négativement, puisqu’il fait l’objet d’une comparaison, sous forme d’insulte, avec "un personnage mis à mort par les Israélites pour avoir entraîné les enfants d’Israël à l’infidélité envers Dieu" (passage 7:176-177). Un peu plus tard, dans le chapitre 18 intitulé "La Caverne", un chien est mentionné et apparaît dans un rôle de fidèle compagnon protecteur des hommes. Enfin, l’animal est évoqué une troisième fois au sujet des interdits alimentaires : il est permis de manger le gibier rapporté par des chiens entraînés à la chasse. 
La bienveillance envers les animaux, qu’il s’agisse d’un chien ou non, est récompensée par le Prophète
Parallèlement, un célèbre hadîth – soit un texte relatant des actes et paroles du prophète Mahomet –, à l’authenticité aujourd’hui non discutée, rapporte l’histoire d’un chien assoiffé et abreuvé par une prostituée qui prend pitié de lui : "Allah a pardonné à une prostituée qui, en passant près d’un puits, vit un chien haletant tourner autour. Peu s’en fallait pour qu’il ne meure de soif. Elle ôta alors sa chaussure, la fit attacher à son foulard et la remplit d’eau afin de l’abreuver. Par ce geste, Allah lui pardonna." Une autre version met en scène un homme à la place de la prostituée. Dans les deux cas, ce qui nous intéresse ici est de comprendre clairement que la bienveillance envers les animaux, qu’il s’agisse d’un chien ou d’une autre espèce, est ici récompensée par le Prophète. 

Toutefois, il est important de préciser que d’autres récits attribués à Mahomet sont bien moins tendres avec les chiens, même si des interprétations différentes peuvent être faites de ces textes.

Un pilier sociétal pour des générations de musulmans

Alan Mikhail, lui, évoque d’autres sources historiques "méconnues" qui témoignent du rapport de Mahomet avec les chiens. Selon ces récits, Mahomet lui-même était au quotidien entouré de chiens, "aux côtés desquels il priait". "Beaucoup de ses cousins et compagnons, les premiers musulmans du monde, ont élevé des chiots (...). Dans la mosquée du Prophète à Médine, le second site le plus sacré du monde après la Kaaba [de La Mecque], des chiens étaient régulièrement aperçus en train de gambader, du vivant de Mahomet et durant des siècles après sa mort", rapporte-t-il. 
Longtemps dans toute la péninsule arabique, les chiens furent des acteurs majeurs du bon fonctionnement des villes
L’archéologie nous a également appris que durant de longs siècles après la naissance de Mahomet, dans toute la péninsule arabique, les chiens furent des acteurs majeurs du bon fonctionnement d’un urbanisme largement développé (les plus grandes villes du monde étant d’ailleurs à l’époque les villes arabes). Après avoir longtemps joué le rôle de protecteur des troupeaux, ces compagnons à quatre pattes sont devenus de véritables "nettoyeurs" des villes, en se nourrissant des ordures des populations grandissantes. De Damas à Bagdad, en passant par le Caire et Istanbul, les autorités encourageaient les chiens à peupler les rues et à les maintenir propres. De protecteur du bétail, ils devinrent progressivement protecteurs des hommes, ainsi que de leurs maisons, menacées par les rats et autres intrus.

La triste perte d'un statut 

En réalité, si le chien est aujourd'hui considéré dans le droit musulman comme impropre, c’est bien parce qu’une rupture marquante dans les rapports entre les populations musulmanes et la race canine a eu lieu. "Il y a environ deux cents ans, des idées reçues sur la contagion ont commencé à émerger", explique Alan Mikhail. À peu près au même moment dans le monde, un lien entre les pires épidémies et la proximité des cimetières, des déchets et des eaux stagnantes a été enfin établi. Ces trois "facteurs à risques" ont alors été déplacés à la périphérie des villes, ostracisant du même coup les chiens, habitués à se nourrir dans les poubelles.

Plus d’ordures, plus de rôle auprès de l’homme. Pire, à partir du moment où une corrélation entre les déchets, repas des chiens, et les maladies a été faite, les chiens sont devenus eux-mêmes des vecteurs de microbes et autres germes dans l’esprit collectif. Une réputation qui leur colle encore aux poils...
Les chiens sont devenus eux-mêmes des vecteurs de microbes et autres germes dans l’esprit collectif
Mais cette malheureuse perte de statut nous apprend peut-être quelque chose de plus important encore : si dans l’histoire de l’islam, chiens et hommes auraient donc longtemps vécu dans l’harmonie et la collaboration, cet omniprésent animal à quatre pattes n’y jamais été traité comme un jouet, un divertissement, une propriété. Même si ce rôle utilitaire lui a coûté une certaine proximité avec l’humain dans le monde musulman contemporain. Et même si bien sûr, de nombreux mulsumans vivent aujourd'hui, au sein de leur foyer, avec des chiens qu'ils chérissent. À méditer, sans aucune forme de jugement.

Toutes réactions, éclairages ou opinions sont évidemment bienvenus à la suite de cet article, qui ne fait part des conclusions que d'un seul chercheur.  Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire. Par Marine BENOIT le 27 juillet 2017 - Retrouvez cet article sur France24
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