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L'accord politique de Fomboni n'a pas inclus le chapitre sur le soutien financier après la période de crise par la communauté internationale. Notre partenaire, la France, doit comprendre les vraies raisons du déplacement des populations vers Mayotte. Les raisons sont pour la plupart sociales et économiques et nous observons les mêmes phénomènes dans la tragédie de la Méditerranée.
Cet article a été écrit en juin 2017.
IL FAUT ERADIQUER LES RACINES DU MAL QUI CONDUISENT LES COMORIENS A CHOISIR L'EMIGRATION-DEPLACEMENT " SUR DES EAUX DANGEREUSES
Des paroles maladroites certainement aussitôt regrettées ont jeté le projecteur sur le drame vécu au quotidien par trop d'Anjouanais qui, au péril de leur vie décident de rejoindre Mayotte à bord de ces frêles esquifs que sont les Kwassa Kwassa. Quand les eaux sont agitées, les esquifs chavirent, les morts sont nombreuses, évaluées à plus de10 000 victimes depuis 1995. Chaque année les drames se reproduisent à ce rythme effrayant et lancinant.

Les mots prononcés étaient d'une grande maladresse mais il ne faudrait pas qu'ils occultent le fond du problème, au contraire c'est là une occasion pour rendre hommage à ces milliers de victimes de dénoncer les causes qui ont conduit des hommes et des femmes à fuir une misère quotidienne, surtout celle de l'île d'Anjouan pour rejoindre ce qui apparaît à des yeux aveuglés par les souffrances comme un eldorado, Mayotte si proche et déjà si lointaine. Pour beaucoup ce ne sera pas seulement une chimère mais ce sera en plus un naufrage et la mort.
Les hommes pourtant le savent, les eaux sont dangereuses, les esquifs ne sont pas adaptés au transport d'êtres humains, ils savent le risque présent, mais l'absence de perspective, l'accumulation de soucis encouragent cet exil volontaire et cette prise de risque. Mais la crise que nous avons vécue ces derniers jours justifie amplement de situer les véritables responsabilités de ces morts insupportables et de tracer le chemin qui doit augurer d'un autre avenir.

IL FAUT TOUT D'ABORD RAPPELER que les responsabilités sont multiples.
Mayotte s'est bâtie en quelques années un destin différent avec des moyens considérables et à cet égard il est clair que la France et l'Union européenne ont leur part de responsabilité car la proximité avec Anjouan, Mohéli et Grande Comore rend le décalage de moyens tout bonnement insupportable. D'un côté Mayotte bénéficie d'un budget de 1.5 milliard d'euros, avec des fonds venus d'ailleurs qui traduisent un niveau de vie sans rapport avec leurs proches voisins, souvent également parents. Ce décalage agit comme une pompe aspirante car le budget comorien atteint tout juste 50 millions d'euros et les réalités s'estompent dans des brouillards d'illusion quand les cadres s'éloignent à ce point.

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Il est d'ailleurs permis de s'interroger sur les politiques mises en œuvre afin de promouvoir Mayotte, il est clair en effet qu'à un certain niveau promouvoir Mayotte trouvait une contrepartie naturelle dans l'affaiblissement ou encore la "complicité objective" (diraient les marxistes) qui conduit à fermer les yeux sur certaines pratiques malsaines qui longtemps ont marqué la vie de l'archipel.

Comment en effet expliquer la bienveillance dont ont bénéficié les mercenaires qui durant de longues années ont martyrisé notre pays?
Comment expliquer que l'on n'ait pas réagi avec rigueur aux actes de corruption généralisée qui ont confisqué l'avenir de notre population?

En d'autres termes il est clair que les responsabilités ignorent les frontières et nous devons le crier avec force; "Devant ces drames nous sommes tous coupables, la communauté internationale comme notre classe politique".

La France doit prendre conscience qu'il n'est pas "MORAL" qu'elle n'accorde aux Comores qu'une aide annuelle de 20 millions d'euros, sur laquelle seulement 30% aura une destination locale, alors que le rapatriement des anjouanais, qui s'étaient embarqués sur les fameux Kwassa Kwassa entraîne un coût de 70 millions d'euros chaque année!

Chaque année ce sont ainsi plusieurs dizaines de milliers de comoriens qui sont reconduits à Anjouan et cette statistique est pour la France "rassurante" les comoriens qui ont choisi de monter sur les kwassa kwassa sont facilement repérés et ces reconduites au pays nourrissent à bon compte des statistiques d'expulsion.

MAIS IL NE FAUT PAS PERDRE DE VUE que ces 70 millions d'euros s'ils avaient une destination de développement des potentiels d'Anjouan, de Grande Comore et de Mohéli se traduiraient par une modification formidable des perspectives pour ces hommes et ces femmes qui pourraient entrevoir un autre avenir et n'iraient plus alors risquer leur vie sur ces mers agitées.
IL FAUT DONC REVOIR LA PHILOSOPHIE DE RAPPORTS QUI DOIVENT RESOLUMMENT VISER UN AVENIR DE PROGRES ET NON UN AVENIR DE REJET ET DE REPRESSION.
L'avenir des îles est lié, les potentiels ne demandent qu'à prendre leur envol, il suffit de les activer par une volonté inflexible. Ces hommes qui meurent c'est le dynamisme et la richesse de demain qui disparaît et ces drames enfoncent encore plus le pays dans son malheur!!!

Mais bien sûr il conviendra également que les Comores soient intraitables sur la corruption qui gangrène les activités. Les Comores qui vivent des transferts de la Diaspora doivent les relayer par une chasse aux comportements malsains qui règnent en maître. Il est impossible de ne pas jeter l'anathème sur les hommes politiques anjouanais qui n'ont eu de cesse de se servir au lieu de servir. Il est insupportable de constater que l'ancien président Sambi a détourné des centaines de millions de dollars dans diverses affaires majeures de corruption et que la justice ne passe pas! Ce vol trouve aussi sa conclusion dans les morts des naufrages de Kwassa Kwassa !
Le monde de demain sera différent de ce que nous avons connu, pour en être les comoriens devront prendre conscience que la faiblesse devant le mal absolu que représente la corruption est un crime, l'un des plus graves pour un peuple qui doit offrir un avenir à sa jeunesse. Mais ce monde qui doit être un monde de responsabilité doit être aussi un monde de solidarité et nos partenaires doivent réévaluer leur action en y intégrant les valeurs exigeantes qui seules éviteront des drames qui ne peuvent pas éternellement demeurer des statistiques.

C'est à ce prix que le monde de demain trouvera l'équilibre que seules la solidarité et la prospérité partagées engendre.

Saïd HILALI
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