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GRAND MARIAGE: LA DETTE DES POUPONS
En suivant les traces d’illustres responsables comoriens ayant pris position en faveur d’une réforme du « Anda » - notamment le grand imam El-Maarouf, les présidents Said Mohamed Cheikh et Ali Soilih-, le Vice-président Djaffar Ahmed Said Hassani ne rate pas une occasion de s’interroger sur la pratique de cette coutume. Dans des discours prononcés notamment à Iconi, à Mdé et devant les femmes entrepreneurs au Rétaj Hôtel, il a mis en évidence l’inadéquation des dépenses occasionnées à propos avec les exigences de la vie moderne et a surtout soutenu l’urgence de s’y pencher. Pour le Vice-président chargé de l’économie, le Grand-mariage ne rime pas avec le développement économique. C’est dans ce contexte que votre magazine publie ici un dossier sur le Grand-mariage, un système dont on sait qu’il « ruine les personnes et les familles ».

C’est une évidence acceptée de tous à Ngazidja : les enfants viennent au monde avec une dette. Une dette incessible qu’ils devront régler coûte que coûte à leur communauté. Ainsi, tout au long de la vie, tout Grand-comorien devra-t-il s’organiser pour trouver les moyens financiers de réaliser son grand-mariage, celui de ses sœurs puis de ses enfants. Sous peine de passer à la postérité pour un homme sans envergure, sans honneur. Voire pour un raté !

Aucun ménage n’y échappe. A chacun sa combine pour tenter de rassembler le pactole nécessaire dans un contexte caractérisé par la grande pauvreté résultant du chô- mage, des bas salaires (pour ceux qui ont un travail). D’où des méthodes parfois illicites (détournements de deniers publics, détournements des ressources associatives, vente de drogue à la périphérie de certaines villes françaises, faux monnayeurs, etc.)

On raconte souvent le cas d’une famille en France qui avait fait 30 000€ d’économie grâce aux primes d’allocations familiales des enfants. L’argent a été débloqué quelques jours avant le voyage aux Comores pour un grand mariage. Révoltée, l’une des filles de la famille l’a subtilisé, s’est rendue à la police pour dénoncer ses parents entrainant ainsi une série de catastrophes. Le mariage fut annulé, la famille s’est retrouvée face à de graves problèmes administratifs.

Ceux qui le peuvent, c'est-à-dire une infime partie de la population, n’hésitent pas à emprunter auprès des institutions financières. Les banques de la place ont même créé des produits d’appel relatifs au grand-mariage, encourageant ainsi le surendettement des impétrants ! D’autres ont recours à des usuriers qui exploitent le filon sans pitié. Rien ne paraît plus normal que s’engouffrer dans un tel cycle infernal pour financer ces mariages de l’honneur. «On n’est jamais totalement quitte avec le anda. Il y a toujours un parent qui n’a pas encore fait ceci ou cela pour siphonner vos économies. C’est sans fin. C’est cela le drame », peste un chef de famille à bout.
D’un autre côté, les rares audacieux qui osent remettre cette obligation en cause subissent la violence épistémique sociale au sens foucaldien du terme, en l’occurrence l’humiliation, les insultes, voire leur exclusion de la vie commune : eux et par extension l’ensemble de leurs familles. Ce n’est pas sans raison qu’un père inquiet attirait l’attention de son fils rebelle en ces termes : «sache jeune homme qu’il est plus facile de faire le anda que de le rejeter.» Cette vérité, le premier grand chirurgien du pays l’apprendra à ses dépens. Lorsque l’on le menaça de boycotter le mariage de sa fille unique aussi longtemps qu’il resterait un « homme inaccompli ». Acculé, le Dr Said Bacar Tourqui a fini par céder aux injonctions de la communauté. En 2016, le père du sociologue Mistoihi ABDILLAHI a été banni par la communauté pour des propos quasi attentatoires tenus par son fils, qui a qualifié le Grand-mariage de cancer contraire aux recommandations de l’Islam : « faire [le Anda], c’est désobéir à Allah », assénait-il alors.

Le Grand-mariage ruine des familles

Car vivre sans accomplir le Anda constitue un handicap insurmontable dans une société qui fonctionne sur la base des identités familiales et claniques. Il faut pour cela être capable de renoncer à la notion même de fierté et au droit à la dignité humaine qui ne peut se concevoir en dehors de cette coutume dans cette société. Un journaliste a comparé cette situation à un « apartheid » qui ne dit pas son nom. Il n’existe qu’une seule alternative : se conformer à cette institution séculaire ou assumer sa marginalisation de fait.

Mais, Il est surprenant qu’une coutume essentiellement populaire donnant lieu à des fêtes et des rassemblements joyeux se soit progressivement muée à ce point en une sorte de chape de plomb qui écrase des milliers de personnes soumises à un profond stress quotidien.

Mais que gagne-t-on concrètement à faire le grand mariage ? « En contrepartie de l’argent dépensé, tout ce que j’ai gagné c’est de pouvoir porter les habits de grand-marié. Or franchement, je n’ai pas l’impression que cela m’apporte quelque chose dans la société. D’ailleurs, tous les jours, je vois dans les Madjliss des personnes non grand-mariés occuper de meilleurs places que moi », fait observer un jeune notable. Il n’empêche que la coutume continue d’exercer une telle emprise sur les individus que beaucoup y mettent parfois toutes les économies d’une vie. « Il est évident aujourd’hui, que le grand-mariage ruine des familles entières », affirme l’économiste Kamal Abdallah, qui a réalisé lui-même le sien. «C’est une réalité indiscutable que l’exécution de cette coutume peut avoir de graves conséquences économiques sur les familles. On a vu des personnes tomber dans la mendicité au cours des dernières années de leur vie pour n’avoir rien pu économiser», poursuit-il.

Quand on sait que dans le reste du monde, les gens épargnent en vue de pouvoir faire face aux accidents de la vie ou en prévision des vieux jours et qu’ici on thésaurise juste pour tout flamber dans une fête, on s’interroge.

En tout état de cause, la problématique de l’épargne ne peut pas être dissociée de celle du Anda tant il est vrai que les deux sont entremêlés dans la vie de tous les jours. Toute idée de reforme éventuelle de la coutume devrait donc en tenir compte.

L’emprise du Anda sur toutes les sphères

Une volonté affichée de la réadapter revient de manière cyclique au devant de la scène. Et cela, depuis le grand imam Maarouf, qui a vécu au 19ème siècle jusqu'à l’actuel Vice-président Djaffar Ahmed Said Hassani en passant par les propositions du président Said Mohamed Cheikh ayant inspiré la chanson célèbre de Kolé Moindzé. Cependant, même la tentative radicale et spectaculaire d’Ali Soilih d’éradiquer les aberrations économiques et sociales relatives à cette coutume est restée sans effet après la mort du Mongozi.

Faut-il rappeler que les récentes mises en garde du Vice-président Djaffar, contre les dérapages de la coutume, intervenaient juste après une polémique insolite survenue suite au port par le chef de l’Etat, Azali Assoumani, d’un habillement réservé aux grands-mariés alors qu’il fait partie des rares personnes de son rang à n’avoir pas fait le anda ? D’un côté les tenants de l’orthodoxie, les Conservateurs, qui lui en tenaient rigueur, et de l’autre, des Progressistes en quelque sorte, qui soutenaient qu’il avait parfaitement le droit, de par sa fonction même qui le place de facto au-dessus de tout, de porter n’importe quel vêtement d’apparat traditionnel de son choix, fût-il réservé à une classe spé- cifique. Cette polémique en rappelait une autre : des notables n’avaient pas hésité à prononcer la proscription d’un président de la république, le Dr Ikililou, pour un fait mineur mais qui contrevenait aux prescriptions protocolaires fixées par la coutume : il a dû alors faire amende honorable en s’acquittant de la fameuse « mawu », cette peine pé- cuniaire traditionnelle. C’est dire l’emprise réelle du Anda sur toutes les sphères de la société.

Fait social total

Un sociologue comorien expatrié tente d’analyser sa force : «A côté de l’islam (qui est une institution et un système de valeurs importées), le anda est le principal fait social total dans notre société comorienne. «Fait social total » dans le sens durkheimien du terme car il impacte tous les domaines, toutes les strates de la société… »

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«Le Anda est une institution structurante. Il structure les classes et les catégories sociales, il constitue un levier économique pour chaque individu, chaque famille en ceci qu’il engendre épargne, consommation des biens et des denrées. Sur le plan national, il génère des importations et, depuis peu, il commence à être soumis à l’impôt local», ajoute le chercheur.

Est-ce pour autant qu’on soit fondé de laisser cette coutume capter toutes les ressources au détriment par exemple de l’Education et de la Santé des enfants ? Réponse du même chercheur : « vous avez à priori raison. C’est injuste. Mais à priori seulement. Car rien ne prouve que sans le anda l’enfant comorien mangerait à sa faim comme rien ne prouve ni ne garantit que l’enfant comorien irait dans les meilleures écoles du pays ou de l’exté- rieur. Sinon l’enfant malgache ou somalien ou tchadien seraient mieux lotis ».

Peut-être ! Mais vu différemment, l’on peut dire que les exigences et les contraintes codifiant cette pratique démontrent une chose : ceux qui s’y livrent ciblent prioritairement un objectif contraire à toute rationalité et logique économiques. Ils s’achètent ainsi une place d’honneur et une reconnaissance dans la pyramide sociale. Une reconnaissance qui se monnaye au prix fort, celui des économies de toute une vie dilapidée en une semaine, le temps de quelques festivités et réjouissances populaires. Et le poids du sacrifice est tel qu’il impacte forcément sur le présent mais aussi sur l’avenir des générations futures. Mais le surendettement, voire la ruine des prétendants ne sont rien, tant, pour eux, l’accomplissement de la coutume permet de gagner cette position effective ou fictive qui permet, par moment, de compenser des frustrations et des pauvretés réelles lors, par exemple, de prise de grandes décisions engageant la communauté.

Mais d’un autre côté, force est de constater que le développement de plusieurs villages comoriens est favorisé aujourd’hui grâce à l’argent du anda duquel l’on prélève des taxes forfaitaires qui contribuent soit à la construction d’une école ou d’une mosquée, soit à la réfection de fontaines d’eau ou de routes, etc. Là où l’Etat n’assume plus ses missions régaliennes, les villageois, par ces prélèvements, assurent le maintien de certains services primordiaux. Cependant ces réalisations communautaires ne doivent pas masquer une réalité économique et sociale implacables : la pauvreté, l’absence de véritables projets d’investissement d’envergure et prospectifs. Des projets de développement économique sérieux s’en trouvent donc plombés par cette obsession collective qui menace, à terme, la cohésion sociale.

On peut alors penser que cette folie dé- pensière est révélatrice d’une forme de schizophrénie caractéristique d’une société comorienne consciente du gouffre économique dans lequel elle s’enfonce mais qui ne veut pas non plus entamer les réformes nécessaires pour en limiter et circonscrire les travers dispendieux. Car, l’interaction entre la supposée position sociale acquise grâce au anda et la gestion quasi politique, voire économique, du village, confiée le plus souvent aux « hommes accomplis » renforce la conviction que l’accomplissement du anda révèle d’une nécessité impérieuse, quasi existentielle. Certains avancent même la thèse selon laquelle le anda constituerait pour beaucoup, les plus démunis surtout, une forme de retraite qui accompagne les vieux jours, donc économiquement rentable. En effet, pendant la période des grandes affluences des « Je viens », des notables, grâce aux sollicitations et invitations diverses, peuvent empocher en une journée des sommes assez intéressantes pouvant atteindre les 50 000 fc, voire plus, ce qui d’un autre côté fait tourner l’économie du pays, même de façon informelle.

Mais au fond, le nœud du problème est celui-ci : pendant que l’on sacrifie et dilapide toute une fortune individuelle et familiale, que l’on sacrifie des dizaines de milliers d’euros pour acquérir cette position dans cette pyramide, l’on néglige de se projeter dans l’avenir : l’esprit d’entreprendre est anesthésié, négligé voire annihilé. Combien d’entreprises auraient pu être créées dans ce pays avec l’argent du anda ? Combien de jeunes auraient pu être sortis de la misère et du désespoir engendré par le chômage.

En définitive, il y a donc ce terrible poids économique pesant sur des individus déjà DOSSIERS LE MENSUEL DE L’ECONOMIE 39 en situation de précarité malgré la solidarité supposée qui se manifeste quelquefois par des contributions financières avancées sous forme de prêt, connues sous le nom de « tontines », notamment.

Une vaste arnaque

L’économiste K. Abdallah explique que ces tontines ne seraient en réalité qu’une vaste arnaque, un piège. Lorsqu’un proche se marie en 2012 et que vous lui apportez une contribution de 50 000fc dans le cadre d’une tontine, vous l’aidez en effet. Mais lorsque ce même proche vous reverse la même somme dix ans après lors de votre mariage, votre argent, vos supposées économies auront perdu beaucoup de leur valeur sous l’effet de l’inflation. C’est là un premier goulot d’étranglement.

Se pose ensuite le problème des montants engagés (20 000 à 30 000 euros) qui repré- sentent une autre source d’appauvrissement. Paradoxalement, plus on est pauvre plus on dépense pour le Anda. Un comportement qu’on peut facilement observer surtout auprès des cols-bleus comoriens de la Diaspora. A l’évidence, ces derniers ont contribué à faire monter le coût du grand mariage de manière exponentielle.

Pourtant, on aurait pu s’attendre à ce que des personnes résidant en Europe soient plus sensibilisées à la crise économique et à la valeur de l’argent gagné à la sueur du front, y introduisent un peu de rationalité. Au contraire, elles en multiplient les dé- penses au risque de se créer des difficultés insurmontables à leur retour en Europe (loyers impayés, difficultés avec les enfants …)

Rares sont ceux qui résistent à la tentation de donner à voir « leur réussite supposée » par la distribution de sommes de plus en plus élevées. Un Comorien de France explique cette attitude : C’est «le m’as-tu vu ? Cette attitude a toujours accompagné chaque action coutumière. Je ne connais personne qui peut concevoir et réaliser un acte coutumier dans la discrétion et la sobriété mais toujours dans l’ostentation».

Cette coutume pousserait à privilégier toujours le spectacle, voire la caricature au dé- triment de la réalité des êtres, elle conduit les gens à jouer juste des rôles. « L’homme de Grande-Comore est fier et arrogant. Relégué au simple rôle de travailleur anonyme et invisible en Europe, il ne supporte pas cette situation. Il vient corriger cette injustice inacceptable à coups de milliers d’euros au village », relève l’économiste cité.

Malgré le séjour à l’étranger, l’ADN social ne change pas. Le corollaire indirect de ce comportement est que 8 adolescents sur 10 à Ngazidja n’ont d’autre projet de vie que de se rendre en France par tous les moyens et par tous les passeurs possibles pour y collecter ce qui apparait, à leurs yeux, comme de l’argent facile.

La manne de la diaspora va tarir

C’est ainsi que, telle une bulle qui s’enfle tous les jours, le Anda évolue en dehors de tout contrôle. Sans emprise légale ni administrative. Tout se passe comme si ce phénomène est déconnecté des exigences de la vie économique moderne et de la ré- alité des choses. Pourtant, on n’a pas besoin d’être un grand clerc pour comprendre qu’au rythme actuel, il n’est pas soutenable en tant que coutume populaire et démocratique dans le sens où chacun peut avoir l’honneur de le réaliser dans la joie comme ce fut toujours le cas depuis des siècles.
Le risque existe qu’il devienne une affaire exclusivement réservée à une sorte d’élite économique d’autant que d’ici à quelques années, la manne de la diaspora risque de tarir. Comme on sait, la deuxième et la troisième génération ne se sentent pas tenues d’honorer des obligations coutumières de leurs ascendants, « au bled ». La fierté de porter l’écharpe deviendrait alors un objectif inatteignable pour beaucoup de familles. Rien que pour cela, la réadaptation de la coutume dans le sens de réduire les montants exigés et de le mettre en adéquation avec les ressources effectives des individus, devient un impératif.
Il y a donc urgence pour une réflexion participative sur cette coutume et de coordonnées les idées éparses exprimées ici et là.

Que faire, alors ?

La réforme à mener pourrait être à la fois fiscale, économique et culturelle.

On pourrait imaginer la création par l’Etat d’une fiscalité adaptée au Anda dans la loi des finances de chaque année. Pajaya, Djossa Mindu, Yipa mkono seraient taxés par rapport à leurs valeurs réelles. L’argent versé dans les différentes activités publiques (Twarab, Ukumbi, Biskuti, Majiliss, Sigreti) pourrait être imposé à hauteur des sommes recueillies. En outre, pourquoi ne taxerait-on pas les grandes maisons construites spécialement pour le grand mariage ? Le anda deviendrait ainsi une source consé- quente du budget de l’Etat en même temps qu’on en limiterait la surenchère.

Par ailleurs, il n’est pas impossible de se servir de la force du anda pour développer des entreprises locales qui favoriseraient la formation professionnelle pour éviter la sortie de devise vers Dubaï ou la Chine: atelier de menuiserie, petite usine de fabrication des matériaux de construction (tuiles pour les toitures, carrelage ) ; bijouteries pour ré- aliser sur places les parures nécessaires….. On pourrait imaginer un système qui ferait du Anda une sorte de produit de tourisme culturel, qui attirerait plusieurs étrangers souhaitant découvrir notre art de vivre.

Mais tout cela ne se ferait pas automatiquement. Pour que ces idées deviennent réalité, il faudrait une volonté politique. En d’autres termes, l’avenir du anda dépendra de la vision des autorités publiques. Elles devraient avoir le courage de questionner cette coutume, de tenter de la dompter et courir le risque de heurter quelques notables désireux de maintenir le statu quo

Par Said Ahmed - Article publié dans le mensuel de l'Economie de mai 2017
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