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MAYOTTE
À nos frères mahorais,

L'actualité politique récente, en rapport avec le visa Balladur, a suscité un émoi important au niveau des peuples de l'archipel des Comores, et réveillé des haines et un ostracisme inquiétants à Mayotte.

La manifestation de Mamoudzou du 25 septembre 2017, les prises de position des élus et des personnalités du monde politique de Mayotte, les menaces et les anathèmes qui fleurissent dans les rues et les villages, nous semblent peu fondés, au regard des intérêts bien compris des Mahorais.

Nous ne nous permettrons pas de questionner votre choix de rester Français, mais aujourd'hui que Mayotte est érigée en département français, nous ne comprenons pas que vous ayez encore si peur pour votre avenir.

Il est temps que vous réappreniez à vivre au sein de votre environnement, car bien que vous soyez Français, vous ne pouvez qu'être que de l'Océan Indien, du Canal de Mozambique, et qu'une île de l'archipel des Comores.

Le visa Balladur est aujourd'hui une procédure inutile et trop coûteuse : C'était un symbole consenti par la France pour rassurer les élus mahorais mais jamais une panacée  sur la question très sensible de l'émigration.

Tout au contraire, la difficulté d'obtention de ce visa a poussé les gens à la clandestinité des kwasa-kwasa, et les a incité à se fixer à Mayotte, au lieu d'opter pour des aller et retour, par Kwasa au péril de leur vie.

L'existence de ce visa, en plus de coûter la vie à des milliers d'Anjouanais, a ainsi créé des habitants en marge de la légalité, dont la chasse et la reconduite aux frontières sont devenus un véritable tonneau des Danaïdes pour le trésor  français : ces fonds seraient certainement mieux utilisés dans une coopération régionale, à gagnant-gagnant.

Quand vous criez à l'invasion de Mayotte par les « hordes anjouanaises », permettez-nous chers frères et sœurs mahorais de vous rafraîchir la mémoire sur une réalité historique et sociale, que vous vous plaisez à oublier trop facilement :

1.             Jusqu'aux années 80, le sens de l'émigration était  dirigé vers les autres îles, à savoir Anjouan et Komor (Ngazidja) où les jeunes et moins jeunes Mahorais allaient y chercher des soins, des écoles ou même du travail. « selon la loi immuable de l'émigration pour la recherche de la satisfaction des besoins de base ».

2.             Vous n'avez pas toujours chassé les Anjouanais, n'oubliez pas que c'est justement le départ des fonctionnaires anjouanais de Mayotte, à cause du déplacement de la capitale de Dzaoudzi à Moroni, qui a été le catalyseur de la colère séparatiste mahoraise.

3.             De plus, vous vous évertuez à oublier aussi que ce sont les travailleurs anjouanais qui ont bâti de leurs mains et grâce à leurs compétences, les maisons dans lesquelles vous vous prélassez ou que vous avez mises en location, construit vos routes et toutes les grandes infrastructures de Mayotte et qui font encore fructifier votre agriculture et votre pêche.

4.             Mayotte a toujours été une terre d'immigration : immigrations sakalavas notamment avec les  quelques compagnons d'Andriantsoly et immigrations anjouanaises de tout temps. (En 1841, Mayotte comptait environ 3000 âmes, dont environ 1/3 était constitué d'africains de la côte orientale africaine, venus sous contrat pour les plantations coloniales). Alors d'où et venue la population actuelle de Mayotte ?


5.             Vos leaders historiques sont pour la plupart d'origine anjouanaise (Bamana, Bweni Zaina Mdere, Bweni Mtiti, Zoubert Adinane...), si nous mettons de côté ceux d'origine de l'île malgache de Sainte Marie comme Marcel, Martial Henry etc. et beaucoup de villes ou gros villages sont en majorité peuplés « d'Anjouanais », même la fière Sada est une ville avant tout « anjouanaise », contrairement à ce qu'on peut penser.

6.             Vous voulez chasser les Anjouanais, mais vous oubliez que les Mahorais sont en majorité  des citoyens qui ont un père, une mère, un grand-père ou une grand-mère d'origine anjouanaise. Hormis ceux-là il ne resterait que peu de Mahorais à Mayotte, sauf peut-être ceux d'ascendance malgache et encore.  Les 1èrs à prendre le bateau du retour, dans ce cas, seraient vos élus actuels.

Il s'agit bien sûr d'une boutade, mais comprenez-nous bien : vous avez choisi la France pour ses valeurs humaines de justice, de solidarité et d'égalité  et  ne pouvez pas revendiquer votre Francité tout en faisant fi des valeurs qui font la grandeur de la France.

Même un émigré a des droits humains : il doit être soigné et avoir une vie décente, un enfant de moins de seize ans quelle que soit son origine, a droit à une scolarité et à une vie décente etc. etc.

Vous ne pouvez crier à l'invasion de vos écoles et de vos hôpitaux et bafouer la loi de la France, tout en fermant les yeux sur les vraies solutions pour juguler une émigration incontrôlée.

Pour une fois que nous avons la chance d'avoir un président, Mr. Macron, qui a la lucidité et l'intelligence de la compréhension nécessaire des questions fondamentales ainsi que le courage de vouloir faire ce qu'il a dit, nous ne devons pas nous tromper de combat.

Le visa Balladur est un combat d'arrière-garde, la véritable question est celle-ci : comment œuvrer pour que chaque population se fixe sur son sol et que les échanges se fassent de façon contrôlée dans l'intérêt de chaque partie ?

La solution réside dans une véritable coopération régionale et non une coopération dévoyée ou détournée : et pourtant vous avez lancé des cris d’orfraie quand le candidat Macron a à juste titre parlé d'une vraie coopération régionale.

Si le paysan ou le pêcheur anjouanais arrivent à produire chez lui et vendre sa production pour faire vivre sa famille, si l'Anjouanais peut se faire soigner dans son île, pourquoi viendrait-il se faire insulter, humilier ou bastonner à Mayotte ?

Il ne viendrait à Mayotte que pour vendre, acheter, visiter la famille ou Mayotte, dans l'intérêt des uns et des autres.

Encore une fois, le visa Balladur a tué, mais n'a jamais et ne pourra jamais ni arrêter ni tarir les flots de l'émigration.

Alors chers frères et sœurs, apprenez à vivre avec le monde actuel, pour que cette partie de l'Océan Indien et du Canal de Mozambique puisse affronter en bonne intelligence les défis du développement et du vivre ensemble dans la paix et la fraternité.

La vocation de la France de Mr. Macron, est de se hisser à la hauteur de la France éternelle des droits de l'homme et des libertés dans une zone soumise elle aussi, à la menace des forces internationales de régression.

Vive l’union des États des Comores et la souveraineté reconnue a chaque île  !

La voix des Anjouanais en colère,
Anli Yachourtu JAFFAR
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