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Le député LREM des quartiers Nord réclame une refonte totale du système d'aide aux plus défavorisés

Pourquoi cette prise de position, et pourquoi maintenant ?

Saïd Ahamada : Je réagis à la tribune publiée le 6 août dans le JDD cosignée par des maires qui dénoncent la baisse des crédits accordés aux quartiers prioritaires. Tout d'abord, il convient de rappeler que le gouvernement ne baisse pas les crédits de 80 millions d'euros, mais qu'il reporte le financement de projets de réhabilitation qui n'ont pas encore commencé ou qui ont pris du retard, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.

Mais le fond du débat est ailleurs et le véritable courage, à mon sens, est de supprimer purement et simplement la politique de la ville, sans en supprimer les crédits.

Saïd Ahamada : J'ai vu, avec les habitants des quartiers Nord de Marseille, notre quotidien et la situation générale empirer malgré les sommes engagées au titre de la politique de la ville. Des milliards d'euros d'investissements ont été déversés depuis le début des années 1980 sans que les résultats soient au rendez-vous. Je ne doute pas de la bonne foi de ceux qui ont mis en place ce système, mais la méthode n'est donc clairement pas la bonne. Ayons le courage de l'admettre.

À Marseille, la rénovation urbaine financée par la politique de la ville a tout de même permis de réhabiliter de nombreuses cités...

Saïd Ahamada : En effet, il y a eu de la rénovation de l'habitat... Mais en termes de mixité sociale, c'est un échec total. Et les quartiers défavorisés comptent toujours trois fois plus de chômeurs. Le résultat est catastrophique. J'ai pu constater de visu certains effets pervers de cette politique qui, en définitive, tente d'acheter la paix sociale en mettant les moyens là où il y a du grabuge, et les supprime quand il n'y a plus de problèmes. Au lieu d'aider et récompenser les structures qui se montrent efficaces, on leur retire les moyens dès qu'elles réussissent. Et je ne parle même pas des coûts de fonctionnement de la superstructure.

Vous dites même que vous êtes opposé au principe même de politique de la ville...

Saïd Ahamada : La France est une et indivisible, ce qui signifie que les droits doivent être les mêmes pour tous, partout sur le territoire. Or, la politique de la ville, en ciblant certains quartiers, divise et sectorise. Elle aboutit à ce que les Français n'aient pas les mêmes droits selon l'endroit où ils habitent.

De plus, les territoires dits prioritaires sont stigmatisés. Cela entraîne des concurrences, notamment avec les territoires ruraux, qui eux, ne sont pas prioritaires. À l'inverse, les autres ministères ne se sentent pas concernés par des quartiers qui relèvent de la politique de la ville ! Ces territoires sont mis dans une bulle par cette sectorisation qui, malgré les bonnes intentions, ne fait qu'entretenir la ghettoïsation là où il faut au contraire désenclaver les territoires et les esprits.

Que proposez-vous pour réduire les inégalités ?

Saïd Ahamada : Je plaide pour une politique globale de droit commun à l'échelle nationale, qui consacrera plus de moyens aux personnes qui en ont besoin, jusqu'à ce que les difficultés soient résorbées. Il faut conserver les crédits, mais concentrer les aides sur les personnes, pas sur tel ou tel territoire. Car il n'y a pas les quartiers d'un côté et le reste du pays de l'autre, ou les quartiers Nord de Marseille versus les quartiers Sud. Il y a une France, à laquelle nous appartenons toutes et tous.

En tant que député des quartiers Nord, avez-vous conscience de briser un tabou ?

Saïd Ahamada : Mon devoir est de secouer le cocotier ! C'est une position que je porte à titre personnel et que je défendrai avec quelques-uns au sein du groupe En Marche à partir de septembre, lors des débats sur la loi de finances. Plus globalement, la politique du rabot pour faire des économies ne tiendra pas longtemps. Réduire les dépenses ne suffit pas. Il nous faut une évaluation des politiques publiques et imaginer des réformes structurelles. Il nous faut être plus clairs sur les réformes dont a besoin le pays.
Sophie Manelli - la Provence
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