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© www.habarizacomores.com (Habari Za Comores)-
D’aucun ne peut ignorer que le retour du colonel Azali aux affaires a un seul but : mettre un terme à la Tournante. Qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’il y ait Assises Nationales ou pas, la fin de la Tournante a sonné. Il a tiré lui-même, le premier le bilan, et il a compris qu’il ne pouvait léguer aux générations futures un système qui n’est ni démocratique, ni porteur d’avenir.

Ce ne sont pas les arguments contre le système qui manquent. Dans un système d’Union, chaque membre contribue à son fonctionnement, en y apportant une quote-part de ses recettes. Or, depuis la signature du décret par Sambi fixant les quotes-parts que chaque partie doit recevoir des recettes de l’Union, la nature de la république a changé pour devenir un état unitaire décentralisé. Ce modèle imposé par les faits, ressemble au modèle français avec ses régions et ses collectivités, loin de l’Allemagne ou des Etats Unis dont nous sous sommes inspirés. 

Il faudra que les défenseurs de cette Tournante, commence par défendre, l’autonomie effective des îles, en exigeant les contributions de chacune d’elles au budget de l’Union ainsi que sa propre fonction publique comme le prévoit l’article 13 de la constitution. 

Pour les initiateurs des Assises, ils avaient cru qu’il serait temps de faire un bilan des 42 années d’indépendance en comparant les gestions des générations passées à celles des présentes, mais encore une fois ils ont pêché par négligence.
Ma grande crainte ne repose pas sur la kermesse promise, mais ce qui pourrait se cacher sur cette initiative comme un cheval de Troie. Je serai favorable à un report de la date, le temps d’une mise à l’épreuve réelle des dispositions constitutionnelles consensuelles de 2001. Souvent, nous nous laissons emporter par des faits de mode comme les conférences nationales oubliant la réalité qui s’impose à nous.

Si des modifications constitutionnelles, avec toutes les garanties possibles que le président Azali ne veut pas s’éterniser au pouvoir, se fait sans un consensus, le pays pourrait se retrouver avec une surprise plus grande que celle de Mayotte, au lendemain de l’indépendance.

Nous sommes en guerre, et je n’ai pas peur des mots. Depuis 42 ans, nous courrons derrière l’Unité nationale pendant que l’ancien colonisateur court derrière son implosion. C’est ainsi que nous sommes partis d’un Etat comorien 1975-1978, à un état fédéral 1978-2002 et enfin à une Union des Comores depuis 2002, pour finir en quoi ? Il y a de quoi à faire réfléchir.

Personne ne doit oublier que derrière la question mahoraise, se cache le problème du pétrole, mais aussi et surtout un orgueil colonial qui relève de notre admission à l’ONU, sans le parrainage de Paris, le discours du 12 novembre 1975 en comorien traduit en Anglais au lieu du français, l’erreur tactique de l’Ambassadeur de France à l’ONU, Louis De Guiringo qui n’a pas opposé son droit de veto, pour empêcher l’admission des Comores en tant qu’entité comorienne des quatre îles, la descente sur le tarmac de l’aéroport de Dar Es Salam de la population tanzanienne, pour empêcher la visite du ministre français des Affaires étrangères dans leur pays, au lendemain du droit de veto français au vote de la résolution présentée au Conseil de sécurité, pour condamner l’organisation du referendum de Mayotte en février 1976. 

Pour les services français, c’est la communauté comorienne de ce pays qui est l’auteur de cette mésaventure qui fut une première en Afrique. Pour toutes ces raisons, les Comores continuent à payer au prix le plus fort. 

Je suis persuadé qu’une mise à l’épreuve des dirigeants des îles, aux dispositions réelles de la constitution de 2001, devait nous ramener à renoncer de manière consensuelle, ce texte abject, et éviter des manœuvres sordides qui pourraient nous surprendre. Cette période probatoire ne dépasserait pas les deux ans, où les îles bénéficieront de la vraie autonomie, avec toutes leurs ressources, la quote-part de l’Union déduite, et sa propre fonction publique, l’Union ne gardant que ses effectifs. En mathématiques, cela s’appelle une démonstration par l’absurde, mais en philosophie politique, c’est une mise à l’épreuve.

Ma crainte se base sur l’expériance de 1999. Avant la conférence d’Antanarivo, le représentant du PNUD, nous a dit en délégation, que quelle que soit l’issue de la conférence, Ngazidja payera l’addition. Bizarrement, lors de cet entretien, il a posé 3 questions qui n’étaient pas anodines. Comment Ngazidja se préparait pour la conférence ? Quelle serait le programme économique de Ngazidja si par hasard, on aboutit à des iles-états indépendants ? Quelle serait la ligne diplomatique d’une Ngazidja indépendante ?

Idarousse qui répondait à la dernière question dans une improvisation totale, cette question n’ayant jamais fait l’objet de discussions a dit : « si les îles devaient être indépendantes, pour rendre un retour irrémédiable, Ngazidja quittera la zone « franc » pour reprendre l’ancienne monnaie des Comores le riyal, le français ne sera plus la langue de l’enseignement, mais comme langue étrangère etc. ».

Dès le lendemain, l’Ambassadeur de France à Moroni a tenté de nous rencontrer, en voyant des émissaires comme Hachim Said Hassane, Mouzaoir Abdallah, Ali Mroudjaé sans succès. Rocard en personne, revenu aux Comores, a demandé au ministre des affaires étrangères de lui arranger un rendez-vous sans succès. Il n’y avait pas de hasard et je serais tenté de parier que faute de connaitre ce qui se cachait derrière cette phrase, le report de l’implosion du pays s’est imposé.

Qu’en serait-il aujourd’hui si derrières ces Assises, la forme noire comme dirait Dr Ahamada Hamadi, se cachait pour donner le coup fatal ?
Cette rencontre avec Carvalo continue à hanter mes nuits à chaque fois que des initiatives non maitrisables se profilent. J’ai trouvé incroyable, alors que l’Union Africaine et la classe politique, préparaient la conférence d’Antanarivo, que le Secrétaire Général des Nations Unies n’a trouvé de mieux que dépêcher l’Ambassadeur des Comores, Mahamoud Aboudou, pour organiser cette rencontre afin de s’imprégner probablement des conséquences de ce qui se tramait derrière notre dos. 

Je n’ignore pas que le colonel Président Azali est un homme très intelligent, mais, par expérience je sais que sa naïveté lui joue parfois des tours. Il ne pourra pas enfoncer le pays dans une crise inutile alors que le temps lui donne raison et que ses objectifs pourraient être obtenus sans casse.

Paris le 28 Août 2017
Mohamed Chanfiou Mohamed
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