L’argent public ou le nerf de la guerre

L’argent public ou le nerf de la guerre

Quand M. le gouverneur de Mwali lâcha sa fameuse formule « wahidaloi/alloi » pour dire qu’il s’est rallié à M. le Président de l’Union dans le cadre des assises nationales, le caractère pittoresque et populiste de sa déclaration amuse les uns, et engendre des malentendus chez d’autres. En fait, ses propos cachent à peine, le malaise qui persiste entre l’Union et les îles, à propos des recettes communes à partager, conformément à la loi des finances.
Photo d'archives: Le gouverneur Fazul et le président Azali

Les gouverneurs vivent mal comme leurs prédécesseurs des années 1980, la centralisation des moyens de gouvernement qui leur prive des moyens de fonctionnement. Comme avec la RFIC, l’autonomie n’a plus de sens, puisque les gouverneurs sont amenés à quémander des subsides de fonctionnement et des fonds spéciaux qui n’arrivent jamais. En fait, c’est parce que l’argent public est mal géré, que les institutions dysfonctionnement, et que la crise de confiance perdure dans les relations entre l’Union et les îles.

Si les transferts financiers pour gérer les affaires locales sont un droit imprescriptible, les compétences transférées aux îles autonomes dans le cadre de la décentralisation, devraient répondre aux attentes de la décentralisation fiscale.

Cette question doit retenir toute l’attention des organisateurs des prochaines assises, où il ne s’agira pas de « wahidaloi/alloi » comme pour constater la communion spirituelle des musulmans réunis dans la prière. Il s’agit de la mise aux normes de la gouvernance financière de notre pays, car avant de partager, il importe de s’assurer de la bonne exécution du budget, en recettes et en dépenses. Donc, ce n’est pas un simple contrôle centralisé de l’argent public pour conserver les rênes du pouvoir. L’Etat a le droit de connaître la situation de toutes les recettes perçues, y compris les recettes propres des îles, pourvu que l’utilisation soit transparente et fiable afin de rétablir la confiance entre les institutions.

Or, le système de Compte Unique de Transition (CUT) mis en place en 2006 et géré par la Banque Centrale, a subi les affres de la centralisation des moyens de gouvernement, et ne fonctionne pas. Il est question de le relancer, tant mieux.

Il n’est pas excessif de dire que notre pays n’a pas de système établi pour surveiller les finances publiques, pour vérifier les recettes perçues, et contrôler les dépenses effectuées. Le système de contrôle parlementaire du budget par les élus, et du contrôle juridictionnel par la Cour suprême, est encore en état de balbutiement. Lorsque les élus tentent de contrôler par la loi de règlement, l’exécution du budget précédent avant de voter le nouveau budget, ils se rendent compte que les mécanismes de surveillance font défaut, et qu’on peut leur raconter n’importe quoi. 

Il faudrait ajouter l’affaiblissement de l’Assemblée qui n’assume pas sa mission de contrôle de l’action du gouvernement, en dehors des questions/réponses qui manquent de suivi; l’absence de techniques de surveillance, combinée aux faibles moyens mis à sa disposition, et au système présidentialiste qui agite le spectre de la dissolution de l’assemblée sans la contrepartie de censure du gouvernement par les députés, et la boucle est bouclée.

Tout membre de l’Assemblée sait comment le gouvernement fait le forcing pour arracher le vote du budget à la dernière minute, sans que les élus aient le temps de l’examiner au fond.
Il faudrait tout de même saluer les efforts accomplis pour payer les salaires à la fin du mois, sans le secours des subventions budgétaires venues d’ailleurs. Cet effort se doit d’être soutenu ; il est donc important de confirmer davantage la volonté politique, d’en finir avec les déficits budgétaires engendrés par les recrutements clientélistes et électoralistes, ainsi que la validation à postériori des dépenses extrabudgétaires. 

Si notre jeunesse formée est qualifiée pour occuper des fonctions administratives rémunérées, pourquoi maintenir en poste, des agents arrivés en âge de retraite ? Pourquoi payer des salaires à des personnes qui ne travaillent pas, alors qu’elles ne sont pas aptes à occuper des fonctions administratives, quand ceux qui peuvent le faire, restent au chômage ? Pourquoi rémunérer des services non faits, en recrutant des gens qui ne sont pas affectées ? Tout cela fait le bonheur des réseaux qui bloquent l’action publique en matière d’assainissement des finances.

DJABIR Abdou
Ex-député, ex-commissaire aux finances
Nom

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