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© www.habarizacomores.com (Habari Za Comores)-
Je brise mon silence avec un sentiment d’amertume et de colère comme beaucoup d’autres compatriotes qui s’expriment à travers la toile. Je fis parmi ceux et celles qui avaient soutenu l’alliance JUWA-CRC grâce à laquelle, Azaly est arrivé au pouvoir pour la seconde fois. Nous avions naïvement cru que l’homme aurait tiré des enseignements de son premier passage, mais force est de constater amèrement qu’il est reste égal à lui-même
Le Président Azaly s’apprête lentement et sûrement à convoquer dans les prochaines semaines, des assises nationales qui auraient pour points de discussion : le bilan des 42 années d’Indépendance ainsi que celui de la Tournante.

D’emblée, je pense qu'il faut réfuter l'idée de s'asseoir autour d’une table à l’intérieur comme à l’extérieur du pays pour dresser le bilan des 42 années d'Indépendance. C'est de la foutaise ! On n’a ni le temps matériel encore moins l'expertise nécessaires pour qu'en quelques jours nous puissions brosser un bilan exhaustif, inclusif objectif et honnête sur tous les plans qui concernent l’Archipel. Nous ne disposions pas assez d'archives exploitables et bon nombre d'acteurs clés de la vie politique à travers de ces différents épisodes politiques ne sont plus de ce monde et une moindre proportion ne s’y intéresse plus pour diverses raisons. 
Par ailleurs, je suis persuadé que C'est possible de le faire mais cela supposerait l'institution de groupes de compétences diverses qui s'investissent dans un exercice de longue haleine pour recueillir et analyser toutes les informations pertinentes sur la base d'un travail de terrain, de proximité, de contact avec la population à travers plusieurs techniques dont les interviews des aînés, d'anciens fonctionnaires et responsables, bref c'est tout un travail d'évaluation multisectorielle qui doit également intégrer l’évaluation de l'externalisation de l'image des Comores et de son impact au niveau bilatéral( Pays Amis), multilatéral, de sa diaspora etc..... Pour y parvenir, des ressources conséquentes devraient y être allouées et un plan de travail cohérent aux objectifs clairs doit être conçu, reprenant tout le processus et les résultats attendus. C'est un travail titanesque qui n’a pas sa place dans ces assises si ce n'est de s'entendre sur un chronogramme pour le faire et se revoir dans 5 ans pour en parler et restituer les résultats.

La constitution de 2001 fut déjà l’une des conséquences de la mauvaise gouvernance politique post Indépendance. Sans doute, est-elle l’aboutissement d’âpres et laborieuses négociations depuis 1997 avec son apothéose en 2001. Elles ont débouché sur l’accord cadre du 17 février 2011 ; émanation d’un consensus national, garant de ladite constitution notamment dans son esprit de rééquilibrage économique, politique et institutionnel entre les Iles et l’Union. La tournante est l’une des dispositions garde-fou de ce rééquilibrage recherché. Hélas, nous n’y sommes pas parvenus. Ceci, non pas à cause de la tournante en elle-même, qui aura eu au moins le mérite de maintenir une relative stabilité et permettre des alternances démocratiques apaisées, mais parce que tout ce que devait être pris comme mesures d’accompagnement ou lois pour la consolidation des acquis et le renforcement des autonomies des Iles n’ont pas été effectifs en réalité.

De fil en aiguille, un autre cycle vient de commencer avec la Grande-Comores : son évaluation ne peut être réalisée qu’à l’issue du tour de Moheli. A cet égard, la remise en cause éventuelle de la constitution de 2001 dans ses fondements, à ce stade serait non fondée et non objective car elle n’a pas été appuyée par les dispositions et actions spécifiques qui devaient soutenir l’autonomie des Iles, objectif de ladite loi fondamentale. Une politique volontariste de renforcement des autonomies des Iles de la part des différents dirigeants, a failli. Pour l'heure, le bilan qui vaille est celui de répondre à la question : comment devons-nous renforcer l’autonomie des Iles tout en veillant à la préservation de l’unité nationale dans le respect de la tournante et de l’esprit de l’accord cadre du 17 février 2001.

A la lumière de ce premier cycle de 15 ans révolus, riches en enseignements de tous genres, avec cette chance inouïe d'avoir encore presque l'ensemble des acteurs politiques et dont l'exercice peut s'avérer facile avec l'observance fraiche et vivace des indicateurs socio-économiques et politiques des différentes interventions de développement et autres actions prises en faveur du peuple comorien par les responsables et gouvernements qui s’y sont succédé, nous devons dégager des pistes d’évolution pour avancer et non revenir à des modèles institutionnels déjà négativement expérimentés et qui ont lamentablement échoué.



Enfin, si Assises auront, elles doivent revêtir le format de représentativité insulaire dans le respect des sensibilités politiques existantes.

Ce n'est pas un secret de polichinelle qu’Azaly veuille se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible tel est l'objectif qu'il compte poursuivre avec ces assises. L'éviction récente de Juwa de l’alliance ayant conduit Azaly au pouvoir, la multiplication des manœuvres délétères et trompeuses pour duper et diviser les comoriens notamment les anjouanais en sont édifiantes. Les motivations inavouées de sa quête à tout prix à se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible restent vénales. Cette soif inassouvie et démesurée de s’éterniser au pouvoir est exacerbée par les enjeux financiers qui pourraient être générés par les ressources minières et énergétiques prétendues des Comores et qui commencent à donner des indications de véracité. 

Si aucune résistance pacifique ne lui est opposée, un désastre social et une sècheresse économique nous guettent à l’horizon ; si par crainte de représailles ou autre moyen de pression, nous laissons le temps au régime actuel de continuer au-delà de 2021 ; au pire des cas, nous assisterons passivement à une désintégration de l’Archipel. Une année d’exercice aura suffi pour nous rendre compte que l’homme arrivé au pouvoir grâce à Juwa ne voudrait point se faire violence pour changer sa façon d’être à l’égard de ses compatriotes et son mode de gestion de la chose publique . 

Le naturel étant revenu au galop, les mêmes méthodes claniques de gestion sont reproduites in extenso avec pour corollaires : corruption, népotisme, clientélisme politique, préférence villageoise, j’en passe et des meilleures. L’émergence qui pourtant au cours de la dernière décennie, est un concept à la mode dans les pays en voie de développement, reste malheureusement pour l’Archipel, un vain mot qui n’aura jamais une traduction concrète avec le tenant actuel du pouvoir. C’est un leurre ! Ce qui lui importe plus dans une moindre dimension, c’est le bien-être de Ngazidja mais surtout et essentiellement dans une large mesure, celui de son village. Une posture inconfortable qui démontre l’absence d’esprit nationaliste et d’ambition de l’homme d’Etat à l’instar de ceux connus et appris à travers l’histoire politique d’autres pays d’Europe et pourquoi pas d’Afrique. Plutôt que de travailler ardemment pour le développement durable de son pays, au contraire, il préfère que l’histoire retienne de lui, la mise en place d’un système d’allégeance offrant plus d’opportunités d’emplois aux ressortissants de son village, au mépris de l’intérêt national. 

L’actualité brûlante alimentant toutes conversations sur cette sorte de chronique d’une mort annoncée de la compagnie aérienne Int’AirIles après celle d’AB Aviation, savamment orchestrée par son ami et complice Directeur de l’ANACM, constitue encore une fois la preuve irréfutable, que le mandat Azali 2016-2021 s’inscrit résolument dans un format de pique-nique géant avec comme leitmotiv : la distribution des privilèges aux amis et aux proches, la création d’un environnement propice à la corruption et autres malversations financières, la stratégie pour s’accaparer des ressources énergétiques, bref un modèle de gestion du pouvoir aux antipodes de la bonne gouvernance économique, sociale et politique.

Pour toutes ces raisons sus mentionnées, les parties Anjouanaise, mohelienne et tous les démocrates de la Grande Comores (hommes et femmes) doivent s’unir pour dire NON à tout acte de nature à enclencher une révision constitutionnelle visant à saper l’unité nationale encore fragile remettant ainsi en cause la présidence tournante et de l’esprit des Accord de Fomboni de 17 février 2001. 

Un rappel doit être fait à la Communauté Internationale qui avait jugé contreproductive, anti constitutionnelle, la candidature de Sambi dans le cadre des primaires de la Grande Comores de nature à saper l’esprit dudit accord et notamment de la tournante garantie par la constitution. De toute évidence, avec cette initiative, Azaly devrait aussi être dans le collimateur de ladite Communauté Internationale en général et de l’Union Africaine en particulier.
Chers compatriotes de l’intérieur et ceux de la diaspora, unissons nos voix, levons-nous comme un seul homme pour faire échec à cette tentative de révision constitutionnelle qui entrerait en conflit avec les aspirations profondes du peuple comorien. 

J’ose espérer que les sons de cloches retentis un peu partout s’opposant non à l’idée des assises mais à l’objectif inavoué poursuivi par ceux qui tiennent les rênes du pouvoir ,feront un écho sonore auprès du président et de son équipe afin de mettre au premier plan l’intérêt national au détriment d’une éventuelle révision constitutionnelle qui mettrait le pays dans une situation intenable.

Betou, RoC, le 28/07/2017
Elhad Zoubert
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