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Avant d’analyser la décision lourde de conséquences de rupture des relations diplomatiques Comores-Qatar, il convient d’abord de poser un repère, devenu presque une maxime partout dans le monde en matière de diplomatie qui est « l’art de savoir se taire quand on a quelque chose à dire et de savoir parler pour ne rien dire ». Tout est question de graduation et de dosage des propos diplomatiques, afin de préserver les intérêts supérieurs d’une Nation et d’un peuple. Ainsi, les élus de la Nation, vivante incarnation de l’expression du suffrage du peuple, la classe politique et les principaux acteurs de la société civile doivent être concertés pour mieux décider en harmonie.

De ce fait, les hommes politiques considèrent que, face à une crise, l’action diplomatique doit être graduée, à commencer par le dialogue, suivi ensuite de la réduction du personnel diplomatique, pour après s’orienter vers le rappel de l’Ambassadeur et pour enfin aboutir à la rupture des relations diplomatiques, dernière étape d’un conflit avec plusieurs belligérants. En rendant précipitamment officielle la rupture des relations diplomatiques Comores-Qatar, le Président Azali Assoumani a agi seul avec son pouvoir minoritaire de 41% qui brandit une décision condamnable de sape des intérêts du peuple comorien.
Géopolitique et géostratégie entremêlées nous imposent, nous hommes politiques comoriens de tous bords, à porter un regard sans fatalisme sur l’histoire contemporaine du monde, en pleine tourmente, car l’extrémisme et la violence découlent de trois facteurs négatifs détaillés ci-après, pour cerner les évolutions et implications des crises diplomatiques des temps modernes : Premièrement, il s’agit de la guerre des six jours, déclenchée le 7 juin 1967 par Israël qui poursuit avec force son plan d’occupation intégrale de Jérusalem et des territoires palestiniens, au- delà de l’espace conquis à l’issue de la guerre israélo-arabe de 1948-1949. 

Des puissantes forces israéliennes mènent par tous les moyens une lutte acharnée contre les Accords d’Oslo du 9 septembre 1993 conclus par Yasser Arafat et Yitzhak Rabbin sous la supervision du Président américain Bill Clinton. Et aujourd’hui, « les demandes de permis de construire des Palestiniens sont rejetées dans 99% des cas », selon le Bureau des Nations Unies chargé de la Coordination humanitaire. Plusieurs habitations des Palestiniens sont démolies et « l’Union Européenne assiste les populations évincées et accuse Israël de violer le droit humanitaire international, en organisant le transfert forcé de leurs occupants ».

Deuxièmement, on peut parler de l’engrenage terroriste qui a été lancé, le 11 septembre 2001, aux Etats-Unis d’Amérique par le Saoudien Ben Laden et son groupe Al-Qaida. Les groupes dits « salafistes-wahhabites » – dont les attaques ont débuté avec le 11 septembre 2001 à New York – ont frappé depuis plusieurs capitales européennes, notamment Paris avec les sanglantes attaques de novembre 2015. Troisièmement, le monde a basculé à la suite de la mise à mort des Présidents Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi et de la destruction de leur pays respectif (l’Irak et la Libye) par la coalition des pays riches. Les Etats-Unis et les pays occidentaux ont désormais compris que leurs actes sont à la base de la radicalisation de l’idéologie des groupes terroristes comme l’organisation de l’Etat Islamique, Al-Qaida ou le front Al-Nosra qui sont soutenus par des alliés de l’Occident, mais aussi de l’Arabie saoudite. Le vice-Président américain Joe Biden avait déclaré de manière claire que «le principal problème en Syrie» provient des quantités massives d’argent et d’armes que les alliés régionaux des Etats-Unis fournissent à « quiconque prêt à se battre contre Assad ».

A l’époque où elle était Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton avait également déploré qu’« il ait toujours été extrêmement difficile de persuader les autorités saoudiennes d’accorder une priorité stratégique à la question du financement des groupes terroristes émanant d’Arabie saoudite ». En septembre 2015, elle est même allée plus loin : « Une grande partie de l’extrémisme à l’œuvre aujourd’hui dans le monde est le résultat direct de politiques et de financements mis en place par le gouvernement de Riyad et certains ressortissants saoudiens. Il serait stupide de notre part de ne pas le reconnaître ».

Quatrièmement, Les négociations nucléaires entre l’Iran et les P5+1 (c’est-à-dire Etats-Unis, Russie, Chine, Grande Bretagne, France, cinq pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU + l’Allemagne engagés dans ces pourparlers) ont abouti en 2015 à un Accord global, au-delà des désaccords plusieurs fois répétés entre la France et l’Iran. Mais après la conclusion de l’Accord, « j’ai demandé à mes amis et anciens collègues de l’équipe de négociateurs iraniens quel pays à leurs yeux avait joué le rôle le plus négatif au cours des pourparlers. Leur réponse fut unanime : la France » disait à l’époque le Président Hassan Rohani qui vient d’être réelu.

A plusieurs moments, la France s’est montrée plus intransigeante que les Etats-Unis. Mais cela n’a pas empêché, juste après la conclusion de l’Accord, le Ministre français des Affaires Etrangères de l’époque, Laurent Fabius, de se rendre aussitôt à Téhéran dans le but de placer son pays dans la meilleure position possible pour passer des accords commerciaux avec l’Iran. Il est constant et connu que « la France n’a pas d’amis, elle a des intérêts à défendre » pour paraphraser le Général de Gaulle.

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Après la conclusion de l’Accord nucléaire, l’Iran a été invité pour la première fois en octobre 2015, à participer aux pourparlers de paix sur la Syrie. Peu après, en novembre, les parties parvenaient à un premier accord sur la façon de résoudre la crise. Cela montre qu’une coopération renforcée entre l’Iran et l’Europe a débouché, en 2016, sur des avancées décisives dans la recherche de la paix en Syrie et dans d’autres conflits régionaux comme celui du Yémen.

Ainsi, le Président iranien Hassan Rohani est arrivé à Paris le 27 janvier 2016. Cette visite a marqué le début d’une nouvelle ère des relations politiques et économiques entre la France et l’Iran. Les conséquences d’un approfondissement de leurs liens se font sentir au Proche-Orient et en Europe. Comme à Rome, où le Président iranien a conclu pour 15 à 17 milliards d'euros de contrats, Rohani a signé d'importants contrats commerciaux à Paris avec des groupes industriels tels Peugeot et Renault dans l’automobile et avec l’avionneur européen Airbus qui porte sur 114 appareils pour renforcer la flotte aérienne de l’Iran. 

Et c’est malheureusement au cours de ce même mois, le 20 janvier 2016, qu’on influe auprès du Président comorien Ikililou Dhoinine pour qu’il prononce la rupture diplomatique avec l’Iran entérinée par le nouveau Président Azali Assoumani, en boutant hors du territoire comorien toutes les ONG caritatives de l’Iran. Peuple comorien, réveillez-vous pour exiger la restauration des relations diplomatiques des Comores avec les pays frères d’Iran et du Qatar !

Cinquièmement, le nouveau Président américain Donald Trump s’est montré très dur contre les Iraniens, en appelant les dirigeants musulmans (du Golfe, du Proche-Orient, et de l’Afrique, notamment le Président comorien Azali Assoumani), présents à Ryad, le 21 mai 2017, à « isoler ce pays » l’Iran. Selon Donald Trump, « c’est une bataille entre le bien et le mal », alors que pendant sa campagne électorale et après son élection à la tête des Etats-Unis, il ne cesse d’alimenter l’islamophobie et d’interdire purement et simplement les Musulmans d’avoir des visas d’entrée aux Etats-Unis. 

Au lieu d’appeler au dialogue des pays frères du monde musulman en général et du Golfe en particulier dans le respect des quatre rites de l’Islam, le Président Azali a commis l’impair diplomatique aux effets inimaginables et incalculables, en décidant la rupture des relations avec le Qatar. Ce Royaume a son influence économique internationale que des Nations entières comme la France, l’Allemagne et la Grande Bretagne, pour ne citer que celles-là, tirent profit avec habileté diplomatique. Les pays occidentaux seraient les premiers à rompre avec le Qatar, si le fonctionnement de ce Royaume, à qui tout le monde réclame plus de transparence dans sa gestion et ses relations, prêtait à équivoque. 

Aujourd’hui, le terrorisme salafiste wahhabite incarné par l’Etat Islamique et Al-Qaida est considéré à travers la planète comme la principale menace contre la paix et la sécurité mondiales. Le monde constate également que l’Iran et le Qatar sont en première ligne dans la guerre contre ces groupes. Et le Qatar a démontré qu’il pouvait être un allié fiable et utile de la France et de l’Europe dans la lutte contre ces organisations.
La montée récente des tensions entre l’Iran, le Qatar et l’Arabie saoudite, ajoutée aux crises en Irak et au Yémen, alimente les craintes concernant la sécurité du golfe Persique, cette voie maritime empruntée par la plus grande partie des exportations mondiales de pétrole. A cause de tous ces facteurs exogènes conjugués, l’innocent peuple comorien subit les conséquences néfastes d’un système des puissances mondiales qui ne veulent sauvegarder que leurs propres intérêts.

Moroni, le 12 juin 2017 
Wadaane MAHAMOUD, Déclaration du Leader du PARTI COMORES, un des leaders de l'opposition qui a un ton différents des autres leaders de l'opposition sur la décision du Président de rompre avec le Qatar
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