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En cette période tendue entre l'Union des Comores et la France, nous nous interrogeons sur l'avenir de notre relation bilatérale avec l'ancienne métropole. La départementalisation officielle de Mayotte a ravivé la plaie et a fait couler beaucoup d'encre. Il est vrai que pour pouvoir entamer des discussions dans une atmosphère sereine et apaisée certains pré requis sont nécessaires.

Etant une question de souveraineté nationale et d'intégrité territoriale, la réponse doit d'abord être politique. Notons cependant, une fois n'est pas coutume, que la seule proposition qui a été faite vient du gouvernement comorien à savoir “Un pays deux administrations“. En effet quoique l'on puisse penser de cette proposition elle a le mérite de poser autrement le problème.

 Il est étonnant quand même que le gouvernement Macron, qui se dit pragmatique et actif dans la résolution des crises à l'intérieur comme à l'extérieur de chez eux, reste muet, apathique, amorphe et sans imagination devant le casse-tête comorien. Il y a bien eu le Gthn, mais la partie française qui l'a proposé n'y croyait pas elle-même. On avait trop mis l'accent sur la circulation de la population et l'obsession de faire du chiffre dans la lutte contre les “clandestins“ a annihilé l'ingéniosité et l'originalité française communément appelées la “French touch“.

Nous n'avons pas fait mieux

Malheureusement ni la Droite française, ni la Gauche, ni le Centre n'a su proposer autre chose que l'humiliation et la loi du plus fort. La politique du chiffre menée pour gagner l'électorat d'extrême-droite se retournerait-elle aujourd'hui contre ses promoteurs?
Du côté comorien, c'est pareil nous n'avons pas fait mieux. La corruption, le clientélisme, le communautarisme, le séparatisme, la fatalité, la gabegie ont conduit notre pays là où il se trouve aujourd'hui.

La théorie du complot, et l'explication de notre sous-développement par des manigances de la France ne suffit plus et toute cette génération née après 1975 que ce soit de ce côté-ci, du plus grand cimetière de la région, ou de l'autre côté n'aspire qu'à une chose : vivre en paix, être en bonne santé et avoir un emploi décent.

Nous voyons que malgré un budget dix fois supérieur nous avons les même problèmes de ce côté que de l'autre, à une échelle différente soit, mais comme dit l'adage “au royaume des aveugles le borgne est roi“.

En effet on compare toujours les Comores indépendantes à Mayotte en stigmatisant le sous-développement de l'un et le “développement“ de l'autre. Mais qu'en est-il vraiment de ce “modèle économique mahorais”?

A première vue, on voit d'un côté un hôpital de référence doté d'équipements et d'un personnel qualifié et de l'autre le centre hospitalier El Maarouf.
On nous montre des infrastructures modernes comme le port de Longoni et de l'autre le port de Moroni et la vétusté de ses équipements. On nous montre des multinationales, le fleuron du capitalisme français et de l'autre côté des petits négociants en commerce.

Manne financière et grosses lacunes

Une démocratie qui “fonctionne“ d'un côté et une instabilité politique chronique de l'autre. Une énergie maîtrisée là-bas, des délestages et rationnements des produits pétroliers ici. Bref une vision superficielle de Komore colonisée fait dire aux observateurs non avertis qu'on aurait mieux fait de rester colonisé. D'ailleurs c'est ce confort superficiel qui fait croire aux Mahorais qu'ils ont fait le bon choix.
Si on regarde de plus près l'économie mahoraise, on est interpellé par la manne financière qui vient de Paris et pourtant c'est le territoire le plus pauvre de l'administration française. L'économie mahoraise est sous perfusion constante.

Les exportations représentent 3% des importations (6% pour Komore indépendante), près de 44% de chômage surtout chez les jeunes, cherté de la vie, pouvoir d'achat faible (comparé aux départements français), population largement assistée, des infrastructures peu développés (mis à part le port qui est cependant dépassé par certains ports malgaches ou de la côte est africaine qui sont des pays sous-développés), formation professionnelle bien en deçà des besoins, enclavement du territoire avec aucune ligne directe pour l'Europe (il n'existe aucune compagnie aérienne proprement mahoraise, contrairement à Komore indépendante), une énergie subventionnée, coût des facteurs de production élevée, un marché étroit, un secteur privé tributaire des marchés publics, un clientélisme dans l'attribution des marchés publics, aucune couverture vieillesse pour les opérateurs privés, gestion des déchets archaïques et non conformes aux standards français, un domaine foncier problématique, un tourisme peu développé et peu de capacité d'accueil, une insécurité grandissante, mauvaise politique de l'enfance surtout avec le problème des enfants de rue et très peu d'infrastructures qui leurs sont consacrées (alors que même les makis et les tortues disposent de zones protégées), etc.

Vu de cet angle l'eldorado s'évapore laissant place à la dure réalité du modèle économique mahorais. On dirait à s'y méprendre que l'on parle là des maux qui rongent l'économie de l'Union des Comores.

Eldorado?

En effet on a souvent tendance à comparer Mayotte aux autres îles mais sans l'argent du contribuable français Mayotte serait surement moins développée que komore indépendante. Si on regarde la période 1975 à la fin des années 80, lorsque le gouvernement français était indécis sur le statut à donner à Mayotte et n'avait pas encore ouvert les vannes des millions de francs français, Mayotte était bien moins développée que les autres îles.

Notons tout de même que depuis, l'île au lagon a un Produit intérieur brut (Pib) qui a été multiplié par cinq et son pouvoir d'achat, bien plus supérieur à celui des autres îles constitue une attraction pas seulement pour les frères des autres îles mais aussi pour des Rwandais, Burundais, Congolais, Malgaches et autres, Sauf que pour nous Comoriens, c'est chez nous.

Il est donc primordial aujourd'hui d'ouvrir une nouvelle page, en soulevant les vrais problèmes communs qui touchent les quatre îles et en mettant en exergue les solutions communes. En effet nos économies sont exclues de facto du dynamisme économique régional qui est centré autour de Maurice, La réunion et Madagascar (plus de 70% des échanges intra régionales). Nous avons les mêmes problèmes et les réponses préconisées par les économistes sont les mêmes. Nous serions plus fort unis qu'on l'est séparés. Il s'agit aujourd'hui de rapprocher les économies. Il faut que les entreprises mahoraises sachent que l'Union des Comores ne compte pas 800.000 consommateurs potentiels pour les produits mahorais, mais plutôt 300 million grâce à notre appartenance au Comesa.

Une nouvelle page

Aujourd'hui des grands projets dans le tourisme et les infrastructures de base sont en cours. Nous avons de nouveaux outils économiques qui facilitent l'installation d'investisseurs avec un code des investissements très attractif, une Agence nationale pour la promotion des investissements, la mise en place prochaine d'un centre d'arbitrage et de médiation, une main d'œuvre moins chère, une infrastructure aéroportuaire aux normes internationales, la connexion à la fibre optique, une jeunesse innovante et très qualifiée dans plusieurs domaines, etc.

Mayotte, quand elle, a un pouvoir d'achat important, un tissu économique plus développé, une infrastructure portuaire moderne qui laisse présager qu'elle peut dans les années à venir jouer un rôle important dans la région. L'environnement économique est incitatif et l'hippocampe peut véritablement être une locomotive pour l'ensemble de l'archipel. L'ensemble des quatre îles ont un potentiel touristique énorme et complémentaire (un des plus beaux lagons au monde à Mayotte, l'agrotourisme à Anjouan, l'écotourisme à Mohéli, et le tourisme balnéaire à Ngazidja).

Atouts

On a les atouts pour jouer sur tous les tableaux, au sein de l'Océan indien mais aussi du monde arabe, de la France, des pays d'Afrique de l'est. Ensemble on aurait deux aéroports internationaux (Hahaya et Pamandzi) et deux régionaux (Fomboni et Wani), deux grands ports (Mutsamudu et Longoni) qui peuvent être complémentaires et très compétitifs au niveau régional. Ensemble nous pouvons plus facilement régler les problèmes qui minent nos économies.
N'est-ce pas là, la proposition formulée par le gouvernement comorien, un pays et deux administrations. Pourquoi la France aurait peur de ce concept. Il n'est pas nouveau car aux yeux de la communauté internationale les Comores sont un archipel de quatre îles (seule la France ne le reconnait pas), dont une est administrée par la France. On a de facto un pays et deux administrations.
Le contenu à mettre dans ce concept est justement le rapprochement des économies et la création de synergies pour qu'ensemble on soit plus fort.

Par Fahmy THABIT
Article publié en 2011 et mise à jour aujourd'hui
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