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Ils me prennent la tête avec leurs prétentions démesurées. Ils ne comprennent pas que si je prête mon dos à leur masse de corps poltron, c’est par pitié de voir que leurs jambes ne peuvent tenir longtemps, tellement ils ont remué la boue des égouts sans se rendre compte de ce ridicule qui ne tue plus.
DINI Nassur

En effet, ils me fatiguent et je n’en peux plus. Ce n’est pas parce que le poids de leurs corps fatigués pèse lourd sur moi, il parait que c’est dans ma nature de transporter les larrons et leurs butins et j’en ai fait mon sport préféré. Ce qui me fatigue, c’est ce que je sens dire de leur âme et depuis mon dos.

Ces paysans qui créent les richesses et qui pensent, sans oser le dire, que leurs récoltes sont volées, leurs terres sont piétinées, leurs efforts sont sans lendemain et qu’ils ne feront rien d’autre que courir au secours de leurs boutefeux. Leur seule gloire, me charger de leur sacs de produits à troquer et balancer leurs maigres jambes sur mon flanc, me cravacher pour que je les mène vite à la capitulation. J’ai envie de les secouer de mon dos pour leur apprendre à se révolter.

Ces têtes bien pleines bradées des diplômes et qui ne croient pas au savoir durement acquis. Toujours sur mon dos, ils rechignent à longueur de journées, se croient être les meilleurs mais, j’entends avouer leur impuissance d’assumer leur destin. Ils savent tout mais ignorent que leur résignation enfreint l’évolution et leur traitrise abime l’avenir. Leur seule gloire, savoir se courber pour être au service de l’ignorance ou de la mauvaise foi. J’ai envie de les bousculer, depuis mon dos, pour leur apprendre à oser le savoir.
Ces journalistes qui me font croire que je dois les porter pour aller chercher la vérité et pour la dire. Je m’en glorifie de cet honneur et je me réjouis de cette chance. Mais, pendant qu’ils filment ce qu’ils ne vont pas montrer, qu’ils écrivent ce qu’ils ne vont pas publier, qu’ils enregistrent ce qu’ils ne vont pas diffuser, je les entends penser, depuis mon dos, qu’ils ont intérêt à assumer le rôle de courtier pour aider les plus forts à vaincre. Leur seule gloire, prêter leurs plumes et leurs voix à ceux qui savent tromper leur peuple. J’ai envie de les éjecter de mon dos (là, ils le diront) pour leur apprendre à savoir informer.

Ces chefs religieux qui m’assurent de leur bénédiction pour les porter à partager la parole de dieu. Sur mon dos, ils tirent le chapelet en murmurant ce que j’entends. Ils demandent pardon pour le mensonge qu’ils administrent au croyant. Ils traitent les gens de pauvres naïfs pour avoir cru que le turban fait le fundi. Depuis mon dos, j’entends qu’ils pensent sincèrement que la religion est un redoutable opium à endormir les pauvres pour que les riches demeurent insatiables. Leur seule gloire, réussir à faire croire que le miracle fait office de programme. J’ai envie de les faire glisser de mon postérieur, pour leur apprendre à croire en dieu.

Ces chefs coutumiers, parés de leurs habits de moyen âge, qui me demandent de faire comme eux. Autrement dit, savoir remplir la panse, bailler, danser pour manger, faire de la corruption le sport national, faire les éloges pour tout ce qui peut donner à bouffer. Ils me sollicitent, avec tous les honneurs dignes de leur hypocrisie légendaire, de les transporter dans les madjilis, les barzangis, les shungus et tout ce qui offre l’apparence comme source de bonheur, ces illuminés de dimanche. Leur seule gloire, faire dépenser plus pour ne rien produire. J’ai envie de leur donner des coups de pattes pour leur apprendre à respecter la vie.

Ces politichiens qui aboient avec l’impuissance qu’on leur reconnait facilement. Une fois sur mon dos, ils me promettent de me doter d’un avertisseur sonore pour ne plus braire, des roues à la place de mes pattes, de la soupe pour ne plus brouter l’herbe, et même un moteur pour ne plus marcher aux pas, des camions pour soulager mon dos, des autoroutes pour sortir de mes buissons. Mais, je n’entends rien sur le sort de leur peuple. Leur seule gloire, se faire élire seulement pour un job. J’ai envie de les faire baver pour leur apprendre à faire la politique, l’art de répondre aux attentes de la population.
Ah ! Excusez-moi, je brais un peu pour revenir à moi. Vous dites que je suis de nature disponible, sensible, sympathique et que vous pouvez m’utiliser comme vous voulez, c’est possible.

Mais, sachez également qu' on ne peut pas me dresser, on m’éduque. Je ne supporte pas les despotes, j’aime les compagnons. J’ai une excellente mémoire, je n’oublie jamais mes tyrans.

Je n’aime pas la charité, je me déplace pour manger. Si je montre mon caractère réfléchi, je refuse vos conneries, vous dites que je suis têtu. Cette fois-ci, j’en ai assez et vous, vous pouvez finalement vous rendre compte, c’est vrai, je suis têtu. DINI Nassur
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