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© www.habarizacomores.com (Habari Za Comores)-
L’archipel des Comores recouvre une notion géographique très floue pour la plupart des citoyens français, aux antipodes de l’intérêt historique que l’État accorde à cette partie du monde. En effet les quatre îles qui composent l’archipel — Anjouan, La Grande Comore, Mohéli et Mayotte —, situé à 7800 kms de la France entre l’Afrique et Madagascar, constituent pour le pouvoir français un véritable enjeu stratégique et économique, ceci depuis le milieu du XIXe siècle.
Les îles Comores vues par google MAP
Mais dans la seconde partie du XXe siècle, la région n’échappe pas à la vague des luttes qui mettent en mouvement les peuples colonisés affirmant le droit à leur auto-détermination. Et en 1974, à l’issue d’un référendum 90% des Comoriens se prononcent pour l’indépendance. L’indépendance des Comores est alors prononcée de manière unilatérale par le pouvoir comorien, l’État français choisissant d’interpréter les résultats de la consultation électorale île par île et donc de maintenir Mayotte sous sa tutelle. 

Les instances comme l’ONU ou l’Union Africaine reconnaissent la revendication de l’appartenance de Mayotte à l’Union des Comores mais l’impérialisme français n’en bafoue pas moins le droit international. Cohérent il ne cesse de consolider la partition de l’île et, en 2011, Mayotte devient le 101ème département français, à la suite d’un référendum qui utilise les moyens classiques de division de la population en cultivant par exemple le sentiment des Mahorais d’appartenir à la nation française. Cette pratique impérialiste, illégale du point de vue du droit international, recouvre, aujourd’hui comme hier, des enjeux stratégiques solidement préservés par un dispositif militaire conséquent.

Mayotte/Réunion : terres hospitalières pour les forces armées françaises.

Pas moins de 1600 militaires des Forces Armées de la Zone Sud de l’Océan Indien (FAZSOI) sont basés dans la région, toutes les composantes étant représentées. L’armée de terre comprend le Détachement de la Légion Etrangère de Mayotte (DLEM) ainsi que le 2ème Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine (2RPIM) stationné à Pierrefonds à La Réunion. L’Armée de l’Air comme les forces de la Marine militaire sont également disséminées sur Mayotte, Madagascar ou La Réunion. 

A Mayotte un régiment a comme objectif de former les Mahorais volontaires afin notamment de les embrigader dans la lutte contre l’immigration irrégulière. Cette présence ne relève nullement du folklore, il s’agit d’un encadrement susceptible de prévenir toute révolte un peu radicale et d’intervenir pour déstabiliser ou conforter, si nécessaire, les institutions régionales. Le passé en témoigne, comme les actions militaires en 1989 [1] ou en 1995 [2]. Mayotte est également une base d’écoute et de surveillance militaire. Ce déploiement permanent de l’institution militaire à Mayotte, et dans la région, est toujours aux services des intérêts de l’impérialisme français dans la tradition du colonialisme classique.

Le profit est au bout du fusil

L’État français poursuit ici des objectifs qui sont multiples. En premier lieu l’occupation coloniale permet le contrôle des voies de transit pétrolier dans le canal du Mozambique, pétrole du Moyen-Orient acheminé vers l’Europe et l’Amérique. Mayotte est également une base d’écoute et de surveillance militaire. En outre il y a une volonté d’appropriation des nouveaux gisements de pétrole et de gaz, détectés au large de Madagascar, dans les îles Eparses, ce qui dans le contexte mondial actuel n’est pas anecdotique.
L’annexion de fait de Mayotte, le séparatisme concocté d’avec l’Union des Comores, dissimulent, comme toujours, les intérêts du capitalisme français et cette orientation est partagée par les politiciens de droite comme de gauche. Mais il est vrai qu’en matière de colonialisme la social-démocratie a, depuis plus d’un siècle, toujours accompagné le cours impérialiste du capital, n’hésitant pas à faire exécuter des militants solidaires des luttes de libération nationale, comme celle de Fernand Yveton [3] lors de la révolution algérienne, le ministre de l’Intérieur étant alors… François Mitterrand, icône de l’Insoumis Mélenchon.

P.-S. Site du Secrétariat International de la CNT-F : http://www.cnt-f.org/international/
Notes
[1] En 1989 opération « Oside » après l’assassinat du président Ahmed Abdallah et la prise du pouvoir par Bob Denard et ses mercenaires.
[2] Opération « Azalée » à la suite du renversement du président Saïd Mohammed Djoha par les mercenaires de Bob Denard.
[3] Fernand Yveton, membre de la CGT et du Parti Communiste Algérien (PCA), guillotiné le 11 février 1957 dans la prison de Barberousse pour avoir milité activement aux côtés du FLN pour l’indépendance de l’Algérie.
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