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Alumni du Mois - Amina Mzé

Bonjour Madame Amina Mze, est-ce que vous pourriez vous présenter et nous parler de votre parcours universitaire et professionnel ?

Je m’appelle Amina Mze, j’ai 36 ans, je suis mariée et maman d’un petit garçon de sept ans. J’ai fait l'école primaire, le collège et une partie du lycée au Groupe Scolaire Fundi Abdoulhamid, puis j'ai obtenu un bac littéraire au lycée français d’Antananarivo. Par la suite j’ai fait un DEUG d’administration économique et social à l’université de Lille 2, puis une licence suivie d’une maitrise en Sciences Politiques à Amiens, et enfin un DESS en Genre et sexualité à Reims. 

Quand je suis rentrée aux Comores, j’ai travaillé en tant qu’administratrice du service d’écoute pour les enfants victimes de violence, un projet géré par l'ASCOBEF et financé par l’UNICEF. Ensuite j’ai rejoint le Programme des Nations Unies pour le Développement, où j’ai travaillé 3 ans en tant que Associée au programme Lutte contre la pauvreté et croissance économique. Puis j’ai décidé de travailler à mon compte et j'’ai repris l’école Mouinat.

Une école Maternelle et Primaire créé par ma mère et qui existe déjà depuis 20 ans, et je travaille là-bas depuis 2010 en tant que directrice de l’école.

En parallèle j'ai créé avec ma mère, une marque qui s’appelle Marjane Créations, c’est une marque de confection textile. Nous fabriquons des accessoires, essentiellement des sacs, qui sont faits avec des tissus ethnique traditionnels comoriens. Depuis un mois, on a ouvert avec un groupe d'artisans locaux, la boutique Hazi Ya Comores, qui est un point de vente pour les produits fabriqués aux Comores. C'est aussi un lieu où le touriste peut se procurer un souvenir des Comores.

Pourquoi avoir choisi la France pour vos études ?

J’ai eu l’occasion de visiter la France étant petite. Chaque été je partais en vacances avec ma mère. C'est un pays que j’ai toujours aimé pour son coté culturel et historique. Ma mère m’emmenait visiter les musées, aller au théâtre, faire des ballades dans les parcs et je ne me voyais pas faire mes études ailleurs. J’aime le pays aussi pour sa gastronomie et l'univers de la mode : c’est un pays que j’ai toujours apprécié et aujourd’hui encore j’y retourne avec plaisir avec ma famille

Est-ce que vous pourriez dresser un bilan de votre séjour avec ses points positifs mais aussi les difficultés que vous avez rencontré durant votre séjour ?

Globalement le bilan a été positif. Quand je suis arrivée en France, la première difficulté a été de gérer la séparation et le changement. Je revenais d’un pays où il fait beau et chaud et j’ai atterri à Lille et sa grisaille et la pluie. On se réveille le matin alors qu’il fait encore noir, on rentre le soir il fait toujours noir, ce n’était pas forcément évident de se retrouver dans une ville qui tranche autant avec le climat comorien. Il y a aussi le fait de se retrouver seule dans une chambre universitaire et puis de devoir se débrouiller, ne serait-ce que dans un premier temps pour les démarches administratives. Aux Comores, on a l’habitude déjà d’être en famille mais aussi d’être accompagnée pour les démarches administratives, on connait à peu près tout le monde donc c’est beaucoup plus facile. Il faut aussi apprendre à gérer un budget.
Mais à côté de ça le système éducatif est assez bien fait pour faire en sorte à ce que, très vite, on se fasse des amis. Dans les démarches, tout est bien documenté donc on sait où aller, quoi faire, comment faire, on arrive progressivement à gérer tout ça. C'est un pays où il a des étudiants français mais aussi du monde entier, on se nourrit un peu de ça, on se soutient car même les étudiants français ont aussi à gérer cette séparation avec leur milieu familial. j’ai beaucoup aimé la France, j’ai visité différentes villes, je ne pouvais pas rester plus de 2 ans dans la même ville, ça m’a permis de connaitre, de m’imprégner de certaines traditions du pays et de rencontrer des gens de divers horizons

Durant vos études, Aviez-vous l’optique de rentrer aux Comores ou de rester en France ?

Je savais dès le départ que j’allais revenir travailler aux Comores, La France était une belle opportunité pour se former mais je voulais mettre à profit justement ces connaissances pour rentrer travailler aux Comores et essayer de contribuer un peu , à ma manière, au développement de mon pays.

Est-ce que vous avez une anecdote, un souvenir précis à nous faire part de vos années en France ?

Souvent quand je pense à mes études en France, je pense à l’obtention de mon DESS, c’était pour moi un aboutissement et je me rappelle que quand je suis arrivée chez ma tante avec mon diplôme de DESS Genre et Sexualité, mon cousin a pris mon diplôme et m’a regardé en me disant « ta mère te paie des études de sexualité, tu as quitté les Comores pour ça ? »

C’est vrai que, pour le coup, j’ai fait un choix de formation qui, pour moi, a été naturel mais qui semblait un peu atypique, du moins à l’époque surtout dans un milieu musulman où on ne parle pas forcément de sexualité. Aujourd’hui encore on me questionne beaucoup sur le contenu de ma formation qui est moins impressionnant que le titre (rires), c’est quelque chose qui m’a toujours marqué et que je retiens.

Quel est l’impact qu’ont eu vos études sur votre projet professionnel ?

Quand j’ai fait mon projet d’études, je voulais travailler dans tout ce qui était Relations internationales mais en même temps je souhaitais avoir une formation un peu globale et c’est pour ça que j’avais commencé par AES, et après je me suis orientée vers les Sciences politiques. Une fois dedans les choses se sont un peu plus précisées, je souhaitais alors travailler plus dans le social que dans la politique, j’ai choisi des spécialités en politique publique et sociologie politique et j’ai choisi mes thèmes de mémoire en rapport avec le social, toujours en travaillant sur la population comorienne établie en France. 

Ce qui était un lien avec ce que j’avais envie de faire à mon retour. J’ai donc fait le DESS en Genre et Sexualité dans l’optique de travailler dans le social, avec une spécialisation dans tout ce qui était politique pro-genre. Quand je suis arrivée il y avait une offre pour aller au service d’écoute et c’était comme un poste taillé sur mesure pour moi. Je suis arrivée, j’ai commencé à travailler là-bas et en même temps à faire des consultations et des études basées sur le genre, pour le compte des Nations Unies.

J'ai fait un cursus universitaire très globale qui m'a formé à l’économie, au droit, aux sciences politiques, à l’administration et c’est autant d’outils et de méthodologies qu’on m’a donné et qui me permettent, aujourd’hui, de mener à bien mes responsabilités professionnelles aussi bien quand j’étais au PNUD qu’aujourd’hui dans la gestion de mon entreprise ou pour administrer un projet comme Hazi Ya Comores. C’est aussi une formation qui m’a permis de m’adapter à différents domaines et qui m’a donné un surplus d’ouverture d’esprit sur des thématiques très différentes.

Qu’est-ce que vous conseilleriez aux jeunes comoriens qui souhaitent venir faire leurs études en France ?
Avant tout, quand on décide d’étudier dans un pays étranger, il faut aimer le pays, apprendre à le connaitre à travers son Histoire et sa culture. Il faut aller vers les gens, apprendre à les connaitre, apprendre à connaitre les traditions, les valeurs et à les respecter sans pour autant oublier d’où on vient, c’est très important. Je crois que je n’ai jamais été autant comorienne qu’en étant en France car je me retrouvais dans un milieu étudiant, ou beaucoup ne connaissaient pas les Comores, et je devais parler de mon pays. Je pense que la langue est très importante aussi, maîtriser la langue c’est le premier outil de communication, et puis enfin être ouvert à tout le monde.

Quels sont vos projets pour le futur ?

Continuer à développer mon école qui accueille des enfants de la crèche au CM2, et qui emploie une trentaine de personnes. J'ai aussi d’autres projets, en particulier par rapport à Mardjane Créations qui j'espère va s'ouvrir à l'exportation et pour la boutique « Hazi Ya Comores » (Made in Comores), en vue de valoriser les produits fabriqués aux Comores, ce qui est un grand défi car il faut travailler sur la qualité, la certification, la productivité pour pouvoir justement avoir de bons produits à exporter.

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