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© www.habarizacomores.com (Habari Za Comores)-
« Interroger l’expérience politique la plus importante des cinquante dernières années, celle de l’après 68 et du msomo wa nyumeni » voilà l’entrée en matière du dernier Uropve daté mars 2017. 

Une belle initiative qui tourna court. Car le pays doit se pencher sur son expérience en général pour en tirer le maximum d’enseignements dans la perspective d’une construction plus sûre de l’avenir. Malheureusement il n’a pas été question de bilan mais d’un règlement de compte insensé. Contre omsomo wa nyumeni qui traitait de djindrubi ceux qui boudaient ses activités, parfois au profit de l’alliance française, un crime à l’époque qui a laissé des traces profondes chez certains esprits chagrins qui se croient aujourd’hui en position de rendre la monnaie. Contre les « enfants des maîtres », comme si dans le groupe Uropve, la plupart n’était pas des « fils de notable ». Complexe personnel !?

L’engagement au service du peuple d’une grande partie de la jeunesse comorienne durant près de 20 ans, la formidable résistance au pouvoir des mercenaires de plus de dix ans, ce ne serait qu’une « fable » ! Une outrance inqualifiable. Une ignorance crasse des processus de développement des sociétés. L’histoire des pays n’est pas un long fleuve tranquille qui passe par des « préliminaires ». Les évolutions sont tumultueuses. Ce sont les grands échecs qui préparent les succès à venir. L’échec du FD et la fin honteuse de nombre de ses dirigeants doivent instruire ceux qui veulent continuer le combat émancipateur et non devenir un gourdin asséné furieusement sur la tête des gens. Quelle arrogance de considérer qu’il « ne resterait rien de progressiste chez les idéologues patentés de la première heure.. ». 

Comment peut-on parler d’ «un consentement des individus à leur propre aliénation » ou expliquer l’inexistence « d’une force structurée (capable de) se positionner en contre-pouvoir » uniquement par la « grande défaite des esprits en lutte ». En somme Uropve ne semble pas intéressé à ouvrir des portes, à dessiner des perspectives. L’objectif est de tordre le cou à ces « enfants des aristocrates », ces « petits bourgeois » puisque l’échec en a fait des « gentils matous », il faut écraser ces « ratés d’un autre temps », ces « monstres » et ces « amnésiques ». Alors on ne lésine pas sur les contre-vérités incendiaires, une bonne plume usant avec habileté de raccourcis est supposée faire l’affaire. « L’utopie » et l’errance dans « des imaginaires » justifierait-elle tout et n’importe quoi ? Dédouanent-ils d’une analyse serrée des faits ou cherche-t-on des subterfuges pour donner libre cours à une haine accumulée des années durant, une haine ravalée, contenue qui peut enfin sortir des entrailles. 

Parlant de la grève lycéenne de 68, on nous assène une pseudo-évidence : « une révolte de moins de trois mois ne suffira pas à mettre le feu au poudre » ! Et nous sommes en 2017, alors que tout le monde s’accorde à reconnaître que 68 fut un tournant qui a vu l’émergence des partis politiques et qui a donné une forte impulsion au mouvement indépendantiste ouvrant la voie au 6 juillet 1975. 

Gros reproche le bilan. « Le petit bourgeois oubliant même d’expliquer au peuple, le vrai, les raisons … (du reniement) ». Le MOLINACO est mort sans bilan. Le PASOCO a disparu sans bilan. Le « vrai » peuple attend toujours et personne n’a rien réclamé jusqu’ici. Pourquoi un autre traitement au FD qui a disparu comme ses prédécesseurs. Il ne s’agit pas de l’arrêt d’une activité mais de mort. Lorsque les forces politiques disparaissent, il n’y a personne pour tirer le bilan. Un mort ne fait pas son propre bilan. C’est aux autres, ceux qui veulent continuer qui doivent tirer parti de l’expérience passée. 

« Refus de la main tendue par le régime soilihiste », Abdulkader, « un enfant du peuple au sens premier du terme …sacrifié pour un leadership incertain ». Cela confine aux tactiques populistes, des vérités apparentes pour tromper les moins avertis, le mensonge asséné comme une évidence, y occupe une bonne place. Ali Soilihi, apparemment idolâtré, pourtant fils d’un grand notable de Ntsudjini, n’a jamais tendu la main à l’ASEC. Même quand il s’est agi de pourvoir à des postes de professeurs après les départs des français, le « Mongozi » a ignoré l’ASEC, il a regardé vers l’Afrique pour fini par opter pour la francophonie alors que la Guinée de Sékou Touré se faisait un point d’honneur à remplacer professeurs et techniciens français. 

Ali Soilihi a bien évidement cherché à embarquer dans ses comités ceux qui étaient au pays, des plates tentatives d’embrigadement qui ont lamentablement échoué. Quant à Kader, lors d’un débat à Mouzdalifa House, un « vrai » enfant du peuple avait déclaré qu’il fallait le tuer pour son comportement. On est loin du combat entre « fils des maîtres » contre « vrai enfant du peuple au sens premier » pour un leadership. La fixation sur ce drame apparaît comme une tactique sournoise pour maudire à jamais omsomo wa nyumeni, ASEC et FD, que l’on voudrait réduire à des assassins.

Et pour finir, car les perles rares des partisans de « l’utopie de transformation » sont inépuisables, l’accusation de trahison. « Moustoifa Said Cheikh et ses camarades se débinent au procès de 1985, oubliant leurs complices….les soldats trahis. » Une trahison, pas moins. Une accusation grave qui mériterait d’être étayée. Mais bien évidemment pour Uropve, l’objet est de distiller du venin. Alors il faut faire croire que le FD a trahi les soldats. C’est si simple ! Vendredi 8 mars, la tentative des soldats de liquider les mercenaires échoue et le groupe de soldats est arrêté le soir même. Sous la torture, ils dénoncent Moustoifa et deux camarades qui l’avaient accompagné dans sa rencontre avec le Chef des insurgés. C’est trois jours après, lundi que Moustoifa a été arrêté. 

Le contingent FD une semaine plus tard. Qui aurait trahi qui ? Mais le FD n’a jamais parlé de trahison des soldats. Seules des personnes n’ayant jamais subi les affres de la torture peuvent fanfaronner et accuser des torturés de se « débiner ». Il ne s’agit pas bien sûr de cacher les faiblesses voire les débandades face à la répression de 1985, mais tout de même. L’honnêteté aurait conduit à un minimum de retenue. Le FD par contre a dénoncé la trahison de Said Naffion Zarcache, qui lui, s’est rendu de plein gré au pouvoir livrant tous ceux qu’ils connaissaient. S’il y a eu trahison, c’est bien le FD qui a été trahi par un des siens. Et il ne s’en est hélas pas relevé. 

Que le FD ne se soit pas livré au bilan de ces événements, on peut et on doit le déplorer mais affirmer que « personne n’a osé » soulever la question pour ne pas « passer pour un djindrubi » montre combien on a souffert d’être traité de djindrubi et témoigne de l’irresponsabilité des accusations fantaisistes portées contre omsomo wa nyumeni, l’ASEC et le FD. Car le débat fut houleux dans la préparation du fameux congrès. Certains ont même pris congé du FD pour l’attitude cavalière de la tendance majoritaire qui évacuait les questions et qui assume la principale et lourde responsabilité de la fin calamiteuse du FD.

Cette sortie scandaleuse d’Uropve contre omsomo wa nyumeni, l’ASEC et le FD, après le livre du Docteur Ouledi, souligne la nécessité pour les anciens de ce mouvement de prendre la plume. Il faut que cette expérience précieuse puisse être versée au patrimoine des révolutionnaires comoriens d’aujourd’hui et de demain. Les documents sur cette période ne doivent pas seulement être ceux des gens hostiles qui cherchent à maquiller la réalité pour des motifs inavoués et sordides.

Pour Uropve, les militants « ont pris congé sur facebook, le seul endroit où ils demeurent encore visibles ». Un reproche insensé car le seul espace où il est possible de s’exprimer en ces moments de déclin du processus révolutionnaire comorien, c’est bien Facebook. Dans quel autre lieu pourrait-on réagir aux délires d’Uropve ? D’ailleurs Uropve comme Muzdalifa House sont bien présents sur le net et c’est tant mieux.

Un vœu : que le débat s’épanouisse, quel qu’en soit l’acuité. Puisse-t-il clarifier les questions cardinales, conditions d’une remobilisation contre l’impérialisme français et ses suppôts comoriens.
Idriss (03/04/2017)

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