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On ne les compte plus. Filmées avec des téléphones portables, de nombreuses sextapes impliquant des Guinéens ont fuité dernièrement sur les réseaux sociaux. Si le phénomène n'est pas nouveau, il a pris dernièrement une tournure inquiétante.
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En Guinée et dans la diaspora, les réseaux sociaux sont en ébullition. Ce n’est plus le défilé en bikini des candidates à l’élection de la miss nationale qui fait le buzz, mais quelque chose d’a priori bien moins futile. En cause, des vidéos pornographiques amateurs qui fuitent et se partagent en boucle sur l’application Messenger de Facebook notamment.

Que montrent ces vidéos ?

La vidéo la plus commentée actuellement ? Difficile à dire tant les surprises s’enchaînent. Une des plus vilipendées montre deux hommes et une jeune femme en pleins ébats, cette dernière étant en prime copieusement injuriée en langue nationale soussou (la plus parlée dans la capitale Conakry). Un des deux hommes se retrouve même dans une autre sextape, partagée plus récemment et vraisemblablement filmée elle aussi avec un téléphone portable. Quatre autres vidéos et des captures d’écran pour le moins suggestives font également ou ont fait le tour de la toile, provoquant stupéfaction, dégoût et indignation – mais aussi parfois une pointe de voyeurisme -, dans un pays majoritairement musulman (80%) et chrétien (10%).

Qu’en pensent les Guinéennes?

« Voir ces vidéos quitter le cadre privé pour se retrouver sur la toile, c’est désolant. Je souhaiterais que les filles notamment prennent conscience du danger que représente ce genre de pratiques », réagit Diaraye Diallo, journaliste, à propos des dernières sextapes.
Les femmes de ces vidéos risquent d’avoir de grosses difficultés pour trouver un emploi et d’autres, qui ont désormais une vie stable, peuvent être affectées durement

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De fait, la publicité de ces vidéos est un drame surtout pour les femmes qui y sont impliquées, dans une société guinéenne conservatrice où l’homme a souvent le pouvoir et où parler de sexe est tabou – du moins en public. « Il y a une certaine vindicte contre ces gens qui ont fait des erreurs à un moment de leur vie. C’est dommage pour l’image de la femme, car ces vidéos même supprimées laisseront des traces indélébiles », regrette Dieretou Diallo, activiste et présidente du collectif Guinéenne du 21e siècle. « Les femmes de ces vidéos risquent d’avoir de grosses difficultés pour trouver un emploi et d’autres, qui ont désormais une vie stable et sont engagées, peuvent être affectées durement », ajoute-t-elle, avant d’en appeler aux associations pour sensibiliser les Guinéens sur la nécessité de prendre soin de leur « identité numérique » à l’heure des réseaux sociaux et du portable roi.

Asmaou Bah Doukouré, secrétaire générale du Syndicat national des employés de maison (Synem-Guinée) et mère de famille, se dit quant à elle « écœurée et choquée de voir ces vidéos partout », et condamne ceux qui les font circuler. « C’est lâche », dit-elle, invitant elle aussi « les femmes et les hommes à plus de responsabilité dans leurs faits et gestes, et surtout dans leurs fréquentations ».

Qui figure sur ces vidéos ?

En général, les personnes impliquées sont facilement identifiables. Une sextape concernerait même un ancien ministre. Quant aux deux protagonistes de la vidéo la plus « populaire » du moment, ils sont bien connus du monde des affaires. L’un d’eux a été suspendu de ses fonctions de conseiller du PDG d’une entreprise de BTP, pour « comportement inadmissible ». Le second serait lui PDG d’une société. Les deux auraient fui à l’étranger, ce qui n’est pas pour faciliter l’information judiciaire confiée au parquet du Tribunal de première instance de Kaloum pour « outrage public à la pudeur », au terme de l’article 275 du code pénal.

Quelles conséquences juridiques ?

Outre l’outrage public à la pudeur, puni de trois mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 500 000 à un million de francs guinéens (la peine pouvant être doublée lorsque l’outrage est commis en réunion), ces vidéos et leur diffusion sont passibles d’autres infractions, comme l’attentat à la vie privée, passible d’un à deux ans d’emprisonnement et d’une amende d’un à trois millions de francs guinéens, ou l’injure publique, punie de seize jours à six mois de prison et d’une amende de 500 000 à deux millions de francs guinéens.

Un article de Diawo Barry à retrouver sur Jeune Afrique
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