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Lors de son récent séminaire, le gouvernement a fait état d'un taux de chômage des jeunes qui serait autour de 40%. Ce chiffre n'est pas exact. En 2007, il avait frôlé les 45%. Et depuis, il aurait juste un peu baissé mais sans infléchir la tendance. Aujourd'hui, à peu près un jeune sur deux serait frappé de plein fouet par un chômage qui n'est plus conjoncturel mais structurel.

En effet, malgré l'existence d'une Direction nationale de la statistique, le pays ne dispose toujours pas de données fiables sur le marché du travail. Les résultats de l’enquête 1.2.3 sont à prendre avec beaucoup de précaution. Il y a par exemple une récurrente méconnaissance de la diversité des situations de chômage, des difficultés à établir le rapport exact entre les offres et les demandes d’emploi et à connaître précisément le nombre des jeunes à la recherche d’un emploi. Beaucoup de données statistiques sur l’emploi aux Comores font cruellement défaut. Il faut vite y remédier, sinon le pays sera confronté à une conduite aveugle de ses politiques de promotion de l’emploi.
Photo d'archives

La Maison De l’Emploi (MDE), qui doit remplir les mêmes fonctions que n’importe quel service public pour l’emploi (SPE), censée donc disposer d’un système d’informations sur le marché du travail, abriter en son sein un Observatoire de l’emploi et surtout assurer le rapprochement de l’offre et la demande d’emploi (courtage), souffre, depuis son inauguration en 2013, de dysfonctionnements multiformes, qui semblent être le cadet des soucis de nos décideurs. Pourtant, toutes les politiques et tous les programmes liés à l'emploi la désignent comme la structure de gestion et d’encadrement de l’emploi. 

Le pays est confronté à un taux de chômage général qui avoisinerait actuellement les 16% et un taux d'activité qui ne dépasserait guère les 50%, situant l'Union des Comores dans la catégorie des plus mauvais élèves de la région. 

Et ce ne sont pas les licenciements intempestifs auxquels s'adonne le président Azali, depuis son arrivée au pouvoir, qui vont contribuer à inverser la courbe du chômage. 

Le candidat Azali savait pertinemment que nos administrations et nos sociétés d'Etat regorgent de contractuels. Des personnes qui, en proie à un chômage sans perspectives, pour beaucoup d'entre elles, ont dû user du tremplin décrié aujourd'hui par le gouvernement alors que c'est un sport national.
Le président Azali peut-il prétendre ne s'être jamais rendu coupable de népotisme ou de n'avoir jamais pris des gens en fonction d'une façon clientéliste? N'ayons quand même pas la mémoire aussi courte. Il avait été 7 ans au pouvoir et il faut être naïf pour croire qu'il fait figure d'exception. 

Mais la question est de savoir pourquoi les mesures budgétaires au niveau de l'Etat et la réorganisation du travail dans nos sociétés d'Etat, n'ont jamais été envisagées, pour sortir ces contractuels de ce statut incertain, alors que leur maintien en poste pour une aussi longue durée témoigne qu'il y avait indéniablement nécessité de service? 

Un gouvernement peut très bien éviter les licenciements massifs, s'il prend les mesures adéquates. Un homme politique français disait, dans une émission, que « la République doit rayonner, elle ne doit pas se bâtir sur l’injustice, elle ne doit pas exclure ». 

L'hécatombe aurait dû être évitée pour toutes ces personnes pour lesquelles le travail est un droit inscrit dans notre Constitution et figure aussi parmi les droits de l'Homme. 

Car, le candidat Azali n'a jamais dit qu'il procéderait à des licenciements en cascade, une fois au pouvoir. Son séducteur slogan de campagne, "un jeune, un emploi", devrait signifier quoi d'autre, sinon maintien et création des emplois? Toute autre signification ne serait qu'imposture. 

Les promesses de campagne eurent voulu qu'on ne plonge pas ainsi toutes ces personnes dans une précarité ravageuse mais qu'on leur trouve plutôt une solution. C'est pour cette raison que la litanie des faux-emplois, des emplois qu'on accuse d'être à base électoraliste ou tous ces galimatias qu'on entend ici et là, ne sont qu'une formidable fuite en avant. 

En procédant à ces licenciements, au quart de tour, Azali est devenu le président du chômage, lui qui était le candidat de l'emploi. 

Tout le monde a noté bien sûr que le gouvernement ambitionne de créer des emplois : « 3000 emplois rapides », d’ici décembre 2017, nous dit-on. Soit !

Mais il va de soi que la première mesure, lorsqu’on veut faire barrage au chômage, c’est d’éviter les licenciements. Car, en licenciant, on grossit inexorablement les rangs des chômeurs. C'est une question de bon sens politique et de cohérence dans les idées. 

Avec plusieurs milliers de licenciements, pour un gouvernement qui dit vouloir relancer la croissance par les emplois, le contraste est vite trouvé entre les ambitions affichées et les décisions entérinées. 

Et en admettant même que ce ne soit pas un vœu pieux ou un optimisme béat, en admettant que la fiction devienne réalité et qu’effectivement le gouvernement atteigne cet objectif de 3000 emplois d’ici la fin de l’année, le chômage aura-t-il régressé ? Non, parce que le nombre de personnes mises au chômage (un peu plus de 7000), depuis qu’Azali est revenu au pouvoir, aura été plus important que le nombre d’emplois qui auront été créés. Un calcul simple révèle un écart de 4000 emplois, sans parler des autres dizaines de milliers de chômeurs que compte le pays. 

L’inquiétude est d’autant plus sérieuse que les leviers sur lesquels le gouvernement compte s’appuyer pour créer ces emplois semblent flous. Or, comme a dit l’autre, « quand c’est flou c’est qu’il y a un loup ». Rien ne présage non plus que ces personnes qu’on vient de plonger dans les abîmes du chômage y trouveront leur compte.

Par ailleurs, le gouvernement précédant s'était doté d'un Plan d'Urgence pour l'Emploi des Jeunes (PUREJ). Il prévoyait, de 2015 à 2016, la création de 5000 emplois. L'absence de financements pour sa mise en œuvre, malgré les débuts d'efforts consentis par le BIT pour la préparation de la tenue d'une table ronde des bailleurs, dédiée à ce Plan, a empêché l'atteinte des objectifs.
L'actuelle équipe serait bien inspirée de nous dire si ce Plan fait partie de ses angles d'attaque pour inverser la courbe du chômage. A moins que la règle, à chaque fois qu'un nouveau régime s'installe, ce soit celle de la table rase.


Chabane Mohamed, enseignant et syndicaliste 
Moroni, le 28 janvier 2017
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