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ENTRETIEN. 

« Nous devons tous, parents et enfants, nous adapter aux effets en chaîne de la vie à une échelle plus volontiers, familiale, locale et nationale, explique Fatih Eddine IBRAHIM, qui publie un livre sur la communauté comorienne de la cité phocéenne, aux éditions EdiLivre ». 
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Pourquoi avoir choisi le sous-titre « Et si on vivait autrement » ?

Le monde bouge à toute allure, et souvent ses transformations nous inquiètent. Je pense qu’on peut et nous devons vivre autrement parce qu’il devient urgent de réconcilier les avancées de la modernité et le précieux patrimoine culturel de notre pays d’origine avec celui de notre pays d’accueil, la France. Visiblement, nos enfants ne partagent pas nos combats et nous n’avons pas les mêmes préoccupations. Ils développent une identité et des références propres à eux. Il faut les entendre, mieux encore les écouter. De part ma petite expérience d’éducateur, je pense que oui notre communauté doit changer son fusil d’épaule et le plus tôt, le mieux ce serait.

Et comment vivre autrement ?

Justement, j’invite mes lecteurs et lectrices à réfléchir, à repérer des tendances, à dégager des scenarios pour souligner nos marges d’actions à l’échelle de notre communauté. En prenant le temps nécessaire pour changer nos mentalités et mesurer les effets de la modernité. Je ne détiens pas à moi seul des solutions miraculeuses. Je n’ai pas cette prétention. C’est tout le travail de chacun et en fonction de son degré de responsabilité : parents, associations et autorités. Plutôt que de rester spectateurs et prêts à pleurer à chaudes larmes lorsqu’il y a un jeune tué par les tirs de kalachnikov, il vaut mieux parler du futur en montrant ce qui est possible et ce qui ne marche pas. Notre communauté est plein de potentialités. Il y a certes des problèmes mais il y a aussi des solutions et c’est à nous de les trouver. Elles sont à portée de mains.

Avons-nous les moyens d’agir ?

Il est crucial de rappeler en le montrant que chacun de nous a des moyens d’agir directement pour son propre avenir. L’avenir de notre communauté dépendra de nos choix individuels et collectifs. Certains parents sont déboussolés, fragilisées et dépassés mais peuvent-ils pour autant rester spectateurs de la dérive de leurs enfants ? Nous disposons, par ailleurs, d’une chaine associatif très active et qui offre un échelon d’actions privilégiés en direction du pays d’origine, les Comores au détriment d’ici. Il suffit de s’y intéresser pour mesurer le nombre de projets entrepris localement. C’est considérable. On peut faire autant ici, en s’investissant davantage en faveur de l’éducation de nos enfants, entre autres. Notre cadre de vie dans notre pays d’accueil est plus que jamais dégradé. Oui, il faut aider nos compatriotes qui sont restés au pays mais pas à n’importe quel prix et surtout pas au détriment de nos enfants.

Pourquoi avez-vous choisi ce préfacier plutôt qu’un autre ?

Pourquoi pas lui ? Il fait partie de ces jeunes d’origine comorienne qui réussissent. Et il faut aussi les mettre en valeur. Il n’y a pas que des jeunes qui sombrent dans la délinquance, fort heureusement. Il est élu local, lui aussi, confronté au quotidien à ces problèmes et par ailleurs, il a une brillante carrière politique devant lui à Marseille. Je le souhaite, en tout cas. Voyez-vous, c’est le meilleur préfacier qu’il soit pour ce livre. Je tiens d’ailleurs à le remercier du fond du cœur. 

Qu’est ce qui explique l’adhésion de certains jeunes d’origine comorienne à la délinquance ?

Beaucoup de choses naturellement. Et les parents ont une très grande part de responsabilité. Il y a et il faut le dire tout haut une flagrante démission parentale. Leurs préoccupations sont ailleurs malheureusement. Dans ces conditions, faute de supervision parentale, les enfants trouvent refuge dans les réseaux et bandes de délinquants. Nous avons la chance d’avoir une communauté forte d’une certaine transversalité des âges, entre grand frère, grande sœur, oncle, tante et grands-parents. Toutes ces personnes sont à pied d’œuvre en faveur de l’éducation des enfants. Ce sont des méthodes qui ont fait leurs preuves aux Comores et qui peuvent être reprises, d’une manière ou d’une autre en France. Il faut savoir parler avec nos enfants et si les propres parents ne sont pas à même de le faire, d’autres personnes, au sein de la famille, sinon en dehors de la famille, peuvent le faire.

Quid de la course infernale aux festivités liées aux mariages ?

C’est terrible. On fait comme si on était aux Comores et encore. Des mois de préparatifs et une semaine entière de festivités. Vous vous rendez compte ? Comme si on n’avait rien d’autre à faire. Et pendant ce temps, on n’abandonne les enfants, livrés à eux-mêmes. Il apparait clairement que ces pratiques ne nous permettent pas d’aller vers un monde soutenable. Il ne sert donc à rien de s’y accrocher. En s’appuyant sur de nombreuses données plus ou moins disponibles, nous devons collectivement formuler un nouveau projet de vie avec des objectifs en terme de qualité de vie, du vivre ensemble, de l’éducation de nos enfants, de partage de nos valeurs…pour réaliser ce passage indispensable vers l’avenir.


Nous devons commencer par quoi pour parvenir à ce vivre autrement que vous appelez de vos vœux ?

Il faut d’abord réfléchir sur un travail de structuration de notre communauté. Elle est plurielle et pluraliste. Elle fait l’objet d’instrumentalisation sauvage. N’importe qui s’autoproclame représentant de la communauté. Plus on est rassemblé autour d’une seule et unique autorité, plus on sera audible, respecté et respectable. Une fois que la communauté sera structurée, le reste viendra tout seul. Puisque l’autorité qui découlera de cette structuration prendra à bras le corps les vrais problèmes de notre communauté et proposera en conséquence des solutions plus pragmatiques et réalistes. C’est tout le mal que je souhaite à notre communauté.

Propos recueillis par Mahafidh Eddine IBRAHIM
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