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Originaire des Comores, MIKIDACHE Darchari est le Président du club de réflexion "Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC)", économiste et fiscaliste de formation. Il est aussi fonctionnaire au Ministère de l’Economie et des Finances en France en tant qu’inspecteur des finances. 
Nommé depuis octobre 2014 par le Ministre comorien des Relations Extérieures (MIREX) comme membre de la Commission Nationale Technique de la Diaspora (CNTD), MIKIDACHE Darchari est également Vice-président d'une fédération et concepteur d’un programme visant à donner un nouvel avenir à la jeunesse. Fondateur d’une ONG travaillant au service de la jeunesse comorienne « Ushababi Wa Meso », MIKIDACHE Darchari depuis le 26 septembre 2016, est nommé personnalité du « Gotha Noir d’Europe », l’annuaire publié par le club Efficience et ce parmi 400 personnalités, cadres, talents de l’élite africaine en Europe ayant un parcours d’excellence et d’exemple.

Entretien

Pouvez-vous nous présenter le Cercle des économistes et des experts comoriens (CEEC) ? Sa création, ses objectifs, ses missions, ses activités

Créé en 2006, le Cercle des Économistes et des Experts Comoriens (CEEC), est un club de réflexion et d'actions pour le Développement des Comores. Il regroupe les compétences et les expertises comoriennes soucieuses de contribuer à l’émergence des Comores par les propositions, l’accompagnement des projets privés et publics et en tant que facilitateur pour ceux qui désirent investir aux Comores ou soutenir les initiatives privées en matière d’entrepreneuriat de la diaspora comorienne. Les membres publient des rapports de propositions sur commande ou à la demande des autorités comoriennes. Le club participe à la mobilisation des compétences de la diaspora et joue également un chasseur de têtes pour le compte de bureaux d’études recherchant des experts comoriens pour des appels d’offres en Afrique en particulier aux Comores. Il joue également un rôle de laboratoire d’idées nouvelles pour l’émergence de l’Afrique.

Quelles sont vos relations avec APA?

L'APA (Agir Pour Anjouan) est une association œuvrant pour le Développement de l'Anjouan, l'une des quatre îles composant l'Union des Comores. Une relation de collaboration et de partenariat lie le club Cercle des Économistes et des Experts Comoriens à l'association APA.

Quels sont les membres de CEEC ?

Les membres du CEEC sont près de mille cadres comoriens soucieux d'apporter leur contribution au développement des Comores. Ils sont repartis en France, au Canada en Afrique et aux Comores. Ils sont des citoyens provenant de plusieurs catégories socioprofessionnelles. Ils sont sélectionnés en fonction de leurs compétences, leur expérience ou expertise ou de leur parcours professionnel en tenant compte de leur disponibilité et leur volonté patriotique au service de l’émergence des Comores. Des étudiants et doctorants ou chercheurs peuvent en faire partie à condition d'être parrainés par un membre du bureau après analyse de leur parcours et travaux.

Quelle est votre politique pour atteindre vos objectifs tracés ?

La mise en œuvre des objectifs du CEEC repose sur plusieurs stratégie : la visibilité à travers les réseaux, la crédibilité à travers la qualité des travaux réalisés en termes de publications et rapports commandés, le développement des réseaux de contacts sur le terrain et au niveau international dans la participation aux colloques et forums internationaux et dans les services rendus dans la durée. En tant que club de réflexion, le CEEC joue un rôle d'agitateurs d'idées et s'appuient sur l'expérience et l'expertise de ses membres évoluant aussi bien au niveau national qu'international. Le club n'a pas la prétention de traiter toute demande qui s'adresse à lui. Il joue également un rôle d'intermédiaire et est donc amené à orienter certaines demandes vers les bons interlocuteurs comoriens ou étrangers de façon à atteindre les objectifs visés.

Quel est le rôle de la diaspora comorienne dans le développement économique du pays ?

La diaspora comorienne représentant un peu plus de 25% de la population, joue un rôle primordial dans le développement économique et social des Comores. Avec des flux de transfert d'argent atteignant près de 120 millions d'euros par an selon les estimations de la Banque Centrale des Comores, soit 25 % du produit intérieur brut (PIB), la diaspora comorienne en particulier celle en provenance de la France contribue fortement à soutenir la croissance économique comorienne en limitant notamment la pauvreté nationale. En effet, l'analyse des données de flux d'argent montre qu'une grosse partie des fonds transférés constitue une aide alimentaire pour les familles des migrants et une autre partie sert à la constitution de biens immobiliers voire à la construction d'infrastructures communautaires telles des classes, des dispensaires, du goudronnage et mise en état de routes délabrées, l'adduction d'eau ou raccordement d'énergie électrique ou solaire. 

 La diaspora comorienne investit également dans la création d'activités économiques dans le cadre de projets d'entrepreneuriat individuel ou en groupement d'intérêt économique. Enfin, de plus en plus, les cadres de la diaspora apportent leur savoir-faire au niveau de l'administration publique comorienne ou des sociétés d'Etat dans le cadre de nominations politiques ou techniques. Certains sont retenus en tant qu'experts locaux voire internationaux pour les organisations internationales présentes aux Comores.

Selon vous, comment est-il possible de développer l'emploi dans le secteur privé aux Comores?

Créer des emplois aux Comores implique d'agir sur plusieurs niveaux. Au préalable, il est primordial de stabiliser l'approvisionnement énergétique en évitant les délestages électriques qui mettent à mal l'activité économique. De même, il convient d'assurer un climat des affaires plus propice pour les investisseurs étrangers. Cela suppose un meilleur classement des Comores dans le rapport annuel Doing Business afin d'accroître l'attractivité économique de l'Union des Comores pour les investisseurs. Des réformes à la fois intelligentes et profondes notamment en matière de justice et de lutte contre la corruption s'imposent. Les Autorités publiques en particulier l'Agence Nationale de la Promotion des Investisseurs (ANPI) sont invitées à fournir davantage d'efforts dans ce domaine. Enfin, il est crucial qu'une politique spécifique de réduction du coût global du crédit destiné aux entreprises nouvelles, créatrice de valeur ajoutée et d'emplois soit mise en place pour accompagner les initiatives privées. 

En l'absence de baisse du taux d'intérêt, il est recommandé d'envisager la création d'un fonds de garantie, le développement d'une zone d'activités privilégiées pour les nouvelles créatives d'emplois, une agence d'accompagnement et de soutien des initiatives entrepreneuriales. Il est également possible de développer des industries manufacturières voire agro-alimentaires à partir des capitaux mixtes dans le cadre de partenariat public-privé. Les ressources halieutiques et le tourisme constituent des secteurs à privilégier au même titre que l'économie numérique et la transformation des produits de rente (vanille, girofle, ylang ylang en produits finis ou semi-finis avec des labels de qualité. 

Cela suppose notamment une amélioration substantielle du débit Internet aux Comores. L'État comorien se doit de développer des dispositifs originaux et durables pour favoriser et accompagner les initiatives d'auto-entrepreneuriat des jeunes. Cela peut être le domaine de l'agriculture sous forme de coopératives de jeunes avec prêts à taux bonifiés voire à taux zéro si cela débouchent sur la création de plusieurs emplois dans le cadre d'un plan quinquennal de substitution des importations qui représentent près de 90% des produits consommés localement. 

Que nous direz vous sur le label « Made In Comores » ?

Le Label «Made in Comores» constitue un défi à relever pour l'Union des Comores afin de sortir du cycle de l'importation massive de la quasi-totalité des produits de consommation courante et d’équipements. Les gouvernants devraient envisager de promouvoir la production nationale tant au niveau des denrées de première nécessité qu'en matière de produits de consommation courante y compris dans le domaine de produits manufacturés et artisanaux. Pour ce faire, des mesures à la fois structurelles et conjoncturelles pour soutenir les opérateurs économiques qui investissent dans des secteurs clés, créateurs d'emploi et de valeur ajoutée doivent être prises rapidement. 

Un plan pluriannuel de redressement productif en matière d'augmentation de la productivité nationale devra être pensé pour soutenir les opérateurs économiques qui investissent dans les secteurs manufacturiers, agricoles et agro-alimentaires et de l'élevage. Des lignes de crédits spécialisés et à taux bonifiés pour les produits fabriqués aux Comores sont tout à fait envisageables à condition qu'il y ait une politique de sélection rigoureuse et transparente ainsi qu'un suivi sur une période de 5 années avec des évaluations régulières pour en mesurer les effets en matière de création d'emplois et de qualité. Des campagnes de sensibilisation à la nécessité de consommer local doivent être intégrées au processus de soutien au label « Made in Comores » «Fabriqué aux Comores».

Quelle aide octroyée aux PME-PMI par le gouvernement ?

En l'état actuel de la situation des finances publiques, l'État ne dispose pas suffisamment de marges de manœuvre pour accorder des aides directes aux PME - PMI. Une politique globale d'abaissement du coût du crédit pour les petites et moyennes entreprises et industries devra être engagée par les pouvoirs publics après concertation avec la Banque Centrale des Comores et les établissements de crédits et assimilés de la place. Il s'agira d'une politique volontariste visant à réduire le refinancement des entreprises et industries désireuses d'augmenter leurs capacités de production. Un fonds de garantie visant à faciliter les investissements productifs et à réduire la prime de risque qui est incluse dans le coût de revient global du crédit est tout à fait envisageable. 

De même un dispositif fiscal visant à créer un taux d'impôt réduit sur les sociétés de l'ordre de 15 à 20% sous certaines conditions y compris en termes de réinvestissement des bénéfices et d'emplois est à étudier. Cela suppose que les entreprises concernées soient affiliées à un centre national de gestion agréé par l'Administration des Impôts et du Domaine (AGID) avec la collaboration de l'Agence Nationale de Promotion des Investissements aux Comores(ANPI). Tout est question de volonté politique, d'organisation et de savoir-faire.

Quel est le rôle du politique sur la solution économique ?

Les responsables politiques ont un rôle primordial dans l'amélioration de la gouvernance publique et donc dans la mise en œuvre des réformes nécessaires pour mettre les Comores dans la voie de l'émergence économique. Cette dernière suppose la mise en place de réformes structurelles et conjoncturelles pour à la fois accroître l'efficacité de l'Action publique et soutenir la croissance économique et par ricochet le secteur privé. La stabilité politique est fondamentale pour redresser de manière durable les finances et sortir donc de la culture de l'assistanat. La mobilisation des ressources fiscales et non fiscales est une nécessité absolue. Elle doit être une priorité nationale. Pour ce faire, la volonté politique d'assurer une gouvernance rigoureuse, transparente et dégager ainsi un budget d'investissement pour financer la construction d'infrastructures de bases, promouvoir des industries créatrices d'emplois avec des fonds publics et privés et permettre l'élévation du niveau de la population. 

L'exemplarité des politiques en particulier des gouvernants est cruciale pour mener à bien des réformes indispensables en matière de redressement des finances publiques, d'éducation civique et professionnalisée, de mise en place d'une sécurité sociale et de santé, de justice sociale et de cohésion nationale. Sans des réformes globales notamment au niveau de la justice, les politiques visant à rendre l'émergence des Comores effective resteront peu efficaces et peu crédibles. Les élus de la République de l'Union des Comores ainsi que les responsables publics ont un devoir d'agir rapidement en engageant les réformes nécessaires au décollage économique. Le redressement des finances publiques, le renforcement de l'attractivité économique des Comores et l'instauration d'une justice impartiale et équitable constituent des défis majeurs pour l'équipe gouvernementale en place. Tout est question de volonté politique.

Entretien réalisé à Paris par Youcef MAALLEMI
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