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Mouhcine Fikri, vendeur de poisson, mort broyé par un camion à ordures. L'acte est d'une cruauté insoutenable. Cela s’est passé au Maroc. Qu'avait-il fait pour mériter une mort aussi cruelle? L'infortuné avait juste tenté, dans un élan de désespoir mais aussi de colère inextricable, de s'opposer à la saisie de sa marchandise par des agents municipaux. En 2011, Mohamed Bouazizi, s’est immolé, alors âgé de 26 ans, pour exprimer sa colère contre le régime de Ben Ali et sa coterie. En Afrique, ceux qui incarnent l’autorité publique se plaisent, avec un malin plaisir innommable, à fouler aux pieds l'éthique et la dignité humaine avec leurs pratiques peu catholiques : corruption, usage abusif de la force, chantage, fanfaronnade…

Mouhcine est mort, ce vendredi 28 octobre 2016. Mouhcine est mort, atrocement, fauché à la fleur de l’âge. Je suis indigné au plus haut point. 

Mouhcine est mort, injustement. Il n’était pas un délinquant, il n’était un malfrat, il n’était pas un terroriste. Il était juste un modeste vendeur qui travaillait d’arrache-pied pour arrondir ses fins de mois. Mouhcine Fikri a payé de son sang pour dire non à une injustice, une aberration. 

Sa mort vient s’ajouter à cette longue et triste liste des gens tombés foudroyés par l’iniquité des régimes africains pour lesquels museler les voix contestataires et courageuses par la mort est une norme. "L'homme est le seul être qui éprouve le besoin d'accomplir des actes inutiles" disait Pierre Lecomte de Noüy dans La Dignité humaine (1942)

J’ose dire et cela va choquer plus d’un: l'Afrique, dans son ensemble, est un effrayant concentré d’ignominies et de cruautés. Les vies humaines valent moins qu'ailleurs. Et les lois sont toujours enfreintes par ceux qui doivent s’ériger en remparts contre les transgressions dont elles font l’objet. Pour des sociétés policées où les valeurs de paix et de justice sont prises en compte, la violence n’est employée qu’à la dernière extrémité. Chez nous en Afrique, l’usage de la force est une pratique monnaie courante. Nos hommes en treillis ont la gâchette facile, au sens global et criminel du terme et nos dirigeants politiques africains du sang sur leurs mains. Ailleurs, l’autorité n’est pas le despotisme, la violence, l’oppression, la captation des biens publics, l’écrasement des laissés-pour compte. Elle est au contraire au service de l’ordre public. Chez nous, en Afrique, l’autorité rime avec empiétement de la démocratie, de la liberté, avec usage disproportionné de la force. C’est absurde !


Il y a trop d’injustices, trop de cruautés en Afrique. Il y a trop d’impunité en Afrique. Il y a trop de morts injustes en Afrique. Quand cela va-t-il cesser ? Quand l’humain, avec ce qu’il de plus transcendant, va être pris à sa juste valeur par ces malades qui nous gouvernent ? 

Les mots emprunts de compassion de Mohamed VI suffisent-ils à contenir la colère de tout un peuple choqué cette mort gratuite ? Les jours à venir nous en diront plus. Mais le royaume chérifien tremble de tout son corps : partout on manifeste pour dire non à l’arbitraire. 

En Afrique, les jours se suivent et se ressemblent, à s’y méprendre, cruellement, charriant leur cortège d’horreurs et d’insanités. L’Afrique se complait dans l’absurdité comme si cela fait intrinsèquement partie de son existence! L’Afrique a un gros péché mignon : faire une entorse aux lois, à la morale, la décence par ses indécences inavouables. 

L'Afrique pourra-t-elle, à ce rythme là, tenir en respect le reste du monde en continuant à traiter sans ménagement son peuple ? Et bien non, son mépris royal vis-à-vis des lois fait d’elle la risée du reste du monde, et c’est pour l’éternité. Ou penser une autre façon de gouverner qui mettra le peuple au centre de toutes ses préoccupations. 

Mais ce n’est pas pour demain, le bout du tunnel. Quant à la réparation des injustices : une improbable lutte, une perspective fuyante, une douce utopie. 

Mes affectueuses et sincères pensées à sa mémoire, à sa famille avec laquelle je partage son immense peine. 

Abderemane Ali
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