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Après avoir organisé, au mois de Septembre dernier, un atelier au sur la pêche durable au Comores, Abdillah Imam , point focal national de l’ Indian Ocean Rim Association et Président du Comité comorien Economie bleue, souhaite poursuivre la dynamique de compréhension de ce concept. Analysée, aux Comores, autour du traitement des fruits de mer, la transformation et le stockage des produits de la pêche et de l’aquaculture, l’Economie bleue comporte plusieurs volets méconnus par la population comorienne, souligne-t-il. Actuellement, il participe à la seizième session du conseil des ministres de l’Indian Ocean Rim Association à Bali en Indonésie jusqu’au 27 octobre prochain.Entretien.

Eraenvironnement.com : Que ressort-il de l’ atelier de septembre tenu aux Comores ?

Abdallih Imam : L’atelier de septembre est le fruit des recommandations émises à la Première Conférence ministérielle sur l’économie bleue pour les pays membres de l’IORA, en septembre 2015 à Maurice. Son objectif : partager les expertises et les expériences de la région dans la gestion des Pêches, pour mieux répondre aux besoins de notre population et pouvoir pénétrer le marché international des produits de la Pêche. La principale recommandation est la mise en place d’un laboratoire répondant aux normes internationales de qualité et de sûreté des produits halieutiques. La volonté d’établir un renforcement des capacités de la Société nationale de Pêche a été aussi soulevée. Certains pays membres ont déjà manifesté leur disponibilité à accompagner les Comores dans ces deux projets : le Bangladesh et le Sri Lanka.

Les Comoriens ont-ils compris les enjeux de l’Economie Bleue?

L’économie bleue est un nouveau concept pour tout le monde. Ce volet a été introduit, au sein de l’IORA il y a seulement deux ans, par la Ministre australienne des Affaires étrangères. Le peuple comorien va s’approprier le concept progressivement, à travers les actions de l’IORA dans notre pays. La semaine prochaine, une brochure sera distribuée au niveau national. Les journalistes locaux seront formés sur le concept, lors d’un événement programmé par le Ministère des Affaires étrangères. Nos axes prioritaires sont multiples: les échanges commerciaux et l’investissement, la gestion de la pêche, les énergies renouvelables, la gestion des catastrophes naturelles et la sécurité maritime et la sûreté. 

L’entrepreneuriat féminin et la coopération académique et scientifique ne font pas partie de l’économie bleue, mais sont parmi les priorités de l’IORA. Aux Comores, la coordination des actions de l’IORA est assurée par le Ministère des Affaires étrangères, qui n’est pas forcément expert en la matière. Un comité national incluant toutes les différentes parties prenantes du pays a été mis en place. Sa mission : faciliter les échanges entre le Point focal national et le référent technique pour chaque axe prioritaire. Chaque stratégie sectorielle fera l’objet d’un chapitre s’inscrivant dans la Politique nationale Economie bleue. Ce chapitre sera pris en considération dans la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté du pays.

Vous êtes actuellement à Bali pour demander une seconde organisation d’atelier aux Comores. Pourquoi vouloir accueillir à nouveau un atelier? Pourquoi IORA ne travaillerait-il pas sur la formation continue?

IORA ne peut pas assurer des formations continues pour des raisons économiques. Mais elle encourage les Etats membres à le faire au niveau bilatéral. Chaque année, nous bénéficions par exemple d’un éventail de formations techniques en Inde. Les ateliers ont pour objectif d’émettre des recommandations sur la base de l’expérience des autres pays. Il appartient au pays hôte de mobiliser les fonds auprès des pays membres ou d’autres organismes régionaux ou internationaux. Sur ce point, IORA propose un programme de soutien spécial à certains pays comme les Comores. Il s’agit de financer à 90 % des projets pilotes, si bien entendu le pays soumet la demande et que le Conseil des Ministres donne son approbation.

Propos recueillis par Houmi Ahamed-Mikidache

A propos de l’IORA:

L’Indian Ocean Rim Association for Regional Cooperation fédère les Comores, Madagascar, les Seychelles, l’ Afrique du Sud, le Mozambique, la Tanzanie, le Kenya, la Somalie, Oman, les Emirats Arabes Unis, l’ Iran, le Sri Lanka, le Bangladesh, Singapour, la Thailand, la Malaysie, l’ Indonesie, le Yemen et l’ Australie. Cette organisation régionale existe depuis 1997 et les Comores ont intégré l’entité en 2012. Son objectif : rassembler les pays autour des questions de développement de l’Océan Indien et les différentes coopérations régionales .
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