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© www.habarizacomores.com (Habari Za Comores)-
Rompre avec le passé colonial

La structure économique du pays repose pour une grande partie sur l’exploitation et exportation des cultures de rente depuis la colonisation. Cette structure reposant sur les principes ricardiens des avantages comparatifs et de la division internationale du travail fut pendant les colonisations les bases imposées aux colonies par les pays colonisateurs qui clamaient la primauté aux pays colonisés à se spécialiser dans la culture des produits de rente et les pays colonisateurs à leur exploitation industrielle.

Cet ordre mondial appliqué pendant des siècles et toujours en action aux Comores induit l’appauvrissement des pays concernés à se spécialiser dans les secteurs à rendement décroissant, pendant que les pays du nord tirent le maximum de produit à créer de la valeur ajoutée de l’emploi et de la richesse. Ce modèle a freiné et empêché pendant longtemps l’industrialisation et l’émergence des pays colonisés, longtemps favorisés dans le change.

Les Comores à l’instar des pays asiatiques et des pays africains émergents tels que l’Ile Maurice, les Seychelles, le Rwanda, le Botswana, etc., doivent repenser leur modèle de développement en s’affranchissant de l’économie coloniale dominée par la prédominance du système rentier sur le système productif. Le pays ne peut créer de l’emploi ni œuvrer à une croissance inclusive accélérée en s’adonnant quasi exclusivement à l’exploitation seule des produits de rente dont les fondements sont anachroniques.

Le pays doit au contraire mettre l’accent sur les activités économiques à création de valeur ajoutée et donc de création de richesse et d’emploi pour tous, particulièrement les jeunes dont le taux de représentation dans la société est estimé à 69%. L’économie comorienne doit se moderniser, se diversifier et se mettre en phase avec le nouvel ordre mondial post coloniale, et devenir à terme une économie mondialement et régionalement compétitive.

Changer de tissu et de structure économique

Les Comores ont besoin de créer de l’emploi et de la richesse afin de passer à un niveau de croissance accélérée se basant sur les investissements et la production. Pour l’heure actuelle, la croissance économique du pays est principalement tirée selon les indications de la Banque Centrale des Comores par la consommation intérieure qui représente 52% du Produit Intérieur Brut (PIB). Cette dernière est alimentée par l’aide internationale et les transferts de la diaspora.

Le pays a besoin de passer à une croissance productrice de plus 7% selon la Banque Mondiale pour efficacement lutter contre la pauvreté et changer la donne de développement du pays. Un effort accru doit être consacré à l’attraction des Investissements Directs Etrangers dans le but de soutenir l’économie du pays et sa diversification en faveur des activités à forte valeur ajoutée et à haute intensité de capital et de main d’œuvre.

Les échanges mondiaux offrent une opportunité unique de spécialiser l’économie du pays dans les services avancés, la réexportation et la création de terroir pour aider à renforcer la compétitivité internationale et région du pays, et le chômage croissant, notamment des jeunes, améliorer le bien-être et le niveau de vie de l’ensemble de la population.

Le pays doit devenir une plaque tournante majeure dans la sous-région au même titre que Singapour est devenu une plaque tournante majeure s’appuyant sur sa localisation stratégique en Asie comme les Comores dans le canal de Mozambique, l’intérêt émergent des puissances mondiales à la géostratégie du canal et l’amplitude de la Chine à progressivement délocaliser une partie de sa production mondiale pour gagner de la compétitivité mondiale, à mesure que le pays se renchérit.

Fonder et inventer de nouveaux modèles de croissance accélérée

Les Comores appartiennent à de nombreuses des zones stratégiques de croissance dont la COI, le COMESA, l’ACP, ligue arabe, l’AGOA, etc. Le pays ne profite toutefois pas des avantages à appartenir à ces zones stratégiques du fait de sa structure économique essentiellement portée vers la consommation intérieure et l’importation des biens. Cette donne peut être changée par l’attraction des IDE, la restructuration des fondamentaux liés à la politique économique du pays et la mise en place de Zone Franche d’Exportation. 

Les Zone Franches D’Exportation sont des leviers essentiels pour l’accroissement des échanges du pays avec la sous-région et le monde. De nombreux pays, à l’instar de l’ile Maurice, ont pu accentuer et accélérer leur industrialisation par la création d’un environnement localisé compétitif et attractif aux IDE, dans les domaines notamment de la réexportation. 

Par le biais de sa compétitivité dans les activités de la réexportation, le pays peut devenir à moyen et long terme un entrepôt majeur pour la réexportation à destination du COMESA, de l’ACP, de la Ligue arable, de l’AGOA, de l’Afrique du Sud, de la Tanzanie, etc. Les produits de la réexportation pourrait aussi bien concerner les produits importes et les produits exportes dans les zones concernées ou les Comores auraient un avantage comparatif avéré ou progressif à construire, comme dans le textile, l’électronique, l’alimentation, la pétrochimie, les hydrocarbures, etc.

Miser sur les nouveaux créneaux en guise de fer de lance

Le tourisme représente un potentiel indéniable pour le développement et la croissance accélérée. En outre de constituer au démarrage un vivier capital de haute mobilisation d’IDE, le secteur constitue un levier majeur à intense effet d’entrainement économique pour le pays. 

Les statistiques disponibles dénombrent à peine 22 000 visiteur par an, dont la plupart sont des binationaux. La faute aux infrastructures limitées, aux connexions aériennes difficiles, aux prix exorbitants des transports aériens, au déficit marketing et au cout élevé de la vie, dont l’ensemble rend la destination peu captivante et commerciale. 

Le tourisme constitue un pays économique central pour les micros et petits états insulaires comme les Comores, l’ile Maurice, les Seychelles, le Fiji, les Maldives, etc. Sauf les Comores, les pays cités ont lourdement investi dans le secteur durant les dernières décennies pour devenir des destinations de choix dans le monde. 

En 1970, un rapport du PNUD sur la stratégie de croissance et de développement du pays a dissuadé les Maldives à donner la priorité au secteur touristique pour les mêmes raisons aujourd’hui évoquées pour les Comores (manque d’infrastructure, absence de facilité logistique, étroitesse du marché, etc.). Le pays a passé outre les recommandations des experts et compte aujourd’hui 89 stations balnéaires qui représentent un total d’IDE de plus d’un milliard de dollars américains. 

La même trajectoire est possible pour les Comores dont les défis semblent insurmontables mais bien contournables, à condition de penser autrement la politique nationale de développement du pays et l’offre particulière en matière de tourisme, dans le cadre global d’une économie vigoureusement ancrée dans la fourniture des services avancés dans le domaine. 

Les Comores disposent de tous les atouts possibles en regard de la diversité de ses paysages volcaniques, ses lagons, ses montagnes, ses plages au sable fin, ses baies, etc. Ces atouts sont mis à mal par l’inertie des politiques en cours qui prennent peu en compte l’évolution du marché, de l’offre mondiale et de la demande internationale, très complexe et de plus en plus exigeante en matière de qualité et de prix.

Le tourisme traditionnel est débordé et dépassé par l’appel au tourisme de concept sublimé par les stations balnéaires, les parcs d’attraction, le tourisme d’affaire, le tourisme commercial, le tourisme sociologique, etc.

De par sa localisation stratégique, et ses nombreux atouts touristiques, les Comores ont le potentiel de devenir un nouvel eldorado touristique dans la sous-région et dans le monde, moyennant une offre se basant sur complexes touristiques quasi uniques au monde et l’intéressement de la clientèle de proximité (Afrique du sud, Tanzanie, Kenya), arabe (Koweit, Arabie saoudite, Oman, Emirats Arabes Unis) et occidentale (Italie, Allemagne, France, etc.).

Ces projets nécessiteront de démarcher commercialement les investisseurs potentiels dont les Chinois et les Sud-Africains, pour forger ensemble une vision progressiste convaincante et profitable aux opérateurs comme aux clients et au pays.

Favoriser l’émergence de nouveaux secteurs plus porteur et mieux intégrés à l’économie mondiale

Aussi petit que le marché comorien est présumé, il peut devenir infini s’il se connecte et s’intègre efficacement et stratégiquement dans le commerce mondial en tant que plaque tournante de services avancés dans la sous-région. 

La mondialisation est une autoroute à multi sens et multi voies. Les Comores n’ont jusqu’à présent participer qu’en tant que consommateur. Le pays peut tirer profit de la mondialisation en ouvrant des points de service visant à devenir une plaque tournante compétitive dans les services avancés dont le tourisme mais aussi la finance offshore et les centres d’appel.

Le pays a une réglementation reconnue en matière de Lutte contre le Blanchiment t le Financement du Terrorisme pour s’intéresser au même titre que l’ile Maurice, les Seychelles et les Fiji, aux activités offshore commerciale comme bancaire.

Les pays comme ceux cités plus haut tirent pour certain plus de 20% de leur PIB des activités offshores, dont les activités bancaires permettent de financer en partie l’économique nationale et de générer des emplois dans les domaines concernés.

En plus lesdites activités profèrent au pays une reconnaissance mondiale qui contribue à donner du crédit au pays et une image progressiste favorable à l’attraction des IDE. Grace à a son activité bancaire offshore, l’Ile Maurice mobilise un IDE de 300 millions de dollars en moyenne par an, dont les flux sont redirigés pour financer l’économie indienne dans le cadre des accords spéciaux signés entre les deux pays dans les années 1980.

Les centres d’appel fournissent à l’Inde et au Philippines des millions d’emplois pour les jeunes en particulier. Le secteur pourrait fournir aux Comores plus de 50 000 à 100 000 emplois. A contrario de l’Inde et des Philippines, les Comores sont multilingues. Le secteur peut attirer les centres d’appel francophone, anglophone et arabophone. Le secteur est immense et à la portée du pays en regard du cout de la main d’œuvre, de la règlementation favorable et de l’avènement en cour de la fibre optique.

Créer des emplois et de la richesse dans les communautés

L’économique comorienne pour être prospère, équitable et porteuse d’avenir, ne peut se contenter de créer des activités économiques et des emplois dans les capitaux et autres centres villes. Elle doit parer à créer des emplois et des pôles de croissance dans les communautés et les préfectures.

Le modèle Un Village Un Produit est une invention japonaise de l’après seconde guerre mondiale, qui a permis à l’ère du Meiji de diversifier la structure de l’économie rurale du pays, de créer de la valeur ajoutée et des emplois de proximité dans les zones rurales, en rapport avec le boom économique dans les villes du Japon et dans le monde.

Le modèle permet donc d’aider à structurellement et efficacement diversifier le tissu économique et entrepreneurial de base du pays dans les zones reculées, dans le but de créer de la richesse et de l’emploi, et d’accroitre le bien être de toute la population et le volume de la classe moyenne.

Le Malawi a opté pour le modèle dans les années 2008 avec l’appui de la Coopération japonaise, sous le haut patronage du Président de la république, Bingu wa Mutharika. Le Malawi souffrait de la malnutrition et de la pauvreté absolue qui touchait en 2000 plus de 60% de la population.

Le taux des personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté a depuis chuté à 39% en 2010. Le programme a été vital dans la semi industrialisation du Malawi qui exporte désormais une partie importante de sa production alimentaire en Afrique du Sud et au Japon. Le modèle Un Village Un Produit est aujourd’hui mis en œuvre en Tunisie, en France et dans de nombreux pays en voie de développement.

Les Comores ont la possibilité d’aussi revivifier la coopération avec le japon pour une assistance technique et financière en vue de mettre en œuvre ledit modèle, s’appuyant aussi sur les aspirations passées du Président Ali Soilihi qui avait entrevu et imaginé le même modèle mais l’avait restreint à la seule agriculture.

Abdoul Anziz Said Attoumane, Conseiller et analyste stratégique
Ancien fondateur des MECK et actuel président de Fahari Development and Consulting Group
Diplomé en Politique Générale et Stratégique, Option affaires Internationales
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