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Que se passe –t-il à Madagascar ? Qu’elles soient minières ou bien du bois de rose, les ressources naturelles ne sont pas les coupables à Madagascar

Quatre actes miniers illustrent Madagascar.
Depuis 2008 Près de Tolanaro (Fort Dauphin), la société minière Rio Tinto exploite avec ses standards internationaux un gisement de sable minéraux transformés en dioxyde de titane; au côté de l’entreprise privée cotée à Sydney et Londres, l’État de Madagascar est actionnaire de la mine à hauteur de 20 %.

Depuis 2012 le consortium canadien-japonais-coréen d’Ambatovy exploite au centre-est de l’île une mine de nickel elle-même reliée à son usine d’affinage sur la côte orientale. Projet emblématique par ses retombées économiques locales, il axe également son développement selon des standards de protection de la biodiversité.

Plus au Nord et découvert en 1948 le gisement de chrome d’Andriamena est en exploitation depuis 1973 et fut nationalisé en 1975. De nos jours, la Kraoma, entreprise de l’état malgache, y produit toujours du chrome tout en tentant de diversifier son activité en régulant la production d’or artisanale de la région de Degio-Suarez. Elle agit avec une certaine maladresse, usuelle dans de telles situations : pour le chrome elle manque d’une vision industrielle de son État actionnaire, corolaire de cette absence de graves fraudes et fautes de gestion sont tautologiquement attribué à l’État malgache ; la réorganisation de la collecte de l’or n’étant pas accompagnée d’un emblématique programme marketing d’or équitable et de joaillerie éthique , le risque est élevé que l’exploitation du métal précieux s’y exécute en dehors des règles de l’OCDE, à la manière de son alter ego et « minerai de sang » de la région des Grands Lacs.

Enfin, à l’ouest d’Antanarivo sur la localité de Soamahamanina un permis d’exploitation était cette année accordé par le Bureau des cadastres miniers de Madagascar à la société Jiuxing Mine pour y rechercher or, argent, fer, plomb, zinc et béryllium pour une durée de 40 ans. Mais, aucune étude d’impact environnementale, économique ou sociétale, aucune consultation des populations locales n’auraient été entreprises au préalable. Conséquence à laquelle il fallait s’attendre : une forte opposition des habitants expropriés de leurs terres cultuelles et vivrières coutumières.

Deux projets internationaux qui fonctionnent selon un compromis entre industrie en environnement et deux exemples miniers qui illustrent l’échec d’un l’État, la misères et les malheurs de la population et les malaises de la communauté internationale.

Que se passe –t-il à Madagascar ?

Le code minier est régulièrement mis en cause. Est-il si particulier que les projets internationaux semblent fonctionner mais pas les projets nationaux? Dans ce cas faut-il réformer le texte ou bien l’administration qui l’applique ? Pourquoi le FMI demande-t-il la réorganisation de la Kraoma ? Que faut-il penser d’une mauvaise rumeur d’un accord garantissant un accès au sous-sol malgache à des intérêts d’origine chinoise en échange de 100 millions de dollars pour la construction d’un tramway dans la capitale : si l’accès au sous-sol se matérialise, ou se trouve le tramway ?

Malédictions

Depuis le début du siècle Madagascar bénéficiait peu du coruscant et mondialisé cycle des matières premières initié par la croissance chinoise, la production minière malgache inadaptée est restée réduite ; par conséquent, sans grande recette Madagascar ne peut pas se culpabiliser d’une hypothétique malédiction des mêmes matières premières lorsque la crise fut venue. « Hypothétique », je le rappelais récemment dans l’émission de RFI « Eco d’ici Eco d’ailleurs », contrairement à des représentations académiques tenaces le doute existe à propos de cette malédictions des matières première : pour chaque Venezuela il y a une Norvège, pour chaque République Démocratique du Congo il y a un Chili ; le pétrole ou le cuivre qui y sont produits sont quasiment les mêmes, les prix internationaux respectifs qui régissent leurs échanges sont identiques et pourtant des pays réussissent mieux que d’autres.

Les marasmes économiques existent aussi sans l’irruption des matières premières, ces dernières ne sont coupables d’aucune malédiction, elles n’y sont pour rien ! Réalité de terrain et théorie académique divorcent, « la malédiction des matières premières » reste une aimable excuse cachant des malédictions politiques : celles d’une succession de dirigeants aux dépenses déréglées, abusives et non désireux de consacrer les mannes énergétiques, métallurgiques ou agricoles au pays. C'est pourquoi, invoquer une malédiction des matières premières pour expliquer une récession économique est ambiguë, voire quasiment une erreur de pédagogie. 
Et, au cours de cette même émission de RFI nous relevions la carence répétée de la matière première politique indispensable pour outrepasser la malédiction : le courage, une ressource humaine inégalement distribuée pour combattre l’imprécation. 

Réalité Malgache

Qu’elles soient minières ou bien du bois de rose, les ressources naturelles ne sont pas les coupables à Madagascar. Au contraire, à l’égal d’autres pays, la Grande Ile souffre de la malédiction politique ordinaire qui se dissimule derrière l’ambiguë malédiction des mêmes matières premières. Les atermoiements malgaches à propos de la modernisation du code minier y ressemblent ; ils semblent parfois être une excuse du temps qui passe, et l’on s’interroge : la politique malgache a-t-elle le courage d’éliminer sa malédiction pour mettre en valeur de manière raisonnée les ressources du pays ? Sinon le danger est bien répertorié : une population durablement désespérée de l’accaparement, de la corruption, du clientélisme et du despotisme engendrant misère, malheur, pauvreté, malnutrition adoptera in fine révolte et violence. En mai dernier, le secrétaire générale de l’ONU Ban Ki-Moon, parfaitement informé de cette situation, avertissait par ce discours devant le Sénat malgache : 

« La généralisation de la pauvreté est préoccupante. La croissance économique est faible, le taux de chômage élevé. L’accès à l’eau est l’un des plus difficiles au monde. Seuls trois enfants sur dix ici terminent l’école primaire. Ils devraient être en classe, en train d’apprendre, et non ailleurs en train de travailler. Environ un Malgache sur trois ne sait pas lire….Vous pouvez mettre fin à la corruption qui gangrène la société malgache. Vous pouvez contribuer à la lutte contre le trafic des richesses naturelles. »

Parce qu’une politique minière raisonnée apporte un développement économique raisonnable ; parce que des réformes minières souveraines accompagnées d’un dialogue avec les populations ont apporté un développement économique dans d’autres régions du monde (Pacifique, Afrique, Amérique du Sud), L’ONU mais également récemment le FMI via un crédit de 305 millions de dollars sont attentifs à la situation malgache et cette attention transpercent le grand public à Madagascar mais également outremer. Restons attentifs et nous en saurons probablement plus cours du prochain sommet de la francophonie qui se tiendra à Antanarivo les 26-27 novembre 2016.

Didier Julienne / Stratège des ressources naturelles
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