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Renforcer le marché financier local

L’argent est le nerf de la guerre et les Comores, fraîchement qualifiés pour le programme PPTE, sont confrontés à un impératif de financement extérieur productif de la part des partenaires financiers conventionnels et non conventionnels. Le secteur financier comorien est limité, bien qu’en expansion depuis 2005, en volume et en valeur.

Le pays compte neuf établissements financiers dont trois banques commerciales, une banque de développement aussi engagée dans le commercial, deux établissements financiers décentralisés, une banque postale et deux institutions financières. Les engagements financiers en faveur de l’économie se sont élevés en 2014 à 58,9 milliards FC contre 54,2 milliards FC en 2014 et 10,4 milliards FC en 2004.

Ces engagements représentaient 16% du PIB en 2014 alors qu’il est de 84,8% pour les iles Fiji, 104,3% pour l’ile Maurice, 23,9% pour les Seychelles, pour ne citer que ces pays. Le chemin est encore longue pour prétendre pleinement répondre de manière optimum aux besoins de croissance de l’économie pour les années à venir, d’autant plus que la tendance est à la prudence de la part des institutions financières au regard des prêts en souffrance et des difficultés rencontrées à faire respecter les contrats de prêts.

Le secteur financier comorien doit impérativement se diversifier en étendant l’offre de produits financiers dans le but plus efficacement financer l’économie et le secteur privé. La diversification doit se faire au niveau des produits et des institutions financières grâce à la création et l’organisation des marchés financiers primaires et secondaires dont les émissions d’obligation d’Etat et les augmentations de capital, à travers la création d’une bourse locale et/ou la création des banques d’investissement.

Le secteur financier local doit offrir également les crédits à long terme dont les entreprises et les particuliers ont besoin pour financer leurs investissements à long terme dont l’immobilier. Des fonds spéciaux ou des banques spécialisées doivent pour être rapidement mise en place pour financer le secteur immobilier et l’habitat dans le cadre de l’acquisition de nouvelles constructions et de la réhabilitation des constructions existantes.

Ces nouveaux produits permettront de doubler voire tripler la croissance économique du pays qui dépend pour le moment quasi seulement de la consommation intérieure par le biais de l’aide internationale et des transferts de la diaspora en France, de créer des milliers d’emploi par la même occasion.

Renforcer la coopération financière internationale et régionale

La mise en place d’un marché financier local n’est pas œuvre aisée à la vue de l’économie actuelle du pays. Les banques d’investissement ne pourront être intéressées à s’installer aux Comores que dans la mesure où le niveau économique du pays sera suffisamment avancé pour justifier un tel intérêt.

Le pays devra en attendant de prendre son mal en patience renforcer sa coopération financière auprès des institutions financières internationales et régionales dans le but d’améliorer l’accès au crédit des entreprises et investisseurs étranger potentiels intéressés à travailler aux Comores dans le cadre des projets à vocation structurante que les banques locales ne sont pas en mesure de financer et les entreprises locales à accéder.

Le secteur privé comorien est limité et ne dispose pas de la taille critique requise pour prétendre emprunter auprès du marché financier international. Il ne dispose ni des garanties ni des contributions financières généralement imposées par lesdites institutions financières pour les projets à caractère structurant.

Le secteur privé comorien est principalement dominé par les PME, souvent non éligibles au financement de la part des institutions financière internationales pour les raisons de garantie et de montant financier dont le niveau minimum s’élèvent en règle générale à 10 million de dollars pour les projets structurants et avec une contrepartie financière exigée de 20% en général.

L’Etat est pour sa part surendetté malgré le soulagement récent d’une partie de sa dette dans le cadre de l’atteinte du point d’achèvement du programme PPTE et a grand intérêt à faciliter l’installation dans le pays des entreprises et investisseurs étrangers capable de durablement et massivement lever les fonds requis auprès des institutions financières partenaires privées et multilatérales.

La Banque Africaine de Développement (BAD) dispose à titre de référence de nombreux instruments financiers parmi lesquels la dette à garantie de premier rang, la participation directe au capital, et les instruments assimilables à des fonds propres. La BAD est un excellent partenaire pour le financement des infrastructures productives liées en particulier à l’éducation, à la santé, au tourisme, etc.

La Banque Arabe pour le Développement de l’Afrique (BADEA) offre des financements de moins de 20 millions de dollars et contribuent à hauteur maximal de 605 des projets. Ses engagements portent sur les services, l'industrie, les infrastructures, etc. Certains des projets financés par la BADEA incluent une usine de couture à Dakar pour un montant de 10 millions de dollars, construction et équipement d’un centre de formation agricole en Mozambique pour 12,2 million de dollars, la construction d’un centre de traitement des cancers au Kenya pour 10 million de dollars, infrastructure hôtelières aux Seychelles pour 6,5 millions de dollars, etc.

La PTA Bank est la banque régionale du COMESA. Elle finance les projets dans les domaines de l’industrie (textile, plastiques, etc.), agroalimentaire, miniers, tourisme, santé (cliniques), éducation (centre de formation, campus privé, etc.) et immobilier. La banque est à l’origine du financement des compagnies Rwanda Air Express et d’Ethiopian Airways, du complexe résidentiel Eden Island aux Seychelles, du British Amerian Hospital à l’ile Maurice, du nouvel aéroport de Nairobi, etc. Les financements varient entre 500 milles et 20 millions de dollars.

Le pays peut sur la même lignée et le même esprit accroitre ses relations financières avec la Banque Islamique de D’eveloppement (BID), la Société Financière Internationale (SFI) du groupe de la Banque Mondiale et d’autres fonds privés en émergence comme le China Africa Development Fund (CADFund), l’Africa Finance Corporation, etc., spécialisés dans le financement exclusif des infrastructures.

Valoriser la participation financière de la diaspora

La diaspora apporte une contribution financière importante au pays dont l’essentiel est destiné à la consommation. De nombreux efforts ont été fournis par l’Etat pour mobiliser la manne financière apportée par la diaspora dans le financement du secteur privé productif. Les efforts entre autre menés par la Banque Centrale des Comores ont failli à apporter les résultats escomptés, faut de mécanismes et dispositifs appropriés pour orienter lesdits fonds dans le secteur productifs en lieu de la consommation.

Certains pays dont le Rwanda et l’Ethiopie, deux pays en vogue actuellement pour l’exemplarité de leurs développements et de leur croissance économique à plus de 8% annuel, ont trouvé les moyens ces dernières années de mobiliser l’intérêt de leurs diasporas à participer à l’essor de leurs pays respectifs au moyen du financement des bonds de trésors diaspora. Le Rwanda a levé en 2014 la somme de 29 milliards de francs rwandais pour la construction et réhabilitations des routes nationales et l’électrification rurale. Les bons concernés ont été souscrits à 140% et 232% selon les cas.

L’Ethiopie entrevoit de construire le deuxième barrage hydraulique mondial après celui des Trois Georges en Chine d’une capacité de 10 000 MW. Le projet réduira le flux du Nil de 20% et est boudé par les financiers étrangers. La diaspora éthiopienne est visée de fiancer le projet à travers l’émission par le Gouvernement de Bonds de Trésor Diaspora. Les Comores peuvent de la même façon solliciter la diaspora pour des projets économiques productifs ciblés telle que la création de la Banque de Solidarité pour le financement des jeunes sans ressources et sans garantie financière sur le modèle de la Banque de Solidarité tunisienne et malienne.

Les Bons de Trésor Diaspora requièrent une confiance de la diaspora sur l’équipe dirigeante, la bonne gouvernance, et l’investissement de la manne dans les activités productives. Ils peuvent selon les cas et les besoins porter sur des termes de 5 à 10 ans. 

Les Bons de Trésor Diaspora peuvent servir à par exemple financer la création d’une compagnie aérienne nationale dont la diaspora peut devenir à terme actionnaire via la rétrocession de ses bons en action. 

Ils peuvent aider également le pays et l’Etat à mettre en place une société de développement immobilier et de restructuration urbaine, profitable également à la diaspora. La société créée et gérée professionnellement après coup les moyens financiers pour lever des financements plus importants et conséquents sur les marchés financiers et auprès des institutions financières amies pour le financement de la réhabilitation des construites existantes et la construction de nouvelles villes résidentielles.

Les Bons de Trésor Diaspora sont une mine pour l’Etat d’œuvrer au rapprochement économique avec la diaspora, de créer un instrument financier pratique et attractif pour la diaspora désireuse d’investir et de retourner au pays, et enfin un dialogue ferme sur la confiance en l’Etat, en à la bonne gouvernance, et en la création d’opportunités pour le pays et pour le peuple. 

Participer plus encore à la mondialisation financière

Les micros états dont les Comores font partie sont allégrement les plus exposés à la mondialisation car trop petits, peu peuplés et mal connecté pour pleinement participer à la mondialisation qui généralement impose des obligations d’économie d’échelle aux pays pour être compétitif, s’industrialiser et attirer l’intérêt des investisseurs directs étrangers. 

Trop petits pour générer les impératifs d’’économie d’échelle par les obligations de compétition de la mondialisation ‘économique, les micros états sont pris à partis de trouver leur créneau dans les services avancés aux pays développés, émergents et en voie de développement, dans les domaines du tourisme, des zones franches d’exportation et de la finance offshore dont les marchés sont spectaculairement en croissance. 

Singapour est l’exemple typique du petit état de 5,5 million d’habitants répartis sur 730 km2 qui a la transition dans les années 1970 pour devenir à ce jour la première place financière du monde devant Londres et le deuxième port mondial après la Chine. Pour ce qui est des Comores, les études réalisées par Betram et Poirine (2007) montrent que les Micros Etats Insulaires qui ont emboité le pas sur les services avancés dont la finance offshore et le tourisme, ont connu un sort de développement meilleur que les autres.

L’étude a porté sur 56 petits et micros pays insulaires dont 30 sont classés Centres de Finance Offshore et 26 ne le sont pas. Les conclusions de l’étude ont catégoriquement montré que les micros et petits pays à Centre Financier Offshore, les revenus par habitants et les fréquentations touristiques sont plus élevés. Au contraire, les pays sans Centre Financier Offshore avaient des revenus plus bas et un plus grand taux d’émigration, de chômage et de mortalité infantile.

Le choix revient de décider de subir ou de tirer profit de la mondialisation par la promotion et développement des Comores en Centre Financier Offshore ou pas. Des cinq Centres de Finance Offshore émergents, l’Ile Maurice occupe la première place, avec l’ambition affichée de servir de plateforme future de financement de la Chine vers l’Afrique. La deuxième place est dévolue à l’Uruguay, la troisième aux Emirats Arabes Unis, la quatrième, la quatrième à la Géorgie et la cinquième aux Seychelles.

Les Centres Financiers Offshore concernent autant la banque, les compagnies d’assurance et les multinationales, attirées par les possibilités de faire des affaires à moindre cout et sans les contraintes de réglementation rigides des pays développés. 

Les Comores peuvent jouer un rôle croissant dans le secteur et optimiser par la même occasion les investissements relatifs aux infrastructures productives que le pays doit impérativement mettre en place pour son développement durable et sa croissance accélérée, notamment pour ce qui est de l’exploitation de la fibre optique, de l’électricité, aéroportuaires, etc.

Comme les études le montrent, les Comores n’ont pas d’autres alternatives que de pleinement s’intégrer dans la mondialisation financière pour atteindre l’objectif de devenir un pays émergent en 2040 et accroitre les revenus des Comoriens ainsi que leur pouvoir d’achat et leur bien-être. 

Abdoul Anziz Said Attoumane
Conseiller et Analyste Stratégique
Fondateur des MECK et Président de Fahari Development and Consulting Group
Diplômé en Politique Générale et Stratégique, Option Affaires Internationales
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