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© www.habarizacomores.com (Habari Za Comores)-
La question de Mayotte ne peut trouver de réponse uniquement dans sa lecture juridique qui se décline de deux manières, selon que l'on se positionne du côté du droit international public avec les résolutions de l'ONU comme celles de l'OUA aujourd'hui Union Africaine qui reconnaissent toutes la composition de quatre îles des Comores ou côté du droit des peuples à disposer d'eux mêmes sur lequel la France s'appuie pour justifier sa volonté de se maintenir à Mayotte ou des maorés à demeurer français.

Le professeur André Oraison nous a récemment fait une large démonstration des points juridiques et la portée des résolutions de l'ONU et j'ajouterai celles de l'OUA mais aussi des recommandations dépourvues de tout caractère contraignant mais le cas des Comores est loin d'être isolé.

Pour ma part, si la solution semble stagner juridiquement, elle ne peut l'être du point de vue politique car elle est évolutive. Toutefois des obstacles ont été négligés et parfois laissés s'ériger, depuis plus de 40ans d'indépendance, des murs dans nos bras de mer, dans notre Océan et dans notre archipel.

Mayotte compte quelques 260 000 habitants et il se dit que plus de la moitié serait des sans papiers qui seraient des ressortissants des îles sœurs. Il y a plus dix ans maintenant, qu'une cinquième île a été identifiée. Elle est principalement située dans l'hexagone, s'est invitée dans les discutions et surtout loin de l'archipel. Pourtant c'est bien elle qui alimente et nourrit tous ceux qui sont sur le territoire national, à elle seule elle comptabilise plus de 300 000 ressortissants comoriens et dont une majorité figure sur les listes électorales de la République Française. 

Quarante ans d'indépendance mais surtout quarante ans d'incertitude pour la partie souveraine sans aucune réelle politique stable de développement ou de rapprochement avec Mayotte. Avec le temps un pont certain se construit entre Mayotte et cette cinquième île mais certainement pas avec les trois autres îles des Comores. Quelle choix de politique de rapprochement est définie par nos autorités ou quelle ligne de dialogue est établie entre gouvernants des îles d'un même archipel ? 

De fait lorsque, mêmes les rencontres sportives deviennent problématiques, chacune des îles campent sur ses positions propres or si la politique n'a pas su apporter de réponse , toutes les autres disciplines le peuvent, tant le rapprochement social que culturel et même cultuel peuvent nous renforcer, pour mieux nous défendre de tout ce qui nous menace. Nos divisions internes sont nos propres ennemis et nous rendent toujours plus vulnérables.
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L'eldorado maoré, surtout l'éclairage perçu depuis Anjouan permet tous les rêves inaccessibles et renforcés avec une démographie galopante sur un territoire devenu exsangue sans aucune autre perspective d'avenir. A Mayotte aussi, les bénéficiaires du RMI sont nombreux et chacun sait que la misère n'a jamais été fédératrice. Les morts en mer se dénombrent, toujours déplorables et les risques sont toujours plus grandes face aux murs érigés entre un même peuple. Le problème foncier récent posé à Mayotte avec ses conséquences du refoulement des ressortissants comoriens devrait plus nous interpeller sur les moyens et les conditions du vivre ensemble. Moroni connait déjà une autre forme d'occupation des terres mais là aussi c'est un autre problème né de la rareté d'une chose tant convoitée par un nombre toujours plus grand. A Mayotte la loi française s'applique et ses conséquences aussi et les maorés eux mêmes commencent seulement à s'en apercevoir.

Aucune politique sociale ni économique dans la perspective d'intégrer les composantes d'un même peuple, qui se dénigrent le plus souvent n'est mise en œuvre, et rien ne sera possible sans l'effort d'un dialogue fécond et respectueux de la volonté des uns et des autres. 
Anjouan a joué après Moheli sa carte du séparatisme ou du rattachement, plus de vingt ans après que Mayotte ait choisi son rattachement à la France. 

Aucune île n'a le monopole du rationalisme ou du nationalisme, 
Toutefois, le droit des peuples doit être ici aussi respecté. 
Le vivre ensemble ne doit pas être seulement un mariage de circonstance ou de raison, la séduction doit avoir sa place, le respect des uns et des autres mais surtout l'acceptation de l'autre même dans sa différence, pour l'unicité, l'intérêt général et la grandeur du peuple.

La question de Mayotte n'a jamais cessé de faire couler de l'encre et les enchères continuent pour tous ceux qui prétendent à une reconnaissance pour une cocarde, la décoration tricolore ou la manipulation des défendeurs impuissants et invétérés de "Mayotte masiwa mane". Pour rappel, aucun différend ne s'est réellement résolu devant les instances internationales seulement par la volonté de la société civile. 
Cette question ne doit être présentée que devant les instances habilitées et uniquement avec nos partenaires traditionnels mais jamais vulgarisée au risque de perdre toute sa rationalité.

La Communauté internationale a établi des organes de règlement des conflits et chargés à une époque de la décolonisation des territoires encore occupés. 

Au regard de la question de Mayotte, des Etats frères comme le Maroc, Senegal, le Gabon mais aussi la Tanzanie et l'Algérie avaient alors constitué un Comité ad hoc pour sa résolution. Qu'en est il ? 
Plusieurs nations sont aujourd'hui encore confrontées au phénomène de division nationale. Des mouvements indépendantistes sont encore latents quand d'autres sont sous occupation et les îles du Sud Ouest de l'Ocean Indien ne sont pas exemptes et tous comptent sur des résolutions notamment de l'ONU et aucunement sur une organisation sous régionale et encore moins sur la Commission de l'Ocean Indien.

En nous référant à la genèse de la COI, tout en gardant présent dans nos esprits que l'adhésion de la France au nom de l'île de La Reunion était soutenue et présentée par les Comores, nous pourrions comprendre que si cette organisation fait tant parler d'elle aujourd'hui et sur la présence ou la participation de l'île soeur de Mayotte, elle n'est pas pour autant habilitée à nous apporter une quelconque réponse. 

Le réalisme est souvent l'opposé de l'idéalisme. 
On ne peut demander à des Etats non militarisés d'apporter un soutien militaire dans un conflit interne où les belligérances sont encore à définir. Les va-t-en guerre sont là aussi et parfois répondant seulement à la sollicitation d'autre puissance que personne ne veut nommer mais ce n'est certainement pas pour une quelconque solidarité.
La résolution d'un différend quelqu'il soit doit d'abord permettre l'organisation d'un dialogue entre les principaux concernés autour d'une même table. La France a aussi sa part de responsabilité d'autant que la loi française est celle qui s'applique dans la quatrième comme dans "la cinquième île "des Comores.
La France est ce partenaire incontournable, présent économiquement mais aussi pour la sécurité de la sous région. Nos proches voisins, jusqu'à nos frères arabes le savent, l'Afrique le sait et les Comores ne doit pas l'ignorer.

La politique de l'autruche n'a jamais fait avancer quiconque.

La décision de la création d'un comité de Hauts Conseils Paritaire était appréciable mais son manque fondamental de hauteur a été plus que décevant. Nul ne doit s'aventurer être ce qu'il n'est pas en mesure d'être quand les conséquences collatérales sont portées et payées par le peuple.
Si lors des dernières élections, la grande muette était la question de Mayotte, tous les candidats sans exception ont reconnu la faillite du système en vigueur et notamment économiquement et tous ont évoqué le besoin de sa refonte.

La carte économique des Comores devient dès lors, celle qui apportera certainement une partie des réponses à la question qui nous préoccupe. Les appartenances multiples des Comores sont autant des atouts pour son intégration que sa participation sera effectif dans les grands enjeux économiques bien plus puissants et mieux structurés du continent et notamment ceux de la Ligue des Etats Arabes. 
L'expérience et le savoir faire de nos voisins immédiats sont appréciables et seront profitables pour renforcer les capacités des Comores afin qu'il puisse aussi jouer pleinement sa partition dans la politique sociale et économique de la sous région. 

La misère ne peut être généreuse et pourtant c'est bien elle que nos dirigeants nous ont légué en partage et les ressentiments des uns ne sont que la réaction primaire et parfois primitive de celui qui possède peu et qui craint d'en devoir partager avec le voisin, à l'inverse de la prospérité qui bien au contraire favorise la convivialité et le partage.

Les Comores n'est pourtant pas un pays pauvre, sa terre volcanique est riche et le Canal du Mozambique encore plus pourvu, mais la mauvaise gouvernance et les aventures de ses gouvernants n'ont pas amélioré la condition de vie du citoyen.

Les problèmes d'énergie et l'obscurité dans laquelle est plongé le pays n'attirera jamais celui qui jouit de l'éclairage permanent, et les conséquences collatérales sont connues. L'essor économique des Comores tant attendu se traduira certainement par le rapprochement naturel entre les îles d'autant que notre diversité culturelle et géographique sont autant d'atouts pour le développement d'un tourisme intégré et durable sans parler de la main d'œuvre nécessaire à cet exploitation. Le développement agricole ne doit pas être un vain mot, il a la vocation à nourrir l'archipel et au delà . La stabilité politique est une autre exigence et non des moindres , elle conditionne tout développement économique. Les investisseurs potentiels doivent être confiants et rassurés de ne rencontrer que des institutions qui les protègent et dans un esprit d'équité. 

Les échanges commerciaux ont leurs exigences, plus la zone est importante et plus important sera son développement, c'est la loi du marché et du libre échange. C'est pour cela que Mayotte doit y participer, doit y contribuer par son acquis et de part son expérience dans le développement des Comores et travers elle c'est la France mais aussi l'UE qui doivent favoriser ce rapprochement pour des raisons sécuritaires mais aussi économiques. Cette assise ouvrira par l'appartenance des Comores à la zone économique de l'Ocean Indien mais aussi à celle du COMESA et du SADC, des possibilités stratégiques de développement dont les seuls bénéficiaires de ce rapprochement entre les îles ne sera d'abord que le comorien et ceci portera alors tous les signes d'une union réussie, d'un mariage d'amour où la raison aura tous les intérêts à vouloir demeurer solidaire. 

Ensemble et avec ses partenaires naturels et traditionnels, les Comores ne sera que gagnant. Les Comores doit désormais adopter les voies qui ont assuré les constructions réussies des autres Etats archipels.

Par Thoueybat S O-HILALI
Le 20/07/2016

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