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A l’est du Mozambique et au nord-ouest de Madagascar, se trouve un ensemble d’îles appelé les Comores − al-Qumur, en arabe. Comme hier les marins dans leurs récits merveilleux, les voyagistes racontent aujourd’hui que le nom originel de l’archipel est al-Qamar, et que Juzur al-Qamar désigne donc «les Îles de la Lune»…


Mais comme le soulignait déjà au XIIIe siècle le géographe kurde Abû al-Fidâ’ (1273-1331), cette lecture est fausse : le nom original est Qumr, et cette arabisation d’un toponyme africain a longtemps servi à désigner Madagascar et les îles du canal de Mozambique.

Un islam ancien

L’anecdote souligne du moins l’ancienneté de l’appartenance des Comores à l’Islam, − dont elles sont, aujourd’hui encore, la terre la plus australe.

Pointe extrême de l’Islam dans l’hémisphère sud, l’archipel est un État africain membre de la Ligue arabe, dont l’arabe est une des langues officielles, et dont la presque totalité des 800 000 habitants sont sunnites.

Car si l’histoire de l’islamisation du monde africain swahili est celle d’une périphérie intégrée, la chose est spécialement vraie des Comores.

Les liens commerciaux et culturels très forts qui unissent dès le Xe siècle l’Afrique orientale à la péninsule arabique et au Golfe persique font que les bouleversements politico-religieux que connaît le centre (le Hedjaz, l’Irak, la Syrie) ont des répercussions sur la périphérie.

Des marchands arabo-persans fuyant les persécutions

C’est ce que montre notamment les différentes étapes du lent processus d’islamisation de l’Afrique orientale, les îles Comores ne devenant totalement musulmanes qu’au XVIe siècle.

Avant le Xe siècle, il semble que les musulmans qui s’installent sur la côte africaine pour y commercer soient des musulmans schismatiques exilés, persécutés par le pouvoir central sunnite (califat omeyyade de Syrie puis califat abbasside d’Irak) ; il s’agirait plus précisément de kharidjites, comme les Ibadites d’Oman, et de chiites, comme les Zaydites du Yémen.

La plus ancienne mosquée découverte en Afrique de l’Est, la mosquée de Shanga dans l’archipel de Lamu au Kenya (VIIIe siècle) est une des premières édifiées par ces exilés qui, commerçant entre l’Afrique, l’Inde et la Chine, ont, les premiers, contribué à diffuser à travers l’islam, techniques et idées. Leur présence sera plus tardive aux Comores et à Madagascar (XIe-XIIe siècles).

Un islam chiite, élitaire et non prosélyte

Qu’il soit insulaire ou continental, l’islam austro-africain présente néanmoins les mêmes caractéristiques.

Tout d’abord, largement minoritaire, il est le fait des élites commerçantes : de Zanzibar à Madagascar, dans les comptoirs commerciaux qui s’égrène le long des côtes, l’islam fédère alors des groupes ethniques aux modes de vie et origines variés : Arabo-persans, Africains bantous et, dans une moindre mesure, Austronésiens. Ensuite, il est moins le fait du prosélytisme que de l’acculturation liée à l’accession à un statut social supérieur.

Enfin, il est essentiellement chiite, du fait de la présence prédominante des marins arabo-persans liés, pour la plupart, soit au royaume qarmate (chiites ismaéliens) qui contrôlaient la région du Bahreïn, soit au royaume bouyide (chiites duodécimains) de Shiraz.

Saladin et le triomphe de l’orthodoxie

Au XIIe siècle, l’islam gagne via l’archipel des Comores le nord-ouest de Madagascar. Il ne s’y maintiendra pas néanmoins, la grande île comptant aujourd’hui à peine plus de 1% de musulmans. Il n’en va pas de même des Comores toutes proches.

Au XIIe siècle, le géographe andalou al-Idrîsî note que «parmi les îles Javâga est l’île d’al-Anjûna [Anjouan]. La population de cette île, bien que mélangée, est actuellement principalement musulmane.»

A la même époque Saladin (Salâh ad-Dîn al-Ayyûbî) met fin au califat chiite des Fatimides, et restaure l’orthodoxie sunnite tant en Égypte qu’au Yémen. Cet événement se traduira un siècle plus tard par la disparition progressive des islams schismatiques en Afrique orientale.

Succédant aux ayyoubides au Yémen, et maîtresse du commerce avec le continent noir, la dynastie rassoulide contribue au XIIIe siècle à diffuser le sunnisme chaféite parmi les élites ; il gagnera progressivement les masses.

Dans le premier quart du XVIe siècle, l’amiral ottoman Piri Reis écrira : «Ils sont chaféites ; en eux, point d’hypocrisie».

SEYFEDDINE BEN MANSOUR
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