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A Mayotte, chaque jour ou presque charrie son lot de violences qui caractérisent le climat d’insécurité régnant sur l’ile. Le 16 juin passé vers cinq heures du matin des « coupeurs de route», ces petits groupes de jeunes armés qui érigent des barrages de fortunes sur les axes routiers et rackettent les automobilistes, bloquent plusieurs véhicules et incendiés quelques unes. Les usagers de la route se rendent à leur lieu de travail la peur au ventre de se faire assassiner. La délinquance et la criminalité prennent des proportions effarantes surtout quand de mauvaises drogues de synthèse la «chimique» font des ravages. 

Les gens sont dans un état d’exaspération totale et ont l’impression d’être des lapins pris au piège par un groupe de personnes qui sèment la terreur. La tension de ces dernières semaines n’a fait que croître malgré les renforts de police et de gendarmerie: 102 policiers et 42 gendarmes supplémentaires sont affectés sur l’ile. Cette peur sur les routes mahoraises est la conséquence de cette chasse aux comoriens de Mayotte. 
Le nouveau préfet de Mayotte sur une route de Mayotte
IL faut rappeler que Mayotte compte 40% d’étrangers sur une population de 212.000 habitants, en situation régulière ou non ce sont surtout les Comoriens des autres iles qui sont ciblés alors qu’il y a des malgaches ou des africains clandestins ou pas vivent tranquillement sans être discriminés ou chassés de chez eux de manière humiliante. Les enfants des parents comoriens qui sont nés à Mayotte, grandis et scolarisés sur l’ile se considèrent mahorais ou français par le droit du sol, les chasser manu militari de l’ile, sans conséquence est d’une stupide illusion . 

Avant l’arrivée du nouveau préfet, l’ Etat a reconduit à la frontière 18000 personnes en 2015, et le nouveau préfet a établi un bilan de l’intensification des reconduites à la frontière qui porte à 3706 le nombre total des comoriens des autres iles  en situation irrégulière expulsés du territoire depuis le 23 mai 2016 date de son entrée en fonction à Mayotte. C’est une politique du chiffre qui ressemble au travail de Danaiides. Les politicards mahorais de tout bord jubilent dans leur for intérieur qu’à la veille des prochaines échéances électorales de 2017, cette politique du tout sécuritaire aux allures du miroir aux alouettes leur permet de se faire élire sans encombre et va réduire à néant l’immigration clandestine . 

Nous pensons que ce problème du flux migratoire entre les îles de l’ archipel doit rentrer dans un cadre général d’analyse des migrations internationales dans un contexte mondialisé . et mérite des analyses croisées sans langue de bois. Tout d’ abord au regard du droit international public l’occupation de l’ile de Mayotte par la France est illégale et la France se permet de donner une leçon du droit international dernièrement à la Russie de ne pas respecter la souveraineté de l’ Ukraine alors qu’elle ne respecte celle des Comores; trouver une solution avec l’Union des Comores pour faciliter la libre circulation ferait des économies aux finances publiques de la France de financer depuis plusieurs années des reconduites aux frontières contre-productives d’où l’abolition du visa Balladur, avant cette visa la circulation des hommes et des biens se fait sans restriction; l’instauration du visa a conduit à une situation cauchemardesque, car malgré les reconduites à la frontière et les dispositifs de surveillance , le lagon de Mayotte est une des frontières les plus poreuses de France.

En effet, à La Réunion, à Paris ou à Marseille, Mahorais et les autres Comoriens sont amenés à cohabiter et sont rejetés dans la même altérité par la société française. Ils sont généralement touchés par les mêmes préjugés étant donnés qu’ils sont apparentés par la langue, le vêtement et la pratique religieuse. Ensuite la suppression du visa doit être couplée avec l’impossibilité de s’installer à Mayotte des comoriens des autres îles sans ressources, et sans un emploi déclaré sur l’ile, tout en régularisant le problème du foncier pour les mahorais qui ont des parcelles de terrain afin d’éviter les occupations illégales et qu’on ne peut pas construire un terrain sans autorisation communale ou départementale. 

Enfin l’Etat doit lutter contre les marchands de sommeil mahorais qui font louer les maisons aux clandestins et autorisent à l’amiable les constructions des bidonvilles. Appelée à devenir l’une des questions majeures du XXIe siècle, l’ouverture des frontières demeure pour certains une utopie, pour d’autres un objectif susceptible de mettre fin aux tragédies des milliers de clandestins qui meurent aux portes des frontières des pays riches (3400 morts en traversant la Méditerranée en 2014).

Mohamed IBRAHIM MIHIDJAY
Professeur certifié d'histoire-géo à Mayotte
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