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Quelque 17.500 personnes ont été placées en centre de rétention à Mayotte en 2015, dont 4.378 mineurs, ont annoncé mardi la Cimade et Solidarité Mayotte, deux associations travaillant sur l’accès aux droits des migrants, lors d’une conférence de presse.

Elles ont dénoncé à cette occasion les écarts qui subsistent entre le 101e département et le reste du territoire national, particulièrement sur la question des mineurs, puisque sur la même période, sur 27.947 placements en centre de rétention administratif en France, seulement 105 étaient des mineurs, selon le rapport annuel sur les centres et locaux de rétention administrative de la Cimade.

Sur les cinq dernières années, « 30 fois plus d’enfants ont été enfermés (à Mayotte) que dans tous les départements français » avec 21.436 placements à Mayotte contre 732 en métropole.

Des mineurs qui sont ensuite expulsés du territoire en étant « rattachés arbitrairement à des adultes », a expliqué Yohan Delhomme de la Cimade. Une situation « illégale » aussi dénoncée par Solidarité Mayotte qui coordonne l’accès aux droits au nouveau centre de rétention administrative inauguré en septembre 2015.

En effet, par une ordonnance du Conseil d’Etat actée en janvier 2015, de nouvelles mesures encadrant la situation des mineurs étrangers existent. La Préfecture de Mayotte se doit « d’assurer l’identité du mineur et de la personne qui y est rattachée, de vérifier l’exactitude de leur filiation et de garantir les conditions de leur prise en charge sur le lieu de destination ».

Mais les recours de contestation auprès de la préfecture ou du tribunal administratif restent difficiles à constituer car « seules 9 % des personnes placées en rétention ont fait l’objet d’entretiens depuis novembre » alors que « 40 à 50 personnes » sont présentées au centre de rétention chaque jour, selon Solidarité Mayotte.

En cause : des délais d’éloignement « extrêmement courts » - la durée moyenne de rétention au centre étant de « moins de 24 heures » à Mayotte contre « 3 jours en France ».

Pour améliorer les conditions d’accès aux droits en rétention, les deux associations comptent sur l’entrée en vigueur au 1er novembre de la réduction du temps de saisine du juge des libertés et de la détention, passant de 5 jours à 48 heures.

Dans ce contexte, « un étranger ne pourra être éloigné tant que le juge n’aura pas statué ». Néanmoins, « nous ne sommes pas à l’abri qu’une dérogation soit mise en place à Mayotte », a prévenu Solidarité Mayotte. Avec paris-normandie.fr
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