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© www.habarizacomores.com (Habari Za Comores)-
Votre nomination à la tête du secteur de l’éducation nationale est une aubaine je soulève un certain nombre d’interrogations afin de contribuer et voir notre école sortir du gouffre dans lequel est progressivement plongée.

Parmi ces questions:
- Comment « créer » une école comorienne qui s’inscrit dans les valeurs universelles de l’UNESCO et soit protégée des turbulences politiciennes et des idéologies rétrogrades ? 
- Quand allons-nous cesser de prendre l’enfant comme une page blanche sur laquelle on peut tout graver? 
- Quand allons-nous libérer les initiatives et redonner de la confiance aux enseignants et aux cadres des établissements scolaires?

Le dirigisme, l’autoritarisme, la bureaucratie…ont relégués: l’élève , l’enseignant et l’institution qu’est l’école comme des maillons secondaires, seul compte l’application aveugle des circulaires du ministère dont certaines pour ne pas dire la majorité sont loin des réalités du terrain et des besoins de nos élèves.
Le nouveau ministre de l’éducation, Monsieur Abdou Mhoumadi, ©Nakidine

Notre système éducatif étouffe: l’élève, l’enseignant et l’école n’ont aucune autonomie. Aucune initiative n’est laissée aux responsables locaux qui attendent les directives d’en haut et qu’ils appliquent à la lettre, sans tenir compte des spécificités et réalités de leurs établissements. L’élève est une boite d’enregistrement, l’enseignant est un Foundi qui récite un « programme », le directeur un adjudant et l’école n’est plus un lieu de savoir et d’épanouissement de l’enfant mais une caserne, une prison d’où on veut vite s‘échapper. 

UNE CLASSIFICATION AU BÉNÉFICE DES PLUS FORTS ET NON A CELUI DU SYSTÈME ÉDUCATIF

Le syndicat revendicatif qui se dit autonome dans le principal souci est d’améliorer leur statut social, ce qui est légitime et mobilisateur. L’état dans sa politique démagogique et du maintient de la paix sociale va se plier aux revendications de cette corporation et oublier l’intérêt de l’élève et commettre des injustices récurrentes qui vont déstructurer et dénaturer le peu de crédibilité dont jouissait encore notre système éducatif. 

Je note en particuliers:
- L’octroi de titres, « professeur formateur », « professeur principal » avec promotions sur la base de la simple ancienneté, on confond ancienneté et expérience, l’ancienneté passive étant la mère de la routine, maladie chronique qui guette chaque enseignant. 
- Des promotions après un simulacre de cycle de formation 
- La gestion pédagogique, financière, mobilière et immobilière des établissements devient chaque année plus problématique. 
On assiste à chaque rentrée scolaire à plusieurs écoles, dans les trois niveaux (primaire, collège et lycée), à des postes qui restent vacants durant plusieurs mois, cela est valable aussi bien pour le directeur et l’inspecteur pédagogique. Ces postes essentiels au bon fonctionnement d’une ECOLE ne sont plus attractifs. Mais, il semble que de nos jour qu’on s’est installé dans une sorte de léthargie générale : « nul n’est indispensable » nos établissements « fonctionnent » dans une sorte de ronronnement et le miracle se produit nos élèves réussissent à leurs examens malgré tout, à la satisfaction générale! Qu’elle est la place d’une école en tant que première entité du système éducatif ? Un directeur est-il une simple corroie de transmission des ordres qui émanent de la tutelle ? La réhabilitation de notre système éducatif passe nécessairement par la nécessité de redonner « la confiance » à chacun dans ses prérogatives et de faire qu’un établissement scolaire soit respecté dans son environnement et cela passent par la stabilisation et la qualité de son personnel d’encadrement et la libération des initiatives.

LA FORMATION

- La formation est la pièce maîtresse qui revient dans chaque discours, dans chaque projet de réforme, dans chaque introduction de nouvelles méthodes d’enseignement, mais quelle crédibilité ont « ces formations » quand on sait que l’apprenant est assuré d’avoir son attestation ou diplôme et que le « formateur » manque souvent: de qualification, de conviction et payé au tarif dérisoire.

On a vu ces « doctes » qui après un séjour à l’étranger nous haranguer sur « l’approche par compétence » et des projets de tout genre, pour eux qui ce sont les solutions miracles pour la pédagogie de l’enseignant avec ses élèves et pour la gestion efficace et dynamique des établissements pour les directeurs. Les débats, l’échange, les moyens du terrain …ne sont pas pris en compte, seules les directives d’en haut sont à considérer et à mettre en « application » le plus souvent formellement.

L’organisation de d’opération tapageuses de formations, pour justifiez des promotions. On a assisté à des enseignants qui fraudent avec la bénédiction de l’administration durant des concours formels sur dossiers. Comment accepter que des enseignants fraudent aux concours et se plaindre après que nos élèves font de la fraude un acte banal durant leurs compositions et même au baccalauréat? La formation continuée doit être instituée mais elle engage d’abord l’apprenant qui veut et cherche à améliorer sa situation « intellectuelle » d’abord et « matérielle » par voie de conséquence. 

Notre école souffre de l’indigence et même de l’absence d’un climat, d’une atmosphère où des enseignants débattent sur la pédagogie, l’élève, l’école , nos enseignants ( heureusement pas tous) sortent de leurs classes et de leurs écoles avant leurs élèves. Nos écoles sont désertées, elles ne sont pas attractives ni rayonnantes. Pourtant plus que jamais les parents ont un désir ardent d’offrir à leurs enfants une instruction solide qui leurs permettra de faire face à un monde moderne de plus en plus exigent dans les domaines des compétences scientifiques et technologiques. L’école comorienne a tourné le dos à cette orientation universelle pour s’engouffrer dans d’autres considérations. 

Par où commencer pour réhabiliter notre école ? Le mal est profond, complexe et le milieu social est complaisant chaque comorien veut une école selon sa conception de la vie. Pourtant on n’arrête pas d’accuser l’école d’être la cause de tout les maux de notre société. La société est le produit de son école, mais l’école est aussi le produit de la société. Ce problème de l’œuf est de la poule restera toujours d’actualité mais il faut sortir de cet engrenage, si on veut protéger l’école et la mettre sur des rails du progrès et de l’universalité. 

LA REFONDATION DES PROGRAMMES

L’école est d’abord les programmes qu’elle véhicule, le niveau et l’état d’esprit de ses enseignants, puis viennent les moyens matériels et financiers mis à sa disposition.

Un programme a un contenu, une durée définie pour son application, une méthode pour son enseignement. L’adhésion de l’élève est une nécessité, la relation élève-enseignant doit être harmonieuse, la participation de l’élève est essentielle dans un cours, mais l’école doit rester le lieu de compétition permanente pour le savoir.

On écrit trop dans nos classes, c’est la solution qui permet d‘écouler la séance sans «encombres, entre le temps du « remplissage » du tableau par l’enseignant et celui de son transfert sur les cahiers par les élèves, sans compter les temps « gaspillés » par la nonchalance de chacun au début et fin de séance. Je suis peut être un peu dur, mais la réalité du terrain est celle-ci, malgré que certains enseignants ne méritent pas ce constat amère. L’effort et le travail personnel de l’enfant est pratiquement nul, d’abord les emplois du temps sont surchargés mais surtout, le temps consacré au début de chaque nouveau cours pour vérifier les acquis et assimilations de l’ancien cours est souvent occulté. 

C’est une perte de temps, les élèves n’apprennent pas de toute façon, pour certains enseignants, les programmes sont longs, on ne terminera jamais le programme si on doit avancer graduellement en fonction de l’assimilation par les élèves pour d’autres. Comment s’étonner alors que les élèves vont rester à la veille des devoirs et compositions pour ouvrir leurs cahiers et apprendre par cœur des chapitres, et pour beaucoup d’entre eux s’ingénier pour trouver un moyen pour frauder.

La nature des épreuves est restée classique, beaucoup d’enseignants ne cherchent pas à évaluer l’élève en lui proposant une gamme de questions à difficultés croissantes, on est tenté de croire que pour certains enseignants il s’agit de tendre des pièges aux élèves, on veut plutôt le « sanctionner » que l’encourager …

Au niveau de l’enseignement secondaire, le rapport entre le temps attribué aux matières dites « scientifiques » et celles dites « littéraires » n’est pas tranchant, nos filières scientifiques sont devenues indigentes en sciences, les niveaux et les performances de nos élèves mathématique notamment ne cessent de baisser cela est une tendance générale. De nombreux bacheliers dans les filières: mathématiques, sciences expérimentales obtiennent le diplôme grâce aux matières dites secondaires et parfois avec une note dérisoire dans cette discipline fondamentale.

La réforme des programmes passe nécessairement par l’abondant de la vision de remplissage: « Une tête bien faite, plutôt qu’une tête bien pleine » et la possibilité de l’élève ( ou des parents) de choisir ou pas certaines matières qui deviendront optionnelles. 

CONCLUSION

L’éducation nationale dans son ensemble (primaire, secondaire, technique-professionnelle et universitaire) s’enlise chaque année davantage dans des considérations: idéologiques, sociales organisationnelles et financières, nous allons dans une impasse si une refonte globale, profonde et courageuse n’est pas engagée dans les meilleurs délais. Les lignes directrices de cette « refonte » peuvent être en mon humble avis:
- Un grand ministère qui regroupe les différents paliers (enseignement primaire, secondaire, technique, professionnel et supérieur). 
- Une véritable décentralisation non des problèmes mais des pouvoirs avec la création d’organismes régionaux directement lié au ministère central. 
- L’abondant du populisme et du saupoudrage ce que l’on qualifie de « démocratisation », au profit de la qualité et de l’efficacité. 
- Le renversement de la hiérarchisation des valeurs en plaçant : l’enfant, l’enseignant, l’école …puis les tutelles après. Ce qui l’inverse aujourd’hui.
Sans aucune prétention, mais quand on est resté plus de vingt années aux services de l’éducation on ne peut rester impassible devant le spectacle qu’offre l’école et son agonie programmée par des forces rétrogrades. 

En espérant que mes suggestions retiendront votre attention, je vous prie, Monsieur le Ministre, de recevoir mes respectueuses salutations.

CHAOU Medjbar
Enseignant
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