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De France, les images des manifestations contre la loi El Khomri donnent une large place aux affrontements entre des casseurs et des policiers. Les scènes sont très violentes. Mercredi, pendant que des policiers défilaient pour dénoncer la haine dont ils se sentent victimes, deux d'entre eux ont failli être tués lors de l'incendie volontaire de leur véhicule. Les vidéos d'interpellation musclées fleurissent sur Internet. Ces images font passer au second plan les revendications légitimes du mouvement social, ce qui peut le discréditer aux yeux de certains. Les auteurs des faits de violence seront implacablement poursuivis et châtiés, a ainsi annoncé le Premier ministre.
Des gendarmes envoyés place de la République
pour des contrôles d'identité ©KTV

Tout près de nous à Mayotte, des scènes aussi violentes ont lieu. Des casseurs mettent des familles hors de chez elles et incendient leur maison. Les gendarmes assistent à la scène mais contrairement à ce qui se passe en France, ils ne chargent pas les incendiaires. Les auteurs de ces actes ne sont pas interpellés et encore moins condamnés à de la prison ferme. Le travail des forces de police se limite à évacuer les victimes des violences vers la place de la République de Mamoudzou où elles sont parquées dans l'attente d'une solution.

Les incendies de Mayotte sont pourtant des actes prémédités. Cela fait déjà deux semaines que le tract annonçant une chasse raciste à Bouéni a été publié dans la presse mahoraise. Le gouvernement était donc prévenu. Il aurait pu agir pour empêcher ce déchainement de violences. Rien n'a été fait, et le jour annoncé, les incendiaires sont passés à l'action sans avoir à trouver en face d'eux des cordons de CRS pour protéger les victimes désignées des exactions.

Ce traitement à deux vitesses interroge. Comment en France le gouvernement peut-il réprimer fermement des actes de violence tout en laissant impuni des actes de même nature à Mayotte, un territoire qui fait partie de la République et qui est même devenu un département français depuis 5 ans. Manifestement, le gouvernement refuse d'y appliquer les lois de la République. Les auteurs de ces actes seront-ils poursuivis avec la même rigueur que les casseurs en France ? Le gouvernement emploiera-t-il le même langage à leur égard ? Manifestement ce n'est pas le cas, c'est à se demander à quel jeu dangereux joue la France à Mayotte.

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