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C’est fini, ces interminables élections à rallonge c’est fini. Malgré des risques sérieux le pays n’est pas tombé dans le gouffre des affrontements électoraux. Grand soulagement. Il est temps de passer à autre chose, aux grands défis que le pays doit relever. 

Félicitations aux nouveaux élus. Les exécutifs nationaux et des îles seront en place dans quelques jours. Puissent-ils s’unir, comprendre que l’on ne peut pas être à la fois au pouvoir et dans l’opposition. Eux sont au pouvoir, ils constituent l’exécutif national et ses démembrements. Ils sont comptables ensemble et individuellement de ce qui arrivera au pays. Qu’ils règlent à leur niveau leurs contradictions inévitables en mettant en avant les résultats que le pays attend. Puissent-ils unir la nation pour parachever l’indépendance nationale et progresser dans la lutte contre la pauvreté. Les élections c’est fini. Il convient de regarder vers l’avant. Il convient de taire les rancunes, de laisser les plaies se cicatriser. Le Président doit unir le plus grand nombre possible autour de grands desseins clairs et acceptés par le pays.

Bien évidemment nombre d’enseignements doivent être tirés. Un large débat national s’impose à cet égard. Alwatwan du jour (16/05/2015) par la plume de son brillant Directeur Général a ouvert le bal public. Je retiens sa critique ferme et sans complaisance de l’intelligentsia comorien embourbé dans un opportunisme sans foi ni loi. Comment certains intellectuels qui commençaient à gagner en notoriété ont-ils pu tomber si bas ? Je souligne son indignation face « à l’ingérence grossière de certaines représentations diplomatiques qui ne cachaient pas leurs intentions de détourner les voix des urnes » (voir son éditorial du jour). Il faudra y revenir car la question des relations entre notre pays et la France est cardinale. Certains Comoriens par naïveté ou mus par des intentions inavoués cherchent à minimiser les ingérences de la France dans les affaires intérieures du pays alors qu’il s’agit d’un facteur essentiel qui conditionne le devenir du pays.

Maore a été absent du débat électoral. Son tour lui fut dénié comme si cela allait de soi. Elle a voulu que l’on parle d’elle à travers les violences qui l’ont marqué les dernières semaines. Elle nous a interpellés via les violences inacceptables que subissent les Comoriens dans leur île, les violences ces derniers jours qui rappellent à moindre échelle, les pogroms des vichystes contre les juifs. Durant la campagne Azali a repris, lors d’une intervention à Baraka FM, l’idée d’assises nationales sur la question de l’île comorienne de Mayotte pour définir une orientation nationale cohérente et durable. C’est une nécessité mais comment se fait-il qu’aucune voix officielle ne se soit élevée pour condamner ces mauvais traitements et mettre la France devant ses responsabilités. 

La révolution comorienne a été absente. Ce qui traduit son inexistence. Au début des années 1960, le MOLINACO puis le PASOCO portèrent le flambeau du combat pour l’indépendance nationale. Elle fut conquise en 1975 quoique partiellement. Le PASOCO se révéla incapable de relever les défis de l’époque et sombra. A partir de septembre 1975, Ali Soilihi s’engagea dans la lutte pour l’intégrité territoriale et engagea un combat contre la France. Il fut assassiné par Bob Denard et ses sbires. 1982, à l’occasion de législatives, le pays vit surgir une nouvelle force, le FD dont l’orientation fondamentale était l’achèvement de l’indépendance et l’instauration de la démocratie dans le pays. La lutte contre la dictature d’Ahmed Abdallah soutenu par des mercenaires fut âpre et la répression fut dure. A l’occasion de ces présidentielles, le FD ne s’est pas exprimé, ses dirigeants ou ce qu’ils en restent, se sont éparpillés. Son principal dirigeant soutenant même le favori de la France. On ne peut que conclure à sa disparition. 

La nouvelle génération a donc un défi à relever pour peser sur le devenir du pays. Créer l’organisation qui prendra le relais du FD avec pour principal objectif l’achèvement de l’indépendance, la consolidation de la démocratie et la lutte contre la pauvreté. Les rescapés du MOLINACO-PASOCO, des partisans d’Ali Soilihi et du FD pourront et devront apporter leur contribution. Car c’est aux jeunes de prendre les devants pour assurer l’avenir.

Idriss (16/05/2016)
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