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Il y a 48 heures, nous avons, comme chaque année, regretté l’assassinat du président Ali Soilihi Mtsachiwa qui reste bien populaire auprès de la jeunesse comorienne. Et ce fut l’occasion pour moi de m’interroger sur la doctrine politique de l’ancien et actuel président Azali Assoumani.

Un constat élémentaire : la société comorienne est conservatrice. Et pourtant on a vu dans l’histoire politique comorienne certains partis politiques se réclamer de la gauche : le Parti Socialiste Comorien (PASOCO) ou le Front Démocratique (FD) par exemple. Mais aucun de ces partis n’a pu accéder au pouvoir depuis l’indépendance.

Trois présidents comoriens ont pourtant bien voulu rompre avec le conservatisme de cette société mais l’ont payé très cher : Said Ibrahim, Ali Soilihi et Azali Assoumani. Le premier n’a pas résisté longtemps à la puissance du conservatisme, le deuxième est resté très impopulaire jusqu’à sa mort et le troisième a dû connaître une fin de mandat très difficile en terme de popularité.
Azali le jour de son investiture - 26 mai 2016
Et pourtant le désir de gauche est dominant dans l’élite politique comorienne : Idriss Mohamed Chanfi par exemple conclut souvent ses papiers par un appel au rassemblement des forces comoriennes de gauche pour redresser le pays. Mais de quelle gauche en fait ? La gauche autoritaire ? Ou la gauche démocratique ?

Tentons de trouver la réponse à cette question dans les romans de Mohamed Toihiri, un intellectuel de gauche justement : La République des Imberbes (1985) et Le Kafir du Karthala (1992).

Guigoz (héros du premier) et Idi Wa Mazamba (héros du deuxième) sont deux hommes de gauche. Le premier, fougueux, populiste, plus théorique que pragmatique (il pensait sérieusement imposer sa vision du monde à tout un pays sans que personne ne réagisse !), président de la République, s’en prend en permanence à l’impérialisme, à la bourgeoisie et aux intellectuels incarnés par les fonctionnaires et considère la violence et la division comme deux outils efficaces de gouvernement, ce qui l’a conduit à réduire l’Etat à sa dimension répressive.

Le deuxième, un médecin, travaillant pour l’hôpital public (attaché au service public, foi en l’Etat) et pour son cabinet privé (croit à la responsabilité individuelle et à l’initiative privée), homme ouvert au monde (se sépare d’une Comorienne pour vivre avec une Française), tolérant (soigne et soutient un jeune séropositif comorien), généreux (soutient les exclus en Afrique du Sud ségrégationniste sans être Sud-Africain) et croit à l’épanouissement individuel sans pour autant être un individualiste aveugle.

Guigoz a perdu le pouvoir comme il l’a pris : il a été destitué par un putsch et mort assassiné par un mercenaire en essayant de fuir la mort programmée par ses adversaires politiques. Mazamba, tout juste nommé ministre, a organisé sa propre mort qui devait servir à tuer les mercenaires étrangers qui terrorisaient, jours et nuits, les Comoriens.

Conclusion impitoyable : mort lâche pour Guigoz et héroïque pour Mazamba. N’est-ce pas une condamnation du communisme au profit de la social-démocratie.

Pour dire les choses autrement, le roman toihirien semble promouvoir non la gauche autoritaire mais démocratique : garante des libertés publiques et respectueuse de l’individu.

Faut-il en conclure que c’est ce qui ce qui a conduit Azali à se défaire des habits du révolutionnaire (prise du pouvoir par la force, rhétorique fougueuse, plusieurs décisions brutales, de 1999 à 2002) pour endosser ceux du social-démocrate (acceptation de la compétition électorale, croyance en l’Etat providentiel et à l’économie de marché) ? L’homme étant pragmatique, il y a fort à parier qu’il soit un révolutionnaire dans l’âme mais un réformiste par nécessité. Car l’Histoire politique mondiale nous apprend tous les jours que la révolution comme mode de gouvernance est une idée séduisante mais une vulgaire impasse.

Nassurdine Ali Mhoumadi, docteur ès Lettres
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