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Depuis quelques semaines circulait dans le Nord de Mayotte une blague sur les habitants du Sud : « A quoi reconnaît-un un habitant du Sud ? A son odeur », allusion ironique aux restrictions d’eau qui sévissent autour de Chirongui et Boueni depuis maintenant un mois.

Cette blague n’aura bientôt plus cours car le préfet vient de décréter, par arrêté ce vendredi, de rationner dorénavant l’eau sur toute l’île. Un ami péruvien s’étonnait il y a peu de ce rationnement et de ce manque d’eau sur l’île aux parfums. Il suffit en effet de jeter un coup d’œil sur quelques photos de Mayotte pour constater de visu qu’il s’agit d’une île verdoyante et qui donc ne peut logiquement manquer d’eau. Les bureaucrates français nous inventent donc aujourd’hui une sécheresse exceptionnelle pour justifier la crise de l’eau présente. Alors ?

Certes la pénurie d’eau actuelle est sans doute aggravée par le phénomène de la Nina qui touche l’Océan Indien et a retardé l’arrivée de la mousson alors que récemment des pluies diluviennes ont frappé par exemple la côte désertique du Pérou mais elle a aussi d’autres causes dont l’augmentation notable de la consommation d’eau pour des raisons de croissance démographique incontrôlée, l’inactivité de la SMAE (l’exploitant de l’eau à Mayotte) dont le budget dépasse pourtant celui du Conseil Général mais qui n’a pas su anticiper, prévoir et forer à tant, l’argent nourrissant sans doute d’autres mains malhonnêtes. Comme pour le scandale de la fermeture des écoles primaires depuis le début de l’année scolaire pour grève irresponsable, on osera demander mais de qui se moque-t-on enfin ?

On sait bien à la préfecture depuis des années qu’il fallait construire une nouvelle retenue collinaire (celle de Combani pour le Sud étant insuffisante) or on n’a même pas été capable de remplir les dossiers d’aide européens pour le faire. La semaine prochaine cette retenue sera lancée mais bien sûr avec les fonds européens. On prépare donc les dossiers et donc forcément cela va durer.

« Anne ma sœur ne vois-tu rien venir ? » Et la sœur Anne répondait : « Je ne vois rien que le soleil qui poudroie ». Cet extrait célèbre du conte Barbe bleue de Charles Perrault illustre à lui tout seul l’activité préfectorale et celle des élus. Ainsi les deux retenues de Dzoumogné et de Combani sont en dessous de la moitié de leur capacité de stockage. Il faut donc consulter peut-être d’autres chiffres. Par exemple, en une seule année, en 2016 la consommation d’eau sur l’île a augmenté de 9,7 % par rapport à 2015 (ce qui correspond à 30 000 à 35 000 m3 d’eau supplémentaire par jour). La faute c’est bien sûr une croissance démographique liée à l’immigration clandestine mais aussi à la hausse du nombre d’habitations de mieux en mieux équipées (cuisines, salles de bains, machines à laver) puisque Mayotte s’enrichit forcément avec un taux de croissance à quasi 7 %, championne en cela de la double économie et des doubles comptabilités.

Par de mauvaises habitudes (le lavage des voitures, le changement régulier de l’eau des piscines, les fuites d’eau, les robinets qu’on laisse ouverts), il y a aussi à Mayotte une surconsommation d’eau potable par rapport à l’hexagone (210 m3 par an par contrat pour 120 m3 en métropole). Il faut donc forer et au plus vite. Or aujourd’hui, le forage des nappes phréatiques ne représente que 18 % de l’accès à l’eau mahoraise. Il faut aussi rouvrir les puits présents dans les villages et les rendre potables car ils ont souvent été fermés et leur accès interdit. Quant à l’usine de dessalement de Petite Terre, on nous murmure qu’elle ne fonctionne même pas parce qu’elle coûterait trop chère ! Ce qui est sûrement vrai car le dessalement par osmose inverse n’est en réalité pas du tout rentable .

Actuellement, les « tours d’eau » ont été renforcés avec deux jours de coupure sur 3 et généralisés sur toute l’île. Le ton des communiqués préfectoraux se fait aussi plus dur et plus pessimiste mais sans aucun programme de sensibilisation d’envergure déployé réellement sur l’île. « Quand il n’y aura plus d’eau, il n’y aura plus d’eau ! » assène le préfet irrité par les mauvaises habitudes alors que les marchands de citernes se frottent les mains. Combani ne serait plus qu’à 15 % de sa capacité.

Déjà la rentrée scolaire d’hiver a dû être retardée de trois jours et hôteliers et restaurateurs sont en colère face à ce qui s’apparente bien à de l’improvisation généralisée et au refus de déblocage de fonds exceptionnels pour lancer les grands travaux de forage et la retenue. La défaillance politique de la préfecture comme des élus est manifeste. Personne n’a anticipé, n’a voulu anticipé.
Le préfet ne jure que par l’Europe. Pourquoi ne pas demander des subventions au Ministère de l’Ecologie si riche des aides aux énergies renouvelables, comme le réclame à bon escient Thierry Galarme, le président du Medef local ? 
Par Michel Lhomme, philosophe, politologue - metamag.fr
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