Ma_mweLa société nationale d’eau et d’électricité, Ma-mwe, a fêté hier, dan s son siège de Volovolo, ses dix ans d’existence. Créée en 2002 pour remplacer la Comorienne de l’eau et de l’électricité (Cee) en faillite, la société publique, aujourd’hui dans une situation critique, a toujours eu du mal à satisfaire les besoins de sa clientèle. “Si la Ma-mwe n’était une société d’Etat, elle aurait déjà fermé ses portes“, devait, à ce propos, reconnaitre son directeur général, Saïd Ahmed Cheick Salah-Eddine.

Vieux moteurs, maigre recouvrement, fraude, le refrain est le même et les solutions proposées, souvent pour répondre à des urgences, ont été éphémères. Les délestages électriques sont permanents. Revenant sur les multiples problèmes qui touchent la Ma-mwe, le vice-président chargé de l’Energie, Fouad Mohadji, a cru bon de faire quelques précisions. “La dette de la Mamwe envers les hydrocarbures s’élève aujourd’hui à 14 milliards de francs comoriens (Fc) ; chaque mois le vice-président chargé des Finances octroie 186 millions de Fc pour l’achat du gasoil et la Ma-mwe n’a jamais pu s’acheter un seul moteur“, a-t-il dit, allusion à ceux qui accusent l’Etat de ne pas régler ses factures envers la société nationale.

Ce fut surtout l’occasion pour Fouad Mohadji d’annoncer ses propositions. “Nous avons signé un accord, il y a quelques jours, avec le groupe saoudien Al-Charif, pour des investissements à hauteur de 75 milliards de francs“, a-t-il déclaré. Parlant de “nouvelle philosophie“, il a cité quelques actions qui vont être entreprises avec ces nouveaux partenaires, dont le changement de l’ensemble du réseau (qui fait perdre 40% de la production), l’achat de nouveaux moteurs et la sécurisation de l’électricité en installant des compteurs “intelligents“ pour lutter contre les fraudes.

Il compte également mettre en place des compteurs totaliseurs pour chaque mairie afin que celle-ci puisse en assurer le recouvrement. Pour le directeur général de la Ma-mwe, les difficultés actuelles sont le résultat d’une série d’erreurs et surtout de manque d’une politique énergétique. Même s’il prétend avoir mis un terme au pillage du gasoil orchestré par certains agents de la Mamwe, il parle toujours d’un “héritage difficile“ caractérisé par des groupes électrogènes “budgétivores qui exigent un travail de longue haleine“.

A cela s’ajoutent des factures impayées d’un montant de 8 milliards de Fc, dont la moitié (4 milliards) pour la seule ville de Moroni, la capitale. Alors qu’il avait annoncé à Al-Watwan un accord de principe du gouvernement pour la révision des moteurs, Saïd Ahmed Cheick Salah-Eddine fait savoir que les 350 millions destinés à la révision des groupes ne sont toujours pas encore débloqués. Mais, à l’en croire, des pays comme l’Arabie saoudite, le Soudan et les Emirats auraient manifesté leur intérêt à aider la Ma-mwe.

Par ailleurs, le groupe saoudien Al-Charif se serait proposé d’accompagner une délégation qatarie attendue à Moroni le 26 janvier dans le cadre du suivi des conclusions de la Conférence de Doha.

T.A: alwatwan
 
 
 
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